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Assurance habitation et dégât des eaux : comment se faire indemniser ?

Francois Hagege
Fondateur
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Dégât des eaux : quelles prises en charge par votre assurance ?

Un dégât des eaux peut engendrer des dommages considérables à un logement. Que vous soyez locataire ou propriétaire, il est essentiel de connaître les démarches à suivre pour être indemnisé par votre assurance habitation. La procédure d'indemnisation repose sur des règles précises du Code des assurances et varie en fonction des responsabilités de chaque partie.

Sommaire

  1. Introduction
  2. Déclaration du sinistre : un impératif légal
  3. Quels sont les dégâts indemnisables ?
  4. Montant de l’indemnisation et modes de règlement
  5. Quelle assurance prend en charge l’indemnisation ?
  6. Que faire en cas de refus d’indemnisation ou de litige ?
  7. FAQ

Déclaration du sinistre : un impératif légal

Dès qu’un dégât des eaux survient, l’assuré doit déclarer le sinistre à son assureur dans un délai de 5 jours ouvrés à compter de la découverte des dommages (article L. 113-2 du Code des assurances). Le non-respect de ce délai peut entraîner un refus d’indemnisation ou une réduction du montant de l’indemnisation, sauf en cas de force majeure ou d’impossibilité avérée.

La déclaration doit être effectuée par :

  • Lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), garantissant une preuve de l’envoi et de la réception.
  • Téléphone, selon les modalités précisées dans le contrat d’assurance.
  • Espace client en ligne, si l’assureur propose cette option.

Cette déclaration doit contenir plusieurs éléments essentiels :
La date et la cause présumée du sinistre : il est important d’indiquer s’il s’agit d’une fuite, d’une infiltration, d’une rupture de canalisation ou d’un autre événement à l’origine des dégâts.

Plus la description est précise, plus elle facilitera le traitement du dossier.
Une description détaillée des dommages subis : il convient de mentionner les pièces touchées, l’ampleur des dégâts (murs, sols, plafonds, mobilier) et les biens endommagés.
Les coordonnées des éventuelles parties impliquées : en cas de sinistre affectant plusieurs logements, il est indispensable de préciser les informations concernant les voisins ou le syndic de copropriété si le dégât concerne un immeuble.
Des éléments de preuve : pour appuyer la déclaration, il est recommandé de joindre :

  • Des photographies des dommages pour attester de l’ampleur du sinistre.
  • Des factures et devis de réparation pour justifier la valeur des biens endommagés et les coûts de remise en état.
  • Un constat amiable dégât des eaux si plusieurs logements sont concernés.

Bon à savoir : lorsque le dégât des eaux affecte plusieurs logements, l’établissement d’un constat amiable dégât des eaux signé par toutes les parties concernées facilite la prise en charge par les assurances respectives. Ce document permet d’identifier les responsabilités et d’accélérer l’indemnisation. En cas de désaccord, il est possible de demander l’intervention d’un expert indépendant ou de faire appel au syndic de copropriété pour arbitrer la situation.

Quels sont les dégâts indemnisables ?

La prise en charge des dégâts des eaux repose sur la garantie dégâts des eaux incluse dans les contrats multirisques habitation. Toutefois, certains dommages peuvent être exclus.

Les dommages couverts par l’assurance

  • Les fuites, ruptures, engorgements de canalisations visibles.
  • Les infiltrations d’eau par les toitures, terrasses et joints d’étanchéité.
  • Les dégâts causés par des appareils sanitaires ou électroménagers.

Les exclusions fréquentes

  • Les infiltrations par la façade ou les fenêtres.
  • Les dégâts causés par un défaut d’entretien (ex. : absence de réparation d’une fuite connue).
  • Les fuites dans des canalisations enterrées.
  • L’humidité et la condensation non liées à un sinistre avéré.

Montant de l’indemnisation et modes de règlement

Une fois la déclaration effectuée, l’assureur peut mandater un expert pour évaluer l’étendue des dommages et proposer une indemnisation.

Cas où l'assuré est responsable du sinistre

Si l’assuré est à l’origine du sinistre, l’indemnisation dépend de son contrat :

  • Les biens mobiliers et embellissements sont indemnisés selon leur valeur d’usage ou à neuf, selon les garanties souscrites.
  • Les biens immobiliers sont remboursés en fonction de la valeur de reconstruction à neuf, moins la vétusté.

Attention : une franchise peut être appliquée si elle est prévue au contrat.

Cas où un tiers est responsable du sinistre

Si un voisin, un locataire ou le syndic est à l’origine du sinistre, l’indemnisation est généralement plus favorable :

  • Les biens mobiliers et immobiliers sont remboursés à leur valeur à neuf.
  • La vétusté ne peut être prise en compte que si elle dépasse 25 %.

Quelle assurance prend en charge l’indemnisation ?

Le principe général veut que ce soit l’assureur du lésé (victime du dégât) qui prenne en charge l’indemnisation. Cependant, des règles spécifiques s’appliquent en fonction du cadre du sinistre.

Logement individuel

Si le dégât des eaux concerne un logement individuel :

  • L’assurance habitation de l’occupant couvre les dommages à son mobilier et aux embellissements.
  • L’assurance du propriétaire prend en charge les dommages à la structure du bâtiment si le logement est assuré en propriétaire non occupant (PNO).

Immeuble en copropriété

Lorsque le dégât des eaux survient dans un immeuble collectif, la répartition des responsabilités est plus complexe :

  • Les dommages dans les parties privatives sont couverts par l’assurance du propriétaire ou locataire concerné.
  • Les dégâts affectant les parties communes sont indemnisés par l’assurance de la copropriété.

Bon à savoir : les conventions CIDRE et IRSI permettent de simplifier l’indemnisation entre assurances en cas de dégât des eaux multi-locataires.

Que faire en cas de refus d’indemnisation ou de litige ?

Un assureur peut refuser de prendre en charge un dégât des eaux ou proposer une indemnisation insuffisante. Dans ce cas, plusieurs recours sont possibles pour défendre ses droits et obtenir une indemnisation juste.

1. Contester la décision par une réclamation amiable

Si l'assureur refuse d'indemniser le sinistre ou propose un montant insuffisant, la première démarche à entreprendre est une réclamation amiable.

📌 Comment procéder ?

  • Adresser une mise en demeure à son assureur par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).
  • Se fonder sur les articles L. 113-5 et L. 121-1 du Code des assurances pour rappeler les obligations de l’assureur.
  • Joindre toutes les pièces justificatives (photos, devis, factures, constat amiable, échanges précédents avec l’assurance).
  • Laisser un délai de 8 jours à l’assureur pour répondre favorablement.

💡 Bon à savoir : une mise en demeure bien argumentée, accompagnée de preuves solides, peut suffire à débloquer la situation. En l'absence de réponse ou en cas de refus persistant, il faudra envisager une contre-expertise.

2. Demander une contre-expertise

Si l'assuré conteste l’évaluation des dommages faite par l’expert de l’assurance, il peut solliciter une contre-expertise indépendante pour obtenir une nouvelle estimation.

📌 Les étapes de la contre-expertise

  • Choisir et mandater un expert indépendant spécialisé dans les sinistres immobiliers.
  • L'expert rédige un rapport détaillé évaluant objectivement l’ampleur des dégâts et le coût des réparations.
  • Transmettre ce rapport à l’assureur en demandant une réévaluation de l’indemnisation.

Si l’assureur maintient sa position et que l’expertise contradictoire ne permet pas d’aboutir à un accord, un troisième expert peut être désigné. Ce dernier intervient en tant qu’arbitre, et son évaluation peut être définitive en cas d'accord entre les parties.

💡 Bon à savoir : les frais d’une contre-expertise sont à la charge de l’assuré, sauf si son contrat prévoit une garantie protection juridique pouvant couvrir ces coûts.

3. Saisir la justice en dernier recours

Si aucun accord amiable n'est trouvé avec l’assureur, l’assuré peut engager une procédure judiciaire. Plusieurs options sont possibles en fonction du montant du litige.

📌 Les recours possibles

  • Le médiateur de l’assurance 📩
    L’assuré peut saisir le médiateur de l’assurance, une autorité indépendante chargée de résoudre les litiges à l’amiable. La saisine est gratuite et peut se faire en ligne ou par courrier.
  • Le tribunal judiciaire
    Si le montant du litige dépasse 10 000 €, l’assuré doit saisir le tribunal judiciaire compétent. La représentation par avocat est fortement recommandée pour défendre ses intérêts.
  • Le tribunal de proximité 🏛
    Pour les litiges inférieurs à 10 000 €, l’affaire peut être portée devant le tribunal de proximité, une procédure plus simple et plus rapide.

📌 À noter : En vertu de l’article 700 du Code de procédure civile, l’assureur peut être condamné à rembourser les frais de procédure engagés par l’assuré si le juge considère que son refus d’indemnisation était abusif.

En résumé

L’obtention d’une indemnisation après un dégât des eaux repose sur le respect de plusieurs étapes clés : déclaration rapide du sinistre, analyse des garanties du contrat, et éventuelle contestation en cas de désaccord avec l’assurance. Si l’indemnisation proposée est insuffisante ou refusée, des recours existent, allant de la mise en demeure à la saisine du tribunal.

Face aux complexités des assurances et aux éventuels litiges, il est essentiel de bien connaître ses droits et d’agir dans les délais légaux pour maximiser ses chances d’être correctement indemnisé.

FAQ

1. Quels sont les premiers réflexes à adopter en cas de dégât des eaux ?

En cas de dégât des eaux, il est essentiel d'agir rapidement pour limiter les dommages et garantir une prise en charge efficace par l'assurance :

  • Couper l'eau et l'électricité si nécessaire pour éviter toute aggravation du sinistre.
  • Identifier l'origine de la fuite et prendre des mesures d’urgence, comme placer des bassines ou des serpillières.
  • Prévenir les voisins et le syndic de copropriété si le dégât touche plusieurs logements.
  • Prendre des photos et vidéos des dégâts pour constituer un dossier de preuve solide.
  • Établir un constat amiable dégât des eaux avec les parties concernées (voisin, syndic, propriétaire).
  • Déclarer le sinistre à son assureur dans les 5 jours ouvrés (article L. 113-2 du Code des assurances) en fournissant un maximum d’éléments justificatifs (factures, devis de réparation, photos).

Bon à savoir : Ne jetez aucun bien endommagé avant que l’expert de l’assurance ne les examine.

2. Quels dégâts sont couverts par l’assurance habitation en cas de dégât des eaux ?

Les contrats multirisques habitation incluent généralement une garantie dégâts des eaux, mais il est important de vérifier les exclusions spécifiques à chaque contrat.

Les dommages généralement couverts :

  • Fuites, ruptures et engorgements de canalisations visibles.
  • Infiltrations d’eau par le toit, les terrasses ou les joints d’étanchéité.
  • Dégâts causés par un appareil sanitaire ou électroménager (machine à laver, chauffe-eau).
  • Dommages aux murs, sols, plafonds et meubles causés par l'eau.

Les exclusions fréquentes :

  • Infiltrations par la façade ou les fenêtres non liées à un événement accidentel.
  • Fuites dans des canalisations enterrées difficiles à localiser.
  • Dégâts causés par un défaut d’entretien ou une négligence.
  • Conséquences de l’humidité et de la condensation, sauf si elles sont liées à un dégât des eaux couvert.

Bon à savoir : Certains contrats incluent une garantie pour la recherche de fuite, ce qui peut éviter à l’assuré d’avoir à payer les frais d’intervention.

3. Quelle est la procédure pour être indemnisé après un dégât des eaux ?

L’indemnisation d’un dégât des eaux suit une procédure bien définie :

  1. Déclarer le sinistre dans les 5 jours ouvrés auprès de son assureur.
  2. Envoi du constat amiable et des justificatifs (photos, factures, devis).
  3. Évaluation des dégâts par un expert mandaté par l’assurance (si nécessaire).
  4. Proposition d’indemnisation par l’assureur, sous forme d’offre forfaitaire ou après expertise.
  5. Acceptation ou contestation de l’indemnisation (si elle est jugée insuffisante).

Délais d’indemnisation :

  • Paiement sous 30 jours après accord sur l’indemnisation.
  • En cas d’expertise, l’indemnisation peut prendre plusieurs semaines, selon la complexité du dossier.

Bon à savoir : Si vous jugez l’offre de l’assureur insuffisante, vous pouvez demander une contre-expertise indépendante.

4. Que faire si l’assurance refuse d’indemniser ou propose une indemnisation trop faible ?

Il arrive que l’assurance refuse l’indemnisation ou propose un montant jugé insuffisant. Plusieurs solutions existent pour contester cette décision :

Réclamation amiable

  • Envoyer une mise en demeure en LRAR à l’assurance, en s’appuyant sur les articles L. 113-5 et L. 121-1 du Code des assurances.
  • Joindre toutes les preuves justifiant la demande (photos, devis, factures, rapport d’expertise).
  • Laisser 8 jours à l’assureur pour répondre.

Demander une contre-expertise

  • Si l’indemnisation proposée semble sous-évaluée, l’assuré peut faire appel à un expert indépendant.
  • Si le désaccord persiste, un troisième expert peut être désigné pour arbitrer.

Saisir la justice

  • En cas d’échec des négociations, l’assuré peut saisir :
    • Le médiateur de l’assurance, qui peut proposer une solution amiable.
    • Le tribunal judiciaire si le litige dépasse 10 000 €.
    • Le tribunal de proximité pour les montants inférieurs à 10 000 €.

Bon à savoir : En vertu de l’article 700 du Code de procédure civile, l’assureur peut être condamné à rembourser les frais de procédure si le refus d’indemnisation est jugé abusif.

5. Qui prend en charge l’indemnisation en cas de dégât des eaux dans un immeuble en copropriété ?

Lorsque le dégât des eaux survient dans un immeuble et concerne plusieurs logements, la répartition des responsabilités et de l’indemnisation peut être plus complexe.

L’assurance du locataire ou propriétaire occupant couvre :

  • Les dommages aux biens mobiliers et aux embellissements (peinture, parquet).
  • Les dégâts dans son logement privatif.

L’assurance de l’immeuble (syndic de copropriété) prend en charge :

  • Les dommages aux parties communes (murs, plafonds, escaliers, canalisations collectives).
  • Les dommages immobiliers dans les logements privatifs si la réparation dépasse 240 € HT.

Conventions applicables :

  • Convention CIDRE (si le sinistre est inférieur à 1 600 € pour les biens matériels et 800 € pour les dommages immatériels).
  • Convention IRSI (pour les sinistres de plus grande ampleur, avec une meilleure répartition des prises en charge entre assureurs).

Bon à savoir : Le syndic joue un rôle clé dans la déclaration du sinistre aux assurances de la copropriété. En cas de litige, une assemblée générale des copropriétaires peut être convoquée pour décider des réparations à entreprendre.

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