Protection sociale

Congé parental d’éducation : conditions, démarches et indemnisation

Jordan Alvarez
Editeur
Partager

Congé parental d’éducation : conditions, durée et droits expliqués

Le congé parental d’éducation permet à un salarié, père ou mère, de suspendre son activité professionnelle ou de réduire son temps de travail pour s’occuper de son enfant.

Ce droit, encadré par le Code du travail, garantit une certaine flexibilité aux parents, tout en préservant leur lien avec leur employeur. Il peut être total ou partiel, mais implique une diminution des revenus du salarié pendant la période concernée.

Quels sont les critères d’éligibilité ? Quelle est la durée maximale de ce congé ? Comment se calcule l’allocation perçue pendant cette période ? Examinons les règles applicables en 2025.

Sommaire

  1. Quelles sont les conditions pour bénéficier du congé parental d’éducation ?
  2. Quelle est la durée du congé parental ?
  3. Comment faire la demande et quelles sont les obligations de l’employeur ?
  4. Quelle rémunération pendant le congé parental ?
  5. Peut-on modifier ou interrompre un congé parental d’éducation ?
  6. Le salarié peut-il suivre une formation pendant son congé parental ?
  7. Impact du congé parental sur les congés payés : la position de la Cour de cassation
  8. Vers une réforme du congé parental en 2025 ?
  9. FAQ

Quelles sont les conditions pour bénéficier du congé parental d’éducation ?

Le droit au congé parental est ouvert aux salariés sous réserve de remplir plusieurs conditions définies par le Code du travail.

1. Ancienneté requise dans l’entreprise

L’article L.1225-47 du Code du travail impose au salarié d’avoir au moins un an d’ancienneté dans son entreprise à la date de la naissance de l’enfant ou de son arrivée dans le foyer en cas d’adoption.

2. Statut du bénéficiaire

Peuvent prétendre au congé parental d’éducation :

  • Les salariés du secteur privé (CDI, CDD, intérimaires) ;
  • Les fonctionnaires et agents contractuels de la fonction publique ;
  • Les travailleurs indépendants, bien que des modalités spécifiques s’appliquent pour eux.

3. Interdiction d’exercer une autre activité professionnelle

Pendant le congé parental total, le salarié ne peut exercer une autre activité rémunérée (sauf accord de l’employeur), à l’exception de certaines activités limitées, telles que l’assistance maternelle.

Quelle est la durée du congé parental ?

1. Durée initiale et prolongation

La durée du congé parental varie selon la situation familiale :

  • Pour un premier enfant, il peut durer jusqu’à un an, renouvelable deux fois, dans la limite du troisième anniversaire de l’enfant.
  • En cas de naissances multiples, le congé peut être prolongé jusqu’aux six ans des enfants.

2. Temps partiel et modulation du congé

Le salarié peut choisir de travailler à temps partiel au lieu de suspendre complètement son activité. Toutefois, le temps de travail ne peut être inférieur à 16 heures par semaine.

Comment faire la demande et quelles sont les obligations de l’employeur ?

1. Procédure de demande

Le salarié doit informer son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Le délai à respecter est de :

  • 1 mois avant la fin du congé maternité ou d’adoption si le congé parental suit immédiatement ;
  • 2 mois avant la date de début souhaitée si la prise de congé est différée.

2. L’employeur peut-il refuser la demande ?

Non, l’employeur ne peut pas refuser une demande de congé parental dès lors que le salarié remplit les conditions légales.

Cependant, en cas de non-respect des délais, il peut contester la prise de congé auprès du Conseil de prud’hommes.

Quelle rémunération pendant le congé parental ?

1. Absence de salaire et perception d’une allocation

Le salarié ne perçoit pas de salaire pendant son congé parental, sauf si un accord collectif ou une convention d’entreprise prévoit un maintien partiel de la rémunération.

En revanche, il peut bénéficier de la Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant (PreParE), versée par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA) pour les salariés agricoles.

2. Montant de l’allocation (au 1ᵉʳ avril 2024)

  • 448,42 € pour un congé parental total ;
  • 289,88 € pour un congé parental à temps partiel (50 %) ;
  • 167,22 € pour un congé parental à temps partiel compris entre 50 et 80 %.

En cas de trois enfants ou plus, une PreParE majorée peut être accordée, atteignant jusqu’à 732,97 € par mois.

Peut-on modifier ou interrompre un congé parental d’éducation ?

1. Modification ou prolongation

Le salarié peut modifier son congé en respectant un délai de prévenance d’un mois. Il peut :

  • Passer d’un temps partiel à un congé total, ou inversement ;
  • Prolonger son congé dans la limite des trois ans de l’enfant.

2. Rupture anticipée du congé parental

Dans certains cas, le salarié peut mettre fin prématurément à son congé parental, notamment en cas :

  • De décès de l’enfant ;
  • D’importante diminution des ressources du foyer ;
  • De désaccord avec l’employeur sur la modification du temps de travail.

Le salarié peut-il suivre une formation pendant son congé parental ?

Oui, un salarié en congé parental d’éducation peut profiter de cette période pour développer ses compétences ou préparer une reconversion professionnelle. Plusieurs dispositifs permettent d’accéder à une formation, sous certaines conditions.

1. Le bilan de compétences pendant le congé parental

Un salarié en congé parental a le droit de réaliser un bilan de compétences afin d’évaluer ses aptitudes professionnelles, ses motivations et ses perspectives d’évolution. Ce bilan, encadré par l’article L.6313-1 du Code du travail, peut être financé via le Compte Personnel de Formation (CPF) ou, sous conditions, par Pôle emploi si le salarié envisage une réorientation après son congé.

2. L’accès à la formation grâce au CPF

Le salarié peut également suivre une formation certifiante ou qualifiante grâce à son Compte Personnel de Formation (CPF), même en étant en congé parental. Cette formation peut être réalisée à distance ou en présentiel, selon les modalités proposées par l’organisme de formation.

Attention : Pendant le congé parental, le salarié ne perçoit pas de rémunération pour le temps consacré à la formation, sauf si une convention collective ou un accord d’entreprise prévoit une prise en charge spécifique.

3. La formation à la reprise du travail

À l’issue du congé parental, le salarié peut demander une action de formation professionnelle afin de se réadapter aux évolutions du poste. Cette formation peut être mise en place si des changements technologiques ou organisationnels sont intervenus dans l’entreprise pendant son absence.

En cas de licenciement après un congé parental, le salarié peut mobiliser ses droits à la reconversion professionnelle via le Projet de Transition Professionnelle (PTP) ou un dispositif de reclassement financé par son employeur.

Impact du congé parental sur les congés payés : la position de la Cour de cassation

Dans un arrêt du 13 septembre 2023, la Cour de cassation a modifié sa position concernant l’acquisition des congés payés pendant un congé parental. Jusqu’alors, un salarié en congé parental ne pouvait pas acquérir de congés payés durant cette période, ce qui pouvait entraîner une perte de droits à son retour.

Cet arrêt s’aligne désormais sur la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE, 22 septembre 2022, aff. C-218/20), qui considère que l’impossibilité de prendre ses congés payés en raison d’un congé parental ne doit pas entraîner une perte définitive de ces jours.

2. Un droit au report des congés payés

Désormais, lorsqu’un salarié n’a pas pu prendre ses congés annuels en raison de son congé parental, il a le droit de les reporter après son retour dans l’entreprise. Cette nouvelle règle s’applique même si l’année de référence est écoulée, permettant ainsi de ne pas pénaliser les salariés qui prennent un long congé parental.

3. Quel impact pour les employeurs et salariés ?

  • Pour les salariés : Cette décision sécurise leurs droits et évite la perte des congés acquis avant le congé parental. Ils peuvent ainsi retrouver leur poste avec un reliquat de congés payés à poser.
  • Pour les employeurs : Ils doivent tenir compte de cette nouvelle règle et adapter leur gestion des congés pour permettre le report des jours non pris.

Cette évolution juridique renforce la protection des salariés en congé parental et garantit un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

Vers une réforme du congé parental en 2025 ?

Le Gouvernement envisage une réforme du congé parental afin de le rendre plus attractif pour les pères. Les pistes actuellement étudiées incluent :

  • Une réduction de la durée du congé à 3 mois par parent ;
  • Une indemnisation plus avantageuse, atteignant 50 % du salaire, avec un plafond de 1 900 €.

Ces mesures pourraient entrer en vigueur dès 2025, mais restent encore soumises à discussions avec les partenaires sociaux.

Le congé parental d’éducation constitue un droit essentiel permettant aux parents de concilier vie professionnelle et obligations familiales. Son encadrement juridique et ses modalités de rémunération nécessitent une attention particulière, d’autant plus dans le cadre des réformes envisagées.

Conclusion

Le congé parental d’éducation représente une opportunité précieuse pour les parents souhaitant consacrer du temps à leur enfant tout en préservant leur emploi. Bien que non rémunéré par l’employeur, il permet de bénéficier d’une allocation de la CAF ou de la MSA, dont le montant varie selon le choix d’un congé total ou partiel.

Son encadrement juridique strict garantit aux salariés une certaine sécurité en matière de droit au retour à l’emploi, tout en imposant des formalités précises à respecter lors de la demande et des prolongations.

L’éventuelle réforme de 2025 pourrait modifier les conditions actuelles en réduisant la durée du congé tout en améliorant son indemnisation, rendant ce dispositif plus attractif, notamment pour les pères. En attendant, les règles en vigueur restent applicables et nécessitent une bonne anticipation afin d’optimiser son organisation professionnelle et personnelle.

FAQ

1. Qui peut bénéficier du congé parental d’éducation et quelles sont les conditions ?

Le congé parental d’éducation est accessible aux salariés du secteur privé, aux fonctionnaires et aux travailleurs indépendants, sous certaines conditions. Pour en bénéficier, il faut :

  • Justifier d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de naissance de l’enfant ou de son arrivée en cas d’adoption (article L.1225-47 du Code du travail).
  • Avoir un contrat de travail en cours au moment de la demande.
  • Informer l’employeur dans les délais légaux (1 ou 2 mois avant la prise du congé).
    Ce congé peut être pris par le père ou la mère de l’enfant, mais aussi par toute personne ayant adopté un enfant ou en ayant la charge.

2. Quelle est la durée du congé parental d’éducation et peut-il être prolongé ?

Le congé parental peut durer jusqu’aux trois ans de l’enfant, mais se prend initialement pour une durée d’un an, renouvelable deux fois (article L.1225-48 du Code du travail).

  • Pour un premier enfant, le congé est limité à trois ans maximum.
  • Pour des jumeaux ou plus, il peut aller jusqu’aux six ans des enfants.
  • En cas d’adoption, le congé parental peut durer jusqu’à trois ans après l’arrivée de l’enfant au foyer.

Le congé peut être pris en totalité (suspension du contrat de travail) ou sous forme de temps partiel (minimum 16 heures/semaine). Toute prolongation doit être demandée au moins un mois avant la fin du congé initial.

3. Comment est rémunéré le salarié pendant le congé parental d’éducation ?

Pendant le congé parental, le contrat de travail est suspendu, ce qui signifie qu’aucun salaire n’est versé par l’employeur, sauf si un accord collectif ou une convention prévoit un maintien partiel de la rémunération.
Le salarié peut toutefois percevoir une allocation spécifique :

  • La Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant (PreParE) versée par la CAF ou la MSA :
    • 448,42 € pour un congé parental total.
    • 289,88 € pour un congé à temps partiel (50 % maximum).
    • 167,22 € pour un congé à temps partiel entre 50 % et 80 %.
  • Une PreParE majorée (732,97 €) pour les familles avec trois enfants ou plus.

Ces montants sont nets après prélèvements sociaux et peuvent être perçus par un seul parent ou partagés entre les deux.

4. L’employeur peut-il refuser une demande de congé parental ?

Non, l’employeur ne peut pas refuser un congé parental dès lors que le salarié remplit toutes les conditions légales. Il est toutefois tenu d’être informé dans les délais prescrits.
Si le salarié ne respecte pas le délai de prévenance, cela n’entraîne pas l’irrecevabilité de sa demande (Cour de cassation, arrêt du 13 septembre 2023).
Cependant, si des irrégularités existent dans la demande, l’employeur peut tenter une contestation devant le Conseil de prud’hommes.

5. Peut-on interrompre ou modifier un congé parental d’éducation avant son terme ?

Oui, il est possible de modifier ou interrompre le congé parental sous certaines conditions :

  • Passer d’un congé total à un congé à temps partiel, ou inversement, en prévenant l’employeur un mois à l’avance.
  • Rompre le congé de manière anticipée en cas de :
    • Diminution significative des ressources du foyer.
    • Décès de l’enfant.
    • Reprise anticipée du travail en accord avec l’employeur.
      En cas de maladie, d’accident ou de handicap grave de l’enfant, le congé peut être prolongé d’un an supplémentaire au-delà de la durée maximale prévue par la loi.

Enfin, le salarié reprenant son poste à l’issue de son congé parental a droit à une formation professionnelle s’il y a eu des évolutions dans son secteur (article L.6314-1 du Code du travail).

Articles Récents

Besoin d'aide ?

Nos équipes sont là pour vous guider !

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.