Le contrat de travail est au cœur de la relation entre un employeur et un salarié. Il définit les droits et obligations de chaque partie et encadre les conditions d’exécution du travail. En France, il est soumis aux règles du Code du travail, qui impose certaines exigences selon sa nature et sa durée.
CDI, CDD, intérim, contrat de chantier… chaque type de contrat répond à des besoins spécifiques et possède un cadre juridique précis. Il est donc essentiel de bien comprendre les caractéristiques, obligations et implications juridiques de chaque contrat afin d’éviter tout contentieux.
Le contrat de travail est un accord juridique qui établit une relation entre un salarié et un employeur. En vertu de cet accord, le salarié met ses compétences et son temps de travail au service de l’employeur, qui en contrepartie s’engage à lui verser une rémunération.
Ce contrat repose sur un lien de subordination, ce qui signifie que le salarié exécute ses missions sous l’autorité et la direction de l’employeur, qui peut lui donner des instructions, contrôler son travail et, si nécessaire, sanctionner ses manquements.
Le contrat de travail formalise la relation professionnelle en précisant divers éléments tels que :
L’article L1221-1 du Code du travail précise que le contrat de travail est soumis aux règles de droit commun, ce qui signifie qu’il doit respecter les principes généraux du droit des contrats.
Cela implique notamment que le contrat repose sur un accord de volonté entre les parties, qu’il soit exécuté de bonne foi et qu’il ne contienne aucune clause illicite ou abusive.
Le contrat de travail peut être conclu sous forme écrite ou orale. Toutefois, certaines catégories de contrats exigent obligatoirement un écrit pour être valides.
C’est le cas notamment du contrat à durée déterminée (CDD) et du contrat de travail à temps partiel. À défaut d’un écrit, ces contrats peuvent être requalifiés en contrat à durée indéterminée (CDI) par le juge.
Même en l’absence de contrat écrit, la relation de travail existe dès lors que les trois éléments caractéristiques du contrat de travail sont réunis :
En outre, l’article L1221-3 du Code du travail impose que le contrat de travail, lorsqu’il est écrit, soit rédigé en français, sauf exception pour certaines clauses concernant un salarié étranger. L’employeur doit également effectuer une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf, sous peine de sanctions pour travail dissimulé.
Pour être qualifié de contrat de travail, trois éléments doivent être réunis :
Le contrat de travail doit être rédigé en français (article L1221-3 du Code du travail). Lorsqu’il est conclu oralement, il est réputé être un CDI à temps plein. Toutefois, certains contrats, comme le CDD et le contrat de travail à temps partiel, doivent être obligatoirement écrits sous peine de requalification en CDI (Cass. soc., 11 juill. 2007, n° 05-45.400).
L’employeur doit également remettre au salarié une déclaration préalable à l’embauche auprès de l’Urssaf.
Le CDI est la forme normale et générale du contrat de travail. Il ne comporte pas de date de fin et peut être à temps complet ou partiel.
Sa rupture peut se faire par :
Le CDI à temps partiel doit obligatoirement être écrit et préciser la durée du travail, à défaut, il est réputé à temps plein.
Le CDD est une exception au CDI. Il ne peut être conclu que dans des cas strictement encadrés par la loi (article L1242-2 du Code du travail), notamment pour :
Le CDD doit être écrit et signé dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche, sous peine d’être requalifié en CDI (Cass. soc., 23 janv. 2019, n° 17-20.803).
Formes particulières de CDD :
Le CDD ne peut être renouvelé que deux fois, dans une limite de 18 mois maximum, sauf exceptions.
Le contrat d’intérim met en place une relation tripartite entre :
Ce contrat est utilisé pour des missions précises et limitées dans le temps, dans les mêmes conditions que le CDD (article L1251-1 du Code du travail).
D’autres formes de contrats de travail existent en fonction des besoins de l’entreprise et du salarié :
L’employeur a plusieurs obligations envers son salarié, notamment :
L’employeur peut être tenu responsable en cas de manquement à ces obligations (Cass. soc., 25 janv. 2011, n° 09-70.902).
Le salarié doit :
En cas de faute grave, l’employeur peut engager une procédure de licenciement.
Un contrat de travail peut être suspendu, notamment en cas de :
Pendant la suspension, le salarié ne travaille pas et l’employeur n’est pas tenu de le rémunérer, sauf si une indemnisation est prévue (convention collective, assurance maladie).
À l’issue de cette période, le salarié doit retrouver son emploi ou un poste similaire avec une rémunération équivalente (article L1226-8 du Code du travail).
En cas de litige relatif à l’exécution du contrat de travail, le salarié ou l’employeur disposent d’un délai limité pour agir en justice. Ce délai est encadré par l’article L1471-1 du Code du travail, qui prévoit des prescriptions distinctes selon la nature du différend.
Si le litige concerne une violation des obligations contractuelles en cours de contrat (paiement des salaires, conditions de travail, heures supplémentaires non payées, discrimination, harcèlement, modification unilatérale du contrat…), le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes dans un délai de 2 ans à compter du jour où il a eu connaissance des faits litigieux.
Ce délai de prescription biennale s’applique notamment aux demandes relatives :
Lorsque le litige porte sur la rupture du contrat de travail (licenciement abusif, prise d’acte de la rupture, résiliation judiciaire, rupture conventionnelle contestée…), le délai de prescription est réduit à 12 mois.
Le délai commence à courir à compter de la notification de la rupture du contrat (article L1471-1 du Code du travail), soit :
À défaut de saisine du Conseil de prud’hommes dans ce délai, l’action est irrecevable, et le salarié perd tout droit à une indemnisation même si la rupture était abusivement prononcée.
Certains litiges bénéficient de délais de prescription spécifiques, notamment :
En cas d’obstacle empêchant le salarié d’agir (maladie, force majeure, pression exercée par l’employeur), le délai peut être suspendu ou interrompu, permettant une prolongation du temps imparti pour agir en justice.
Le choix et l’exécution d’un contrat de travail sont des enjeux majeurs aussi bien pour l’employeur que pour le salarié. Si le CDI reste la forme de contrat de référence, d’autres types de contrats existent pour répondre à des situations particulières, avec des règles spécifiques à respecter.
La rédaction du contrat, ses clauses, ainsi que les obligations des parties doivent être soigneusement examinées afin d’éviter tout risque de litige devant le Conseil de prud’hommes. En cas de non-respect du cadre légal, la requalification du contrat ou l’octroi de dommages et intérêts peuvent être prononcés par le juge.
Le contrat de travail est un accord entre un salarié et un employeur définissant les conditions d’emploi, les obligations des parties et la rémunération du salarié. Il repose sur trois éléments fondamentaux :
En France, un contrat de travail peut être écrit ou oral, mais certaines formes de contrats exigent obligatoirement un écrit, comme les CDD et les contrats à temps partiel (article L1221-1 du Code du travail). De plus, l’article L1221-3 du Code du travail impose que le contrat écrit soit rédigé en français et que l’employeur effectue une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf.
Le droit du travail distingue plusieurs types de contrats en fonction de la durée et de la nature de la relation de travail :
Chaque type de contrat est soumis à des règles strictes, notamment en matière de renouvellement, indemnités et rupture.
Le contrat de travail étant un accord entre deux parties, l’employeur ne peut unilatéralement modifier les éléments essentiels du contrat sans l’accord du salarié.
On distingue deux types de modifications :
En cas de désaccord, le salarié peut refuser la modification et, si l’employeur insiste, saisir le Conseil de prud’hommes pour demander la résiliation judiciaire du contrat, pouvant conduire à des dommages et intérêts pour rupture abusive.
Le contrat de travail impose des obligations réciproques à l’employeur et au salarié.
✅ Obligations de l’employeur :
❌ Obligations du salarié :
Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions disciplinaires, voire un licenciement pour faute. De son côté, si l’employeur manque à ses obligations, le salarié peut demander la résiliation judiciaire du contrat et obtenir des indemnités.
Les litiges liés au contrat de travail doivent être portés devant le Conseil de prud’hommes, mais dans des délais stricts.
Passé ces délais, le salarié perd tout recours possible, sauf en cas de force majeure où la justice peut suspendre ou proroger le délai de prescription.