L’entretien d’embauche est une étape déterminante du processus de recrutement. Il permet à l’employeur d’évaluer les compétences et l’adéquation d’un candidat avec le poste proposé. Toutefois, ce dernier doit respecter un cadre légal strict, notamment en matière de non-discrimination.
Certaines questions sont formellement interdites, car elles portent atteinte aux droits fondamentaux des candidats et peuvent entraîner des sanctions lourdes pour l’employeur. Il est donc essentiel de connaître les 10 questions interdites en entretien d’embauche afin de garantir un recrutement éthique et conforme à la loi.
L’état civil et la situation familiale d’un candidat ne doivent en aucun cas être pris en compte lors d’un recrutement. Un employeur ne peut pas interroger un candidat sur son mariage, son pacs, son célibat, ou encore sur la présence d’enfants au sein de son foyer.
Exemples de questions interdites :
L’objectif d’un entretien d’embauche est d’évaluer les compétences professionnelles du candidat et son adéquation avec le poste proposé, et non de s’immiscer dans sa vie privée. Ces questions peuvent, volontairement ou non, influencer le jugement du recruteur et constituer une discrimination à l’embauche.
Les candidats de sexe féminin sont souvent confrontés à des interrogations sur leur projet de maternité. Ces questions sont strictement interdites, car elles portent atteinte au principe d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Exemples de questions discriminatoires :
Certaines entreprises redoutent l’impact d’un congé maternité sur leur organisation et tentent de sélectionner des candidates en fonction de leur situation personnelle. Or, le Code du travail protège les femmes enceintes contre toute discrimination. Il est interdit de refuser une embauche ou d’appliquer un traitement défavorable à une salariée en raison de sa grossesse.
⚠️ Bon à savoir : Une salariée enceinte n’a aucune obligation légale d’informer son employeur de son état de grossesse, que ce soit avant ou après son embauche.
L'orientation sexuelle est une donnée relevant strictement de la vie privée, et ne peut en aucun cas constituer un critère de sélection lors d’un entretien d’embauche. Un employeur n’a pas le droit d’interroger un candidat sur ses préférences affectives ou amoureuses, ni de tenir compte de ces informations dans sa décision de recrutement.
Exemples de questions interdites :
Ces interrogations sont discriminatoires, car elles ne sont en aucun cas liées aux compétences professionnelles du candidat. Tout questionnement sur ce sujet peut être contesté devant les tribunaux et exposer l’employeur à des sanctions pénales.
L'appartenance religieuse d’un candidat ne doit en aucun cas être prise en compte dans une embauche. En vertu du principe de laïcité et de liberté de conscience, un employeur ne peut poser de questions sur les croyances religieuses d’un candidat ni chercher à savoir s’il pratique une religion.
Exemples de questions proscrites :
Le recrutement doit exclusivement être fondé sur des critères objectifs liés aux compétences et aux qualifications du candidat. L’expression des convictions religieuses peut, dans certains cas, être encadrée dans l’entreprise, notamment par le règlement intérieur, mais l’appartenance religieuse ne peut jamais justifier un refus d’embauche.
⚠️ Bon à savoir : Une entreprise peut imposer des restrictions à l’expression religieuse si elles sont justifiées par la nature du poste et proportionnées au but recherché (ex. : impératif de sécurité). Toutefois, ces restrictions doivent être précisées dans le règlement intérieur et appliquées de manière équitable à tous les salariés.
L’origine ethnique, la nationalité ou encore la langue maternelle d’un candidat ne doivent jamais être des critères de sélection dans un processus de recrutement. La loi française protège chaque individu contre toute discrimination fondée sur ses origines et garantit l’égalité des chances sur le marché du travail.
Exemples de questions illégales :
L’objectif d’un entretien d’embauche est d’évaluer des compétences et des qualifications professionnelles, et non de recueillir des informations personnelles pouvant être utilisées à des fins discriminatoires.
Un employeur peut, en revanche, vérifier qu’un candidat possède les documents légaux lui permettant de travailler en France (ex. : titre de séjour, carte de résident, etc.). Cependant, aucune distinction ne peut être faite entre un Français d’origine et un naturalisé.
⚠️ Bon à savoir : L’accent d’un candidat ne peut pas être un critère de sélection. Une entreprise qui refuse un candidat en raison de son accent pourrait être poursuivie pour discrimination linguistique.
Les questions portant sur l’état de santé ou le handicap d’un candidat sont strictement interdites, sauf si elles sont directement liées à l’aptitude au poste. L’employeur ne peut pas demander d’informations médicales lors de l’entretien.
Exemples de questions discriminatoires :
Seul le médecin du travail, lors de la visite médicale d’embauche, est habilité à évaluer si l’état de santé du salarié est compatible avec les missions du poste.
⚠️ Bon à savoir : Un employeur a l’obligation d’aménager le poste de travail d’un salarié en situation de handicap si cela est possible. Refuser un candidat uniquement en raison de son handicap peut entraîner des sanctions pénales pour discrimination.
L’apparence physique d’un candidat ne peut, en aucun cas, être un critère de sélection lors d’un entretien d’embauche. Le Code du travail interdit toute discrimination fondée sur des caractéristiques physiques qui ne sont pas directement liées aux compétences requises pour le poste.
Exemples de questions interdites :
Un employeur ne peut évaluer un candidat que sur des critères professionnels objectifs. Cependant, certaines professions peuvent exiger des caractéristiques physiques spécifiques lorsqu’elles sont nécessaires à l’exercice des fonctions et justifiées par la nature du poste. Par exemple, un mannequin peut être recruté sur des critères d’apparence, ou un pompier peut être soumis à des conditions physiques strictes pour des raisons de sécurité.
⚠️ Bon à savoir : Un candidat qui s’estime évincé d’un recrutement en raison de son apparence physique peut saisir le Conseil de prud’hommes et demander des dommages et intérêts pour discrimination.
L’âge ne doit jamais être un critère d’embauche, sauf si la loi impose des restrictions spécifiques pour certains emplois (ex. : limite d’âge pour intégrer la fonction publique ou exigences légales pour les travailleurs mineurs).
Exemples de questions interdites :
Ces questions peuvent mener à une discrimination liée à l’âge, qu’il s’agisse de candidats jeunes (jugés inexpérimentés) ou plus âgés (suspectés d’être moins dynamiques ou proches de la retraite).
⚠️ Bon à savoir : Un candidat refusé en raison de son âge peut saisir le Défenseur des droits, qui pourra mener une enquête et, en cas de discrimination avérée, obtenir réparation devant les tribunaux.
Un employeur ne peut pas interroger un candidat sur ses choix électoraux ou ses convictions politiques. Exemples de questions interdites :
L’appartenance syndicale ne doit pas être un critère de sélection en entreprise. Questions interdites :
Un employeur qui viole le principe d’égalité des chances en posant des questions discriminatoires lors d’un entretien d’embauche s’expose à de lourdes sanctions. La loi protège les candidats contre toute forme de discrimination à l’embauche, qu’elle soit intentionnelle ou non.
👉 Jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour discrimination à l’embauche.
Tout employeur qui écarte un candidat en raison de critères discriminatoires (sexe, âge, état de santé, orientation sexuelle, origine, etc.) peut être poursuivi devant le tribunal correctionnel.
👉 Annulation du recrutement et dommages-intérêts pour le candidat lésé.
Un candidat qui estime avoir été victime d’une discrimination lors d’un entretien d’embauche peut saisir le Conseil de prud’hommes pour demander :
En entretien, l’employeur doit se concentrer exclusivement sur les compétences et l’expérience du candidat, en lien avec le poste proposé. Toute question portant sur des éléments relevant de la vie privée est à proscrire sous peine de poursuites.
⚠️ Bon à savoir : Un candidat peut saisir le Défenseur des droits, qui pourra mener une enquête et engager des poursuites contre l’entreprise fautive. Une discrimination avérée peut également porter atteinte à l’image de l’employeur et impacter sa réputation
Le respect du droit du travail et des principes de non-discrimination est indispensable lors d’un processus de recrutement. Un entretien d’embauche doit être centré sur l’expérience, les compétences et la capacité du candidat à occuper le poste, sans intrusion dans sa vie privée.
Les employeurs doivent ainsi veiller à poser uniquement des questions objectivement liées à l’emploi proposé. En cas de violation des règles, un candidat peut saisir les prud’hommes et engager la responsabilité de l’employeur, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Certaines questions ne peuvent jamais être posées en entretien, car elles sont considérées comme discriminatoires et interdites par la loi. Parmi les principales, on retrouve celles portant sur :
Ces questions ne sont en aucun cas pertinentes pour évaluer les compétences professionnelles d’un candidat et peuvent mener à des sanctions pénales en cas de discrimination avérée.
La loi interdit ces questions, car elles peuvent fausser le processus de recrutement en introduisant des critères discriminatoires qui ne sont pas liés aux qualifications professionnelles du candidat. L’objectif est d’assurer un traitement équitable des candidats et de garantir l’égalité des chances.
Le Code du travail protège les candidats contre toute discrimination liée à l’origine, au sexe, à l’âge, à l’état de santé, aux convictions religieuses, aux opinions politiques et à l’orientation sexuelle.
De plus, la loi du 27 mai 2008 renforce l’interdiction des discriminations directes et indirectes en milieu professionnel. Un employeur qui pose ces questions peut être accusé de discrimination à l’embauche, ce qui peut entraîner des sanctions financières et pénales.
Un employeur qui pose des questions interdites lors d’un entretien d’embauche et qui refuse un candidat pour un motif discriminatoire encourt des sanctions pénales et civiles.
Les risques encourus :
Si un candidat pense avoir été victime de discrimination, il peut saisir le Conseil de prud’hommes ou contacter une association spécialisée, comme la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité, intégrée au Défenseur des droits).
Un employeur a le droit de poser des questions, mais celles-ci doivent être strictement liées aux compétences professionnelles et à l’aptitude du candidat pour le poste.
✅ Exemples de questions autorisées :
Toute question doit être justifiée par les exigences du poste et ne doit pas porter atteinte à la vie privée du candidat.
Si un recruteur pose une question illégale ou discriminatoire, un candidat dispose de plusieurs options pour y faire face :
1️⃣ Éviter d’y répondre directement :
2️⃣ Demander à reformuler la question :
Si le recruteur demande : « Envisagez-vous d’avoir des enfants ? », le candidat peut répondre :
« Pouvez-vous préciser en quoi cette information est pertinente pour le poste ? »
3️⃣ Noter les faits et envisager une action légale :
Si un candidat estime avoir été victime de discrimination, il peut :
⚠️ Bon à savoir : Il est recommandé de ne pas réagir de manière agressive en entretien, mais plutôt d’aborder le sujet avec diplomatie. Si la discrimination est avérée, un recours peut être envisagé après l’entretien.