L’embauche d’un étudiant étranger en CDI, alternance ou stage soulève des questions juridiques essentielles pour les employeurs. En effet, recruter un salarié non ressortissant de l’Union européenne implique de vérifier son droit au travail, d’effectuer certaines démarches administratives et, dans certains cas, d’obtenir une autorisation de travail.
Le cadre légal encadrant cette situation est strict et en évolution, notamment avec les réformes récentes comme le décret du 9 juillet 2024 qui a renforcé les obligations des entreprises.
Quelles sont les formalités à respecter ? Quels contrats peuvent être proposés à un étudiant étranger ? Existe-t-il des limites en matière de temps de travail ? Autant de questions auxquelles cet article répond afin d’aider employeurs et étudiants à sécuriser leur démarche d’embauche.
Un étudiant étranger titulaire d’un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) ou d’une carte de séjour "étudiant" peut exercer une activité salariée en France. Cependant, son temps de travail est limité à 964 heures par an, soit 60 % de la durée légale annuelle.
L’étudiant étranger peut être embauché en CDI, à condition que cela soit compatible avec son statut. En principe, rien ne l’empêche de signer un CDI à temps plein. Toutefois, la limite annuelle de 964 heures s’applique toujours, sauf à obtenir une autorisation de travail spécifique.
L’employeur doit également respecter plusieurs obligations :
Un étudiant étranger n’a pas besoin d’autorisation de travail pour un stage. Toutefois, certaines conditions doivent être respectées :
⚠ Depuis le décret du 9 juillet 2024, si un apprenti est accueilli en France par une entreprise alors que son employeur est situé à l’étranger, c'est l’entreprise d’accueil qui doit faire la demande d’autorisation de travail.
L’employeur doit faire la demande en ligne via le portail du ministère de l’Intérieur. Les étapes sont les suivantes :
Oui, dès lors qu’une autorisation de travail est accordée pour l’embauche d’un étudiant étranger non ressortissant de l’Union européenne, l’employeur est tenu de s’acquitter d’une taxe obligatoire auprès de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Cette taxe, anciennement appelée taxe Ofii, vise à compenser les frais liés au traitement des demandes d’autorisation de travail et à la gestion des travailleurs étrangers en France.
Le montant de cette taxe varie selon plusieurs critères :
En moyenne, la taxe peut osciller entre 74 euros et plusieurs centaines d’euros, en fonction des paramètres définis par l’administration fiscale. Le paiement doit être effectué dans les délais imposés sous peine de sanctions financières ou de remise en cause de l’autorisation de travail.
Un étudiant étranger titulaire d’un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) "étudiant" ou d’une carte de séjour temporaire "étudiant" peut exercer une activité salariée en France dans la limite de 964 heures par an, soit 60 % du temps de travail annuel légal.
Cela représente environ 20 heures par semaine en moyenne, mais cette limite est calculée sur une base annuelle, ce qui signifie que l’étudiant peut répartir ses heures de travail différemment au fil des mois.
Toutefois, si l’employeur souhaite que son salarié dépasse ce quota horaire annuel, il doit obligatoirement effectuer une demande d’autorisation de travail auprès des autorités compétentes. Sans cette autorisation, il est illégal de faire travailler un étudiant étranger au-delà de 964 heures par an.
⚠ Conséquences d’un dépassement sans autorisation :
💡 Exception pour les étudiants algériens : en vertu de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un étudiant algérien ne peut pas dépasser 850 heures de travail annuelles et doit impérativement obtenir une autorisation provisoire de travail (APT), quelle que soit la nature de son contrat de travail.
Recruter un étudiant étranger en France suppose de respecter un cadre légal précis, tant pour les stages que pour les contrats en alternance ou les CDI. Si certaines situations ne nécessitent aucune autorisation spécifique, d’autres imposent des démarches administratives obligatoires comme la demande d’autorisation de travail ou le paiement de la taxe DGFiP.
De plus, le non-respect des limitations horaires peut entraîner des sanctions pour l’étudiant, allant jusqu’au retrait de son titre de séjour. Il est donc essentiel pour les employeurs de se conformer aux obligations légales en vigueur afin d’éviter tout risque de contentieux.
Oui, un étudiant étranger titulaire d’un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) "étudiant" ou d’une carte de séjour temporaire "étudiant" est autorisé à exercer une activité salariée en France. Toutefois, son temps de travail est limité à 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale.
Il existe des exceptions :
L’employeur a l’obligation de vérifier le titre de séjour avant toute embauche et d’effectuer une déclaration auprès de la préfecture au moins 48 heures avant le début du contrat.
Oui, un étudiant étranger peut signer un CDI en France. Toutefois, il doit respecter la limite des 964 heures de travail par an imposée aux étudiants étrangers. Un CDI à temps plein (soit 35 heures par semaine) entraînerait donc un dépassement rapide de ce plafond.
Solutions possibles :
L’employeur doit être vigilant, car employer un étudiant étranger en CDI sans respecter ces obligations peut entraîner des sanctions pour emploi irrégulier.
Non, un étudiant étranger n’a pas besoin d’autorisation de travail pour effectuer un stage en France. Cependant, plusieurs conditions doivent être respectées :
💡 Bon à savoir : Les stages ne sont pas comptabilisés dans le quota des 964 heures de travail annuel autorisées pour les étudiants étrangers.
L’autorisation de travail doit être demandée par l’employeur lorsque le contrat de travail prévoit un dépassement du quota de 964 heures ou lorsque l’étudiant ne dispose pas d’un titre de séjour autorisant l’exercice d’une activité salariée.
Procédure à suivre :
⚠ Spécificité pour les contrats en alternance : Depuis le décret du 9 juillet 2024, si l’employeur est situé à l’étranger mais que l’étudiant est accueilli en France pour sa formation, l’entreprise d’accueil française doit faire la demande d’autorisation de travail.
L’embauche d’un étudiant étranger non européen nécessitant une autorisation de travail implique le paiement d’une taxe auprès de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Le montant de cette taxe varie selon plusieurs critères :
💰 Barème indicatif de la taxe DGFiP en 2024 :
📌 À noter : Cette taxe doit être réglée dans les 30 jours suivant l’embauche sous peine de sanctions. En cas de non-paiement, l’autorisation de travail peut être annulée, et l’employeur peut faire l’objet d’un redressement.