Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés financières et se trouve en cessation des paiements, elle peut être placée en redressement judiciaire. Cette procédure permet la poursuite de l’activité, le maintien des emplois et l’apurement des dettes. Cependant, se pose alors la question du paiement des salaires : qui en a la charge et selon quelles modalités ?
L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire intervient lorsque l’entreprise se trouve en cessation des paiements, c’est-à-dire incapable de régler ses dettes exigibles avec ses liquidités disponibles. Contrairement à la liquidation judiciaire, qui met un terme définitif à l’activité, le redressement judiciaire a pour objectif principal de permettre :
Une fois la procédure ouverte par un jugement du tribunal de commerce, plusieurs phases sont mises en place :
Pendant toute la durée du redressement judiciaire, les contrats de travail restent en vigueur. Les salariés continuent à exercer leur activité, et l’entreprise demeure tenue de verser les salaires. Toutefois, si l’employeur ne dispose pas des fonds nécessaires, plusieurs acteurs interviennent pour garantir le paiement des rémunérations :
Ainsi, bien que l’entreprise soit en difficulté, les salariés bénéficient d’un cadre protecteur leur assurant la perception de leurs rémunérations dans le cadre du redressement judiciaire.
Lorsqu’une entreprise est placée en redressement judiciaire, un mandataire judiciaire est désigné par le tribunal de commerce. Sa mission principale est de défendre les intérêts des créanciers, y compris ceux des salariés, qui sont considérés comme des créanciers privilégiés.
Contrairement aux autres créanciers, les salariés n’ont pas à déclarer eux-mêmes leurs créances. C’est le mandataire judiciaire qui établit un relevé des créances salariales, mentionnant notamment :
Ce relevé est soumis au juge-commissaire et déposé au greffe. Une copie est transmise à l’AGS, qui intervient si l’employeur est incapable de payer les salaires.
Chaque salarié reçoit une notification détaillant la nature et le montant des créances admises ou rejetées. En cas de litige, il peut saisir le Conseil de prud’hommes (CPH) dans un délai de deux mois.
L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) est un organisme financé par une cotisation patronale obligatoire. Son objectif est de couvrir les sommes dues aux salariés en cas de défaillance de l’employeur suite à une procédure collective.
Cette garantie concerne les entreprises en :
Pour que l’AGS prenne en charge les salaires, deux critères doivent être réunis :
L’AGS est saisie par le mandataire judiciaire, qui doit démontrer l’insuffisance des fonds et lui transmettre le relevé des créances salariales.
L’AGS prend en charge :
📌 Plafonds de prise en charge
L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) prend en charge les salaires impayés, mais dans certaines limites financières fixées selon l’ancienneté du salarié dans l’entreprise :
Si le salarié considère que les montants versés par l’AGS sont insuffisants, il peut engager une contestation devant le Conseil de prud’hommes pour réclamer le versement intégral des sommes dues.
Dès l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire, le Comité social et économique (CSE) ou, à défaut, les salariés doivent élire un représentant des salariés. Cette élection est obligatoire et doit avoir lieu dans un délai de 10 jours suivant le jugement d’ouverture de la procédure.
Le représentant des salariés joue un rôle essentiel dans la protection des droits des employés et dans la gestion des créances salariales. Il est le porte-parole des salariés auprès des organes de la procédure collective et des juridictions compétentes.
Ses missions principales sont les suivantes :
Grâce à ces mécanismes, les salariés d’une entreprise en redressement judiciaire disposent d’un cadre juridique protecteur qui garantit le paiement de leurs salaires et indemnités, malgré les difficultés financières rencontrées par leur employeur.
Le représentant des salariés joue ainsi un rôle clé en assurant un suivi rigoureux des créances et en défendant les droits des travailleurs face aux décisions prises dans le cadre du redressement judiciaire.
En cas de redressement judiciaire, le paiement des salaires est une priorité assurée par plusieurs mécanismes de protection. Le mandataire judiciaire établit un relevé des créances salariales, tandis que l’AGS intervient lorsque l’employeur ne peut plus assurer lui-même le paiement.
Cependant, cette garantie n’est pas illimitée, et les plafonds varient selon l’ancienneté du salarié. En cas de litige sur les montants versés, les salariés disposent d’un recours devant le Conseil de prud’hommes pour défendre leurs droits.
Oui, l’employeur reste responsable du paiement des salaires tant que l’activité de l’entreprise se poursuit. La procédure de redressement judiciaire vise précisément à permettre la continuité de l’exploitation, ce qui inclut le maintien des contrats de travail et des rémunérations. Toutefois, si l’employeur ne dispose plus des liquidités nécessaires, le mandataire judiciaire intervient pour établir un relevé des créances salariales, et l’AGS (Assurance de Garantie des Salaires) peut prendre le relais sous certaines conditions.
Si l’employeur est dans l’incapacité de payer les salaires, plusieurs mécanismes de protection sont mis en place :
L’AGS garantit le paiement de certaines créances salariales, mais dans des limites précises. Les sommes couvertes incluent :
Cependant, l’AGS applique des plafonds selon l’ancienneté du salarié au moment de l’ouverture de la procédure :
Si un salarié conteste le montant versé par l’AGS, il peut saisir le Conseil de prud’hommes pour demander un réajustement.
Le représentant des salariés, élu dans les 10 jours suivant l’ouverture de la procédure, joue un rôle essentiel dans la défense des intérêts des employés. Ses principales missions sont :
Il s’agit d’un intermédiaire clé entre les salariés et les acteurs de la procédure collective, garantissant que les employés soient informés et protégés.
Si un salarié ne perçoit pas les sommes qui lui sont dues malgré l’intervention de l’AGS, plusieurs recours existent :
Les salariés disposent ainsi de garanties solides pour obtenir leur rémunération, même en période de redressement judiciaire.