Travail

Fiscalité des entreprises : les règles à ne pas négliger

Estelle Marant
Collaboratrice
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Contrôle fiscal et obligations : les étapes pour éviter les pénalités

Toutes les entreprises, qu'elles soient individuelles ou sociétaires, petites ou grandes, ont l’obligation de respecter des règles fiscales précises pour garantir leur conformité avec la législation en vigueur. Ces règles, bien qu’essentielles, peuvent paraître complexes en raison de la diversité des taxes et impôts applicables, ainsi que des formalités comptables et déclaratives à accomplir.

Que vous soyez un entrepreneur ou un dirigeant d’entreprise, comprendre vos obligations fiscales est un impératif pour éviter les sanctions administratives et maximiser vos avantages fiscaux. Cet article vous propose une analyse détaillée des principales obligations fiscales des entreprises, des régimes d’imposition aux contrôles fiscaux, en passant par les impôts locaux et la TVA.

Sommaire

  1. Introduction
  2. Les impôts professionnels et l’imposition des bénéfices
  3. Les régimes d’imposition et les obligations comptables
  4. La déclaration des résultats et la liasse fiscale
  5. Les impôts locaux et exonérations
  6. La TVA : régimes et seuils
  7. Contrôle fiscal et délai de reprise
  8. FAQ

Les impôts professionnels et l'imposition des bénéfices

Les bénéfices réalisés par une entreprise établie en France sont soumis à une imposition, dont le régime varie selon la forme juridique de l’entreprise, son chiffre d’affaires et les options fiscales choisies.

Impôt sur les sociétés (IS) et impôt sur le revenu (IR)

Une entreprise peut être assujettie :

  • À l’impôt sur les sociétés (IS), qui impose directement les bénéfices de l’entreprise au taux fixe de 25 %.
  • À l’impôt sur le revenu (IR), dans lequel les bénéfices sont imposés entre les mains des associés ou de l’exploitant individuel, selon le régime applicable.

Le choix entre ces deux régimes dépend généralement de la forme juridique de l’entreprise, comme les entreprises individuelles pour l’IR ou les SAS et SARL pour l’IS.

Les régimes fiscaux des sociétés de personnes

Les sociétés de personnes, telles que les SCI ou les SNC, bénéficient d’un régime fiscal dit "translucide". Cela signifie que leurs bénéfices sont déterminés au niveau de la société, mais imposés directement au nom de chaque associé proportionnellement à ses parts dans la société.

Les régimes d’imposition et obligations comptables

Le régime d’imposition applicable à une entreprise varie en fonction de son chiffre d’affaires et de ses choix fiscaux :

  • Régime micro : Comptabilité simplifiée, applicable pour les petites entreprises avec un chiffre d’affaires limité.
  • Régime réel simplifié : Comptabilité de trésorerie avec ajustement en fin d’année.
  • Régime réel normal : Comptabilité complète, requise pour les entreprises avec un chiffre d’affaires plus important.

Une entreprise relevant du régime réel normal doit tenir une comptabilité stricte, incluant un bilan annuel, un compte de résultat, et un livre-journal.

La déclaration des résultats et la liasse fiscale

Selon le régime fiscal applicable, les entreprises doivent produire des déclarations spécifiques pour communiquer leurs résultats à l’administration fiscale. Ces déclarations varient en fonction du type d’impôt auquel elles sont soumises :

  • Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) doivent déposer une liasse fiscale, un ensemble de documents comprenant le bilan, le compte de résultat et des annexes détaillées. Cette liasse permet à l’administration fiscale de vérifier la cohérence des informations financières et comptables transmises par l’entreprise.
  • Les entreprises relevant du régime micro (micro-BIC, micro-BNC ou micro-BA) bénéficient de formalités simplifiées. Elles doivent uniquement reporter leur chiffre d’affaires annuel sur le formulaire n°2042 C PRO, joint à leur déclaration de revenus personnelle. Ces entreprises n’ont pas à produire de déclaration de résultats spécifique ni à tenir une comptabilité complexe.

Il est important de respecter les délais légaux pour ces déclarations, sous peine de pénalités ou de redressements fiscaux.

Les impôts locaux : CET, taxes foncières et exonérations

Les entreprises exerçant une activité en France sont redevables de plusieurs impôts locaux, en fonction de leur activité et de leurs propriétés :

  • La contribution économique territoriale (CET) est composée de deux volets :
    • La cotisation foncière des entreprises (CFE), due par toute personne ou entité exerçant une activité professionnelle non salariée. Son montant est basé sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés par l’entreprise.
    • La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui s’applique aux entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 500 000 €. La CVAE est calculée sur la valeur ajoutée produite par l’entreprise. À noter que la suppression définitive de la CVAE est prévue pour 2027.
  • Les taxes foncières concernent les entreprises propriétaires de biens immobiliers. Elles incluent :
    • La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), applicable aux locaux professionnels.
    • La taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB), pour les terrains non aménagés.

Certaines exonérations spécifiques sont prévues pour les entreprises, notamment dans le cadre des bâtiments agricoles. Par exemple, les bâtiments servant exclusivement à des exploitations agricoles, tels que les granges ou caves, sont exonérés de TFPB.

De plus, des dispositifs comme les zones de revitalisation rurale (ZRR) ou le dispositif France Ruralités Revitalisation (FRR) permettent aux entreprises implantées dans ces zones de bénéficier d’avantages fiscaux.

Ces impôts locaux représentent une charge significative pour les entreprises, et il est essentiel de s’assurer de leur exactitude pour éviter des sanctions ou des contentieux.

La TVA : Régimes et seuils

Les entreprises assujetties à la TVA doivent choisir leur régime d’imposition en fonction de leur chiffre d’affaires annuel. Ces régimes déterminent les obligations en matière de facturation et de déclaration de la TVA. Voici les trois régimes possibles :

  • Franchise en base : Ce régime permet aux entreprises de bénéficier d'une exonération de TVA si leur chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils. Les entreprises sous ce régime ne facturent pas de TVA à leurs clients et n’ont pas l’obligation de déposer une déclaration de TVA. Ce régime est particulièrement avantageux pour les petites entreprises et les micro-entrepreneurs.
  • Régime réel simplifié : Les entreprises relevant de ce régime effectuent une déclaration annuelle de TVA, accompagnée d'acomptes semestriels. Ce régime simplifie la gestion comptable tout en maintenant une imposition conforme aux obligations fiscales.
  • Régime réel normal : Ce régime s’applique généralement aux entreprises avec un chiffre d’affaires plus élevé. Ces entreprises doivent déposer une déclaration de TVA mensuelle ou trimestrielle, selon leur volume d’activité. Ce régime exige une gestion rigoureuse de la TVA collectée et déductible.

Les seuils pour la franchise en base TVA en 2025

Pour qu’une entreprise puisse bénéficier du régime de franchise en base TVA, elle doit respecter les seuils suivants :

  • 85 000 € pour les activités de vente de biens corporels, de restauration et d'hébergement.
  • 37 500 € pour les prestations de services.

Si ces seuils sont dépassés, l’entreprise doit passer au régime réel simplifié ou au régime réel normal selon son activité et son chiffre d’affaires. À noter que les seuils peuvent évoluer chaque année avec la loi de finances.

Les entreprises concernées doivent également respecter les règles de facturation (mention de la TVA ou non) et, si elles dépassent les seuils, elles doivent se conformer immédiatement aux nouvelles obligations déclaratives.

Comprendre et choisir le bon régime de TVA est essentiel pour optimiser la gestion fiscale de l’entreprise tout en restant en conformité avec la législation.

Contrôle fiscal et délai de reprise

L’administration fiscale dispose d’un délai de reprise pour rectifier une déclaration fiscale. Ce délai est généralement de trois ans, mais peut s’étendre à six ans en cas de dissimulation.

En cas de manquement, des pénalités fiscales peuvent être imposées, comprenant des majorations et des intérêts de retard.

Pour approfondir vos connaissances sur les obligations fiscales des entreprises, retrouvez des contenus détaillés sur defendstesdroits.fr.

Conclusion

En résumé, le respect des obligations fiscales constitue un pilier fondamental pour toute entreprise souhaitant exercer sereinement son activité en France. De l’imposition des bénéfices aux impôts locaux, en passant par la TVA et les obligations comptables, chaque aspect mérite une attention particulière.

Les manquements peuvent entraîner des pénalités importantes ou des contrôles fiscaux, d’où l’intérêt de maîtriser ces règles. Pour en savoir plus et bénéficier d’un accompagnement personnalisé, rendez-vous sur defendstesdroits.fr.

FAQ :

1. Quelles sont les principales obligations fiscales d'une entreprise ?
Les entreprises, qu'elles soient individuelles ou sociétaires, doivent respecter plusieurs obligations fiscales. Elles doivent notamment déclarer leurs bénéfices et s’acquitter des impôts correspondants, tels que l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS). Elles doivent également respecter les obligations en matière de TVA, produire les déclarations fiscales nécessaires et, selon leur situation, régler des taxes locales comme la cotisation foncière des entreprises (CFE) ou la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Ces formalités s’accompagnent d’obligations comptables précises, comme la tenue d’une comptabilité complète pour justifier les résultats déclarés.

2. Quelle est la différence entre l’impôt sur les sociétés (IS) et l’impôt sur le revenu (IR) ?
L’impôt sur les sociétés (IS) s’applique directement aux bénéfices réalisés par l’entreprise et est prélevé à un taux fixe de 25 %. En revanche, l’impôt sur le revenu (IR) impose les bénéfices directement au nom des associés ou de l’exploitant individuel, selon leur part dans les bénéfices. Le choix entre l’IS et l’IR dépend de la forme juridique de l’entreprise : par exemple, les sociétés comme les SARL ou SAS relèvent de l’IS, tandis que les entreprises individuelles sont souvent soumises à l’IR.

3. Quelles taxes locales les entreprises doivent-elles payer ?
Les entreprises peuvent être redevables de la contribution économique territoriale (CET), qui comprend la CFE (cotisation foncière des entreprises) et, selon le chiffre d’affaires, la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises). De plus, si une entreprise est propriétaire de biens immobiliers, elle doit s'acquitter des taxes foncières sur les propriétés bâties ou non bâties, sauf cas d’exonérations spécifiques. Par exemple, certains bâtiments agricoles bénéficient d'une exonération en vertu de l'article 1382 du Code général des impôts.

4. Quelles sont les obligations comptables selon le régime fiscal de l’entreprise ?
Les obligations comptables varient selon le régime fiscal applicable :

  • Pour le régime micro : une comptabilité simplifiée est suffisante, avec uniquement un suivi des recettes et dépenses.
  • Pour le régime réel simplifié : la tenue d’une comptabilité de trésorerie est requise, avec un ajustement annuel pour les créances et dettes.
  • Pour le régime réel normal : une comptabilité complète est obligatoire, incluant un bilan, un compte de résultat et des annexes. Ces documents doivent être conservés et présentés en cas de contrôle fiscal, conformément aux articles L123-12 et suivants du Code de commerce.

5. Que risque une entreprise en cas de non-respect de ses obligations fiscales ?
En cas de manquement à ses obligations fiscales, une entreprise s’expose à des pénalités financières, incluant des majorations et des intérêts de retard. De plus, l’administration fiscale peut initier un contrôle fiscal pour vérifier la conformité des déclarations et des paiements. Le délai pendant lequel l’administration peut agir, appelé délai de reprise, est généralement de trois ans, mais peut aller jusqu’à six ans en cas de fraude avérée.

Ces informations sont essentielles pour comprendre vos droits et obligations. Rendez-vous sur defendstesdroits.fr pour des conseils adaptés à votre situation.

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