Depuis le 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu est directement prélevé à la source, ce qui signifie que l’administration fiscale récupère une partie de l’impôt au moment du versement du salaire.
Cette réforme a pour objectif d’adapter l’imposition aux revenus réels des contribuables et de simplifier leur gestion fiscale. Comment fonctionne ce mécanisme ? Quels revenus sont concernés ? Quel taux s’applique et comment le modifier ? Décryptage.
L’instauration du prélèvement à la source (PAS) est une obligation légale imposée par l’article 204 A du Code général des impôts (CGI). Ce système vise notamment à éviter les décalages entre la perception des revenus et le paiement de l’impôt, tout en limitant les risques de fraude fiscale.
Le prélèvement intervient au moment du versement du salaire. L’impôt est directement retenu par l’employeur, qui agit en tant que collecteur d’impôt et reverse les sommes prélevées à l’administration fiscale via la déclaration sociale nominative (DSN).
Le montant de l’impôt est basé sur le taux de prélèvement communiqué par l’administration fiscale, qui peut être personnalisé ou neutre.
Le prélèvement à la source s’applique aux revenus suivants :
En revanche, certains revenus ne sont pas concernés par le PAS, notamment :
L’employeur joue un rôle central dans la collecte de l’impôt mais n’a pas accès aux détails de la situation fiscale du salarié. Il applique simplement le taux communiqué par l’administration fiscale et ne peut ni le modifier ni en demander la justification.
📌 À savoir : Si le contribuable ne souhaite pas que son employeur ait connaissance de son taux personnalisé, il peut opter pour un taux neutre (article 204 H du CGI).
À compter du 1er mai 2025, la loi de finances pour 2025 prévoit une augmentation de 1,8 % des tranches du taux neutre appliqué au prélèvement à la source. Cette mise à jour vise à tenir compte de l’inflation et à ajuster les seuils d’imposition pour éviter qu’une simple augmentation de salaire ne se traduise par un impôt disproportionné.
Le taux neutre, également appelé taux par défaut, est utilisé lorsque le contribuable ne souhaite pas que son employeur connaisse son taux d’imposition personnalisé. Ce taux est calculé comme si le salarié était célibataire et sans enfant, sans prendre en compte d’éventuelles autres sources de revenus.
Toutefois, en période d’inflation, il est nécessaire de réévaluer les tranches de revenus associées au taux neutre pour que l’imposition demeure équitable. Cette revalorisation permet d’éviter une taxation excessive pour certains contribuables et d’ajuster l’impôt à l’évolution des salaires.
Dès le 1er mai 2025, les seuils de revenus des tranches du taux neutre seront modifiés de la manière suivante :
À noter : Cette revalorisation n’impacte que les contribuables ayant opté pour le taux neutre. Pour ceux ayant un taux personnalisé, le calcul de l’impôt restera basé sur leur situation fiscale individuelle et les revenus déclarés lors de la dernière imposition.
Le taux de prélèvement à la source n’est pas figé : il peut être modifié afin de mieux correspondre à l’évolution de la situation fiscale du contribuable. Deux principaux motifs permettent d’ajuster ce taux :
Lorsqu’un événement familial majeur survient, le contribuable a l’obligation de signaler ce changement à l’administration fiscale afin que le taux de prélèvement soit recalculé. Ces événements incluent :
📌 Délai impératif : Toute modification liée à un changement de situation familiale doit être déclarée dans un délai de 60 jours sur le site des impôts.
Le prélèvement à la source repose sur l’anticipation des revenus du contribuable. Toutefois, en cas de fluctuation importante des ressources perçues, il est possible de demander une modulation du taux d’imposition afin d’éviter un écart trop important entre l’impôt prélevé et l’impôt réellement dû. Cette modulation peut être :
📌 Attention : Une modulation à la baisse du taux de prélèvement n’est acceptée par l’administration fiscale que si l’impôt recalculé est inférieur d’au moins 10 % à l’impôt estimé initialement.
Toute demande de modification doit être effectuée en ligne, via l’espace personnel sur impots.gouv.fr. Une fois la demande validée, le nouveau taux est transmis à l’employeur sous un délai de deux mois et s’applique aux revenus suivants.
👉 Bien anticiper ces ajustements permet d’éviter les mauvaises surprises lors de la déclaration annuelle des revenus et d’optimiser la gestion de sa trésorerie personnelle.
Le prélèvement à la source a profondément modifié le mode de collecte de l’impôt sur le revenu en le rendant plus souple et mieux adapté aux variations de revenus. Il repose sur un mécanisme automatisé, dans lequel l’employeur joue un rôle de collecteur, sans pour autant avoir accès aux informations fiscales détaillées du salarié.
Les contribuables disposent de plusieurs options pour choisir ou ajuster leur taux d’imposition, notamment en fonction de leur situation familiale ou financière. L’adaptation du taux en temps réel permet d'éviter les mauvaises surprises lors de la déclaration annuelle des revenus.
Enfin, avec l’évolution des grilles du taux neutre prévue en mai 2025, il est essentiel de rester informé des dernières modifications fiscales afin d’optimiser sa gestion budgétaire. Pour toute question ou démarche, il est conseillé de consulter directement l’administration fiscale ou un conseil juridique compétent.
Le prélèvement à la source (PAS) consiste à prélever l’impôt sur le revenu directement sur les salaires, pensions de retraite, allocations chômage et revenus assimilés, au moment de leur versement. L’objectif est d’éviter le décalage entre la perception des revenus et le paiement de l’impôt, rendant ainsi la fiscalité plus souple et réactive aux variations de revenus.
Le montant prélevé est calculé en appliquant un taux d’imposition déterminé par l’administration fiscale. Ce taux est directement communiqué à l’employeur, qui est chargé de collecter l’impôt et de le reverser au fisc via la déclaration sociale nominative (DSN).
Certains revenus échappent toutefois à ce système, notamment les revenus fonciers, les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values immobilières, qui restent soumis à des régimes d’imposition spécifiques.
Trois types de taux d’imposition peuvent s’appliquer dans le cadre du prélèvement à la source :
📌 Bon à savoir : À compter du 1er mai 2025, les tranches du taux neutre seront revalorisées de 1,8 % pour tenir compte de l’inflation.
Oui, un contribuable peut demander la modification de son taux de prélèvement à la source dans certaines situations, notamment en cas de changement de situation familiale ou de variation importante des revenus.
📌 Attention : La modulation à la baisse n’est acceptée que si l’impôt recalculé est inférieur d’au moins 10 % à l’impôt initialement estimé.
Le montant du prélèvement à la source est déterminé par l’application du taux d’imposition sur l’assiette imposable, qui correspond aux revenus perçus après déduction des cotisations sociales obligatoires mais avant l’application des frais professionnels.
En pratique :
Pour les travailleurs indépendants et les bénéficiaires de revenus fonciers, le prélèvement se fait sous forme d’acomptes mensuels ou trimestriels, calculés en fonction des revenus déclarés l’année précédente.
📌 Bon à savoir : Si le contribuable estime que ses revenus ont baissé de manière significative, il peut demander une modulation de l’acompte afin d’éviter un paiement excessif d’impôts.
Si le montant prélevé à la source est supérieur à l’impôt réellement dû, l’administration fiscale effectuera un remboursement automatique après la déclaration annuelle des revenus.
À l’inverse, si les prélèvements réalisés au cours de l’année sont insuffisants, le contribuable devra s’acquitter du solde restant en une ou plusieurs échéances, généralement à partir de septembre de l’année suivante.
📌 En cas d’erreur de prélèvement, il est recommandé de :
👉 Bien gérer son prélèvement à la source permet d’éviter des régularisations importantes et d’optimiser sa fiscalité tout au long de l’année.