En principe, tout contrat de travail devrait être formalisé par écrit afin d’assurer la sécurité juridique des relations entre l’employeur et le salarié. Pourtant, il arrive qu’un contrat de travail oral soit conclu, notamment lorsque les parties n’ont pas formalisé leur accord par écrit.
Si ce type de contrat est autorisé dans certains cas, il pose néanmoins un problème majeur en cas de litige, notamment en ce qui concerne la preuve de l’existence de la relation de travail. Comment faire valoir ses droits en l’absence d’un écrit ? Quels sont les recours possibles ?
Le Code du travail reconnaît la validité d’un contrat de travail verbal pour les contrats à durée indéterminée (CDI) à temps plein. L’article L1221-1 du Code du travail précise que le contrat de travail est soumis aux règles du droit commun et peut être établi sous n’importe quelle forme choisie par les parties.
Toutefois, certains contrats nécessitent impérativement un écrit, notamment :
Lorsque le contrat n’est pas écrit, il est présumé être un CDI à temps plein (Cass. soc., 24 juin 1998, n° 96-40.239). L’employeur est toutefois tenu de remettre au salarié une déclaration préalable à l’embauche (DPAE), document essentiel pour prouver l’existence d’une relation de travail.
Même si aucun document écrit ne formalise l’embauche, l’employeur doit obligatoirement respecter les règles du droit du travail, notamment :
Le Conseil de prud’hommes peut reconnaître l’existence d’un contrat de travail en se basant sur plusieurs éléments de preuve. Selon la jurisprudence de la Cour de cassation, quatre critères doivent être réunis pour caractériser un contrat de travail :
Lorsqu’un salarié souhaite faire reconnaître l’existence d’un contrat de travail oral, il peut fournir plusieurs types de preuves :
L’article 1353 du Code civil (ancien article 1315) précise que c’est au salarié de prouver l’existence de son contrat de travail. Cependant, en cas de doute, la jurisprudence a souvent tendance à favoriser le salarié.
Si l’employeur conteste l’existence du contrat ou refuse de respecter les obligations du contrat oral, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes pour obtenir la reconnaissance de la relation de travail et demander :
La saisine du Conseil de prud’hommes doit être effectuée dans un délai de 2 ans (article L1471-1 du Code du travail) pour les réclamations liées au contrat de travail.
Lorsqu’un contrat de travail écrit est exigé par la loi mais que l’employeur ne le fournit pas, il s’expose à des sanctions financières et juridiques pouvant avoir de lourdes conséquences. Ces sanctions varient selon la nature du contrat et la gravité du manquement.
L’absence d’un contrat écrit pour certains types de contrats entraîne automatiquement des sanctions financières :
Si l’employeur n’a pas déclaré le salarié aux organismes sociaux, il peut être poursuivi pour travail dissimulé, une infraction lourdement sanctionnée :
Le travail dissimulé peut être caractérisé dès lors que l’employeur omet de rédiger un contrat écrit pour un CDD ou un contrat de travail temporaire ou encore s’il ne fournit pas de bulletins de paie.
Lorsqu’un contrat de travail écrit est exigé mais que l’employeur ne l’a pas établi, le salarié peut demander la requalification de son contrat en CDI. Cette requalification peut être prononcée par le Conseil de prud’hommes, avec plusieurs conséquences pour l’employeur :
En cas de litige, c’est à l’employeur de prouver la nature de la relation de travail. Sans contrat écrit, le Conseil de prud’hommes aura tendance à interpréter la situation en faveur du salarié et à considérer que celui-ci est embauché en CDI à temps plein. Cette requalification peut alourdir considérablement la charge financière pour l’entreprise, notamment en cas de rupture de contrat ou de contentieux salarial.
Ainsi, pour éviter tout risque juridique et financier, il est impératif que l’employeur formalise chaque embauche par un contrat écrit, en conformité avec la législation en vigueur.
En l’absence d’un contrat de travail écrit, un contrat de travail oral reste valable sous certaines conditions, mais il expose le salarié et l’employeur à des risques en cas de litige. La preuve de l’existence du contrat repose principalement sur les éléments matériels et la jurisprudence, qui tend à protéger les droits du salarié.
En cas de conflit, le Conseil de prud’hommes peut être saisi pour faire reconnaître la relation de travail et sanctionner l’employeur en cas de manquement à ses obligations. Pour éviter toute ambiguïté et garantir la sécurité juridique des parties, il est fortement recommandé d’établir un contrat de travail écrit dès l’embauche.
Oui, un contrat de travail oral est parfaitement légal en France dans certaines conditions. Selon l’article L1221-1 du Code du travail, un contrat de travail peut être établi sous n'importe quelle forme, écrite ou verbale. Cependant, il est automatiquement présumé être un CDI à temps plein lorsqu’aucun écrit ne formalise la relation de travail.
Toutefois, certains contrats nécessitent obligatoirement un écrit, notamment :
Si l’employeur n’a pas établi d’écrit pour ces contrats, le salarié peut demander la requalification du contrat en CDI auprès du Conseil de prud’hommes.
La preuve de l’existence d’un contrat de travail repose sur plusieurs éléments concrets. La jurisprudence a établi que quatre critères permettent d’attester d’un contrat de travail :
Le salarié peut fournir des preuves matérielles (contrats de mission, échanges de courriers, messages électroniques) ou des témoignages d’autres employés attestant de la relation de travail. En cas de doute, la jurisprudence a tendance à protéger le salarié, notamment lorsqu’il prouve avoir exercé un emploi régulier sans contrat écrit.
L’absence d’un contrat écrit obligatoire expose l’employeur à des sanctions financières et pénales. Selon la nature du contrat, les risques sont les suivants :
En cas de litige, l’employeur peut aussi être contraint de requalifier le contrat en CDI, ce qui peut entraîner :
L’absence d’écrit complique également la défense de l’employeur devant les Prud’hommes, car c’est à lui de prouver qu’aucun contrat de travail n’existe.
Si un litige survient à cause d’un contrat de travail oral, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes pour faire valoir ses droits. La procédure se déroule en plusieurs étapes :
Le délai pour agir est de 2 ans pour toute action relative à l’exécution du contrat de travail.. En cas de licenciement abusif, le salarié peut demander des dommages et intérêts.
Oui, un salarié sans contrat écrit peut réclamer des indemnités de licenciement s’il parvient à prouver l’existence de son contrat de travail. En cas de rupture abusive, plusieurs compensations peuvent être demandées :
Si le salarié n’a pas été déclaré par l’employeur, ce dernier risque également une sanction pour travail dissimulé. Dans ce cas, l’indemnité minimale due au salarié est de 6 mois de salaire.
Dans tous les cas, le salarié peut obtenir la requalification de son contrat en CDI et exiger le paiement des arriérés de salaires et cotisations sociales non versées.