Le droit au logement décent est un principe fondamental du droit français. Pourtant, de nombreux locataires se retrouvent contraints de vivre dans des logements insalubres, mettant en péril leur santé et leur sécurité. Face à cette situation, la loi impose aux bailleurs de proposer un logement conforme aux normes minimales d'habitabilité.
L’insalubrité est strictement encadrée par le Code de la santé publique et le Code de la construction et de l’habitation, qui définissent les critères permettant de qualifier un logement d’indigne et d’engager la responsabilité du propriétaire.
Quels sont les critères d’un logement insalubre ? Quels sont les recours possibles pour un locataire victime de telles conditions de vie ?
Un logement insalubre est un habitat qui présente un danger grave pour la santé et la sécurité de ses occupants. Il s'agit d'un logement dont l'état compromet la salubrité publique, en raison de dégradations avancées pouvant engendrer des risques sanitaires et des accidents domestiques.
La définition légale du logement insalubre est posée par l'article L. 1331-22 du Code de la santé publique, qui précise que l'occupation de locaux insalubres est interdite dès lors qu'ils mettent en péril la santé ou la sécurité des occupants.
Cette interdiction repose sur une appréciation objective des conditions de vie offertes par le logement, évaluées selon des critères précis : présence d'humidité excessive, absence de ventilation, équipements dangereux, infestations de nuisibles, risques d'effondrement.
Toutefois, l’insalubrité ne doit pas être confondue avec la notion de logement indécent, qui vise des conditions de vie ne respectant pas les normes minimales de confort et de sécurité.
Selon l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, un logement doit permettre une occupation digne et normale, ce qui signifie qu’il doit être clos, couvert, exempt de risques manifestes et doté des équipements nécessaires.
Le décret du 30 janvier 2002 détaille les critères permettant de qualifier un logement d'indécent : absence de chauffage, installation électrique défectueuse, absence d'eau potable ou de sanitaires, etc.
Un logement indécent peut faire l'objet d'une mise en conformité exigée par le locataire, mais il n’est pas automatiquement insalubre. En revanche, l'insalubrité implique une atteinte grave à la santé ou à la sécurité, nécessitant une intervention des pouvoirs publics et pouvant aboutir à un arrêté d'insalubrité rendant le logement inhabitable.
Un logement est qualifié d’insalubre lorsqu’il met gravement en danger la santé ou la sécurité de ses occupants. L’insalubrité résulte d’une dégradation avancée, rendant l’habitation impropre à l’usage d’un logement décent.
Plusieurs critères objectifs permettent d’identifier l'insalubrité d’un logement :
Un logement remplissant ces critères ne peut être loué légalement, et son propriétaire est tenu de procéder aux travaux nécessaires avant toute mise en location. Tout manquement à cette obligation expose le bailleur à des sanctions légales, notamment l’interdiction de percevoir des loyers.
Un bailleur a l’obligation de louer un logement décent, garantissant la sécurité et la santé de ses occupants. Cette obligation implique que le logement doit être exempt de risques manifestes, disposer d’installations conformes aux normes sanitaires et électriques et permettre une occupation normale. Lorsqu’un logement est insalubre, plusieurs recours sont ouverts au locataire pour faire valoir ses droits.
Le locataire peut mettre en demeure le bailleur d’effectuer les travaux nécessaires pour rendre le logement conforme aux normes d’habitabilité. Cette demande peut être faite par lettre recommandée avec accusé de réception, en rappelant l’obligation légale du propriétaire et en mentionnant les articles du Code de la santé publique et du Code de la construction et de l’habitation justifiant l’intervention.
Si le propriétaire refuse ou tarde à agir, le locataire peut :
Lorsque le logement est reconnu comme insalubre par les autorités compétentes, le bailleur est tenu de reloger le locataire à ses frais.
Le relogement doit respecter certaines conditions :
⚠️ Si l’insalubrité est si grave que l’habitation doit être évacuée, les pouvoirs publics peuvent imposer un relogement d’urgence, aux frais du propriétaire ou de la collectivité locale.
Lorsque le logement est insalubre, le locataire peut demander une réduction ou une suspension du loyer jusqu’à la mise en conformité du bien.
⚠️ Il est recommandé d’obtenir une décision judiciaire avant de suspendre totalement le paiement du loyer, afin d’éviter une action en résiliation de bail pour impayés de la part du bailleur.
Lorsqu’un logement est insalubre, la première étape consiste à mettre en demeure le propriétaire de réaliser les travaux nécessaires. Si le bailleur refuse ou tarde à agir, le locataire peut :
Si le préfet constate l’insalubrité, il met en demeure le propriétaire de faire les travaux sous un délai d’un mois (CE, 27 juillet 2005, n° 259111).
Si les démarches administratives n’aboutissent pas, le locataire peut saisir le juge compétent :
Le juge peut ordonner :
En cas de manquement à ses obligations, le bailleur s’expose à :
Si un immeuble entier est insalubre, les autorités peuvent prendre des mesures d’urgence et ordonner l’évacuation des lieux (art. L. 511-1 du Code de la construction et de l’habitation).
Un logement insalubre ne peut être mis en location, et le propriétaire a l’obligation de remédier aux défauts constatés. Lorsqu’un locataire est confronté à une situation d’insalubrité, plusieurs démarches peuvent être engagées : mise en demeure du bailleur, signalement aux autorités, saisine du juge compétent.
La législation prévoit également des sanctions strictes contre les propriétaires qui ne respectent pas leurs obligations, pouvant aller jusqu'à l'interdiction de percevoir les loyers. Face à ces situations, il est essentiel d’agir rapidement pour faire valoir ses droits et obtenir un logement digne et sécurisé.
Un logement insalubre est un habitat qui met gravement en danger la santé ou la sécurité de ses occupants (art. L. 1331-22 du Code de la santé publique). Plusieurs signes caractéristiques permettent de l’identifier :
Un arrêté d'insalubrité peut être pris par les autorités compétentes si le logement remplit ces critères, interdisant son occupation jusqu'à la réalisation des travaux nécessaires.
Le propriétaire d’un logement insalubre est tenu par la loi de proposer un logement décent conforme aux normes d’habitabilité (art. 6 de la loi du 6 juillet 1989). Si le logement est reconnu insalubre, il doit :
En cas de non-respect, le propriétaire risque :
Face à un logement insalubre, un locataire dispose de plusieurs recours :
En cas de danger immédiat, les pouvoirs publics peuvent prendre un arrêté de péril imposant une évacuation immédiate du logement.
Oui, mais sous conditions strictes. Si un arrêté d’insalubrité est pris par les autorités, le bailleur ne peut plus exiger le paiement des loyers jusqu’à la réalisation des travaux (art. L. 521-2 du Code de la construction et de l’habitation).
En l’absence d’arrêté, le locataire peut demander au juge du contentieux et de la protection :
⚠️ Le locataire ne doit pas suspendre son loyer de lui-même sans décision judiciaire, sous peine d’être poursuivi pour impayés et risquer une résiliation de bail.
Si le bailleur ne réalise pas les travaux imposés, plusieurs mesures peuvent être prises :
En dernier recours, les pouvoirs publics peuvent exproprier le propriétaire et réaliser les travaux aux frais de l’État.