Lorsqu’un contrat de travail prend fin, l’employeur doit obligatoirement remettre au salarié plusieurs documents indispensables, parmi lesquels figure l’attestation France Travail, anciennement appelée attestation Pôle emploi. Ce document permet au salarié de faire valoir ses droits à l’allocation chômage.
Pourtant, il arrive fréquemment que certains employeurs tardent à remettre ce document ou omettent purement et simplement de l’établir. Une telle pratique expose l’employeur à divers risques juridiques et financiers prévus expressément par le Code du travail.
Alors, quels sont précisément les délais légaux de remise de cette attestation ? Quels recours sont offerts au salarié, et quelles sanctions peut encourir l’employeur récalcitrant ? Faisons le point sur les règles à respecter impérativement en la matière.
Conformément à l’article R. 1234-9 du Code du travail, l’employeur doit remettre sans délai au salarié les documents afférents à la fin du contrat de travail, notamment l’attestation France Travail. Cette obligation s’applique quelle que soit la cause de rupture :
Cette obligation concerne tout type de contrat (CDI ou CDD) et doit être respectée immédiatement à compter de la date effective de rupture du contrat.
Le non-respect de cette exigence constitue un manquement aux obligations légales de l’employeur susceptible d’engager sa responsabilité.
La remise de l’attestation France Travail ne se limite pas à une simple formalité entre l’employeur et le salarié. Elle implique une double obligation légale : l’attestation doit être transmise à la fois au salarié et à l’administration publique. Cette exigence repose sur l’arrêté du 25 novembre 2015 relatif à la transmission des données aux services publics de l’emploi.
Concrètement :
Cette double transmission est essentielle pour permettre une prise en charge rapide par France Travail et garantir que le salarié puisse ouvrir ses droits à l’allocation chômage sans délai. En effet, si l’administration ne reçoit pas l’attestation dans les temps, elle ne peut pas calculer le montant des droits du salarié ni déclencher les paiements. Le salarié risque alors un blocage administratif, qui peut avoir des conséquences financières et sociales importantes.
Selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation (Cass. soc., 19 février 2014, n° 12-20.591), l’attestation France Travail est considérée comme un document quérable. Autrement dit, l’employeur n’a pas l’obligation légale d’expédier l’attestation directement au domicile du salarié.
Il doit en revanche informer clairement le salarié de la mise à disposition immédiate du document au lieu habituel de travail ou au siège de l’entreprise.
Conseil pratique :
Si vous choisissez tout de même d’envoyer l’attestation par voie postale, il est vivement recommandé d’utiliser une lettre recommandée avec accusé de réception pour disposer d’une preuve en cas de litige futur.
Le défaut de remise de l’attestation peut entraîner des retards préjudiciables au salarié dans le versement de ses allocations chômage, constituant ainsi un préjudice potentiellement réparable.
Lorsqu’un employeur omet de remettre l’attestation France Travail à la fin du contrat, il commet un manquement à ses obligations légales, ouvrant la voie à plusieurs recours juridiques pour le salarié.
En cas de refus ou de retard, le salarié peut :
Cependant, il est essentiel de noter que le préjudice n’est pas présumé :
Conformément à une jurisprudence constante de la Cour de cassation (Cass. soc., 13 avril 2016, n° 14-28.293), le salarié doit prouver de manière concrète que la non-remise ou le retard de l’attestation lui a causé un tort réel.
Exemples de preuves acceptées :
L’article R. 1238-7 du Code du travail prévoit expressément que l’employeur s’expose à une amende pénale de 5ᵉ classe en cas de non-délivrance de l’attestation France Travail au moment de la rupture du contrat. Cette obligation, bien que souvent négligée, est fermement encadrée par la loi, car elle conditionne l’accès aux droits au chômage du salarié.
Le montant de l’amende varie selon la nature de l’employeur :
Il s’agit ici de sanctions pénales, qui peuvent être prononcées par les juridictions compétentes en plus des poursuites civiles engagées par le salarié. En effet, ces amendes peuvent venir s’ajouter à des condamnations prononcées par le Conseil de prud’hommes, telles que :
En pratique, ces sanctions peuvent avoir un impact significatif sur la trésorerie d’une TPE, PME ou même d’un autoentrepreneur. Au-delà de l’aspect pécuniaire, le risque réputationnel ne doit pas être sous-estimé : un litige avec un ancien salarié peut affecter la crédibilité de l’employeur, notamment en cas de contentieux médiatisé ou de mauvaise publicité sur les réseaux professionnels.
Le respect des délais et des modalités de remise de l’attestation France Travail constitue donc une obligation légale stricte pour les employeurs. Ignorer ou tarder à accomplir cette formalité peut exposer l’entreprise à des conséquences importantes : des procédures judiciaires devant le Conseil de prud’hommes, des condamnations à des dommages et intérêts, et même des sanctions pénales pouvant atteindre 7 500 euros d’amende.
Il est ainsi vivement recommandé aux employeurs de remettre systématiquement et sans délai ce document au salarié dès la rupture effective du contrat, afin d’éviter toute contestation et de garantir les droits fondamentaux des salariés concernés.
1. Quel est le délai légal pour remettre l’attestation France Travail au salarié en fin de contrat ?
L’employeur est tenu de remettre sans délai l’attestation France Travail (anciennement attestation Pôle emploi) au salarié dès la fin effective du contrat de travail, quelle que soit la nature de la rupture (licenciement, démission, rupture conventionnelle, fin de CDD…). Cette obligation est imposée par l’article R. 1234-9 du Code du travail.
Il n’existe pas de délai de plusieurs jours : la remise doit être immédiate, le jour même de la rupture du contrat. En pratique, tout retard, même de quelques jours, peut retarder l’ouverture des droits au chômage pour le salarié et exposer l’employeur à des sanctions civiles ou pénales.
Le document fait partie des pièces obligatoires à fournir avec le certificat de travail et le reçu pour solde de tout compte.
2. À qui l’attestation France Travail doit-elle être transmise et comment ?
L’employeur doit respecter une double obligation :
3. L’attestation France Travail doit-elle être envoyée automatiquement par courrier au salarié ?
Non. La jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. soc., 19 février 2014, n° 12-20.591) qualifie l’attestation de document « quérable », ce qui signifie que l’employeur n’est pas tenu de l’envoyer de sa propre initiative.
En revanche, il a l’obligation de :
4. Quels sont les recours du salarié si l’attestation ne lui est pas remise ?
Si l’employeur refuse ou tarde à remettre l’attestation France Travail, le salarié peut engager :
5. Quelles sanctions encourt l’employeur en cas de non-remise ou de retard dans la remise de l’attestation France Travail ?
L’article R. 1238-7 du Code du travail prévoit une amende de 5ᵉ classe pour l’employeur en cas de manquement à l’obligation de délivrance de l’attestation.
Les sanctions sont les suivantes :