Les achats en ligne se multiplient, mais les escroqueries et tromperies se développent également. Produits non livrés, articles défectueux, sites frauduleux… De nombreux consommateurs se retrouvent démunis après avoir été trompés ou arnaqués lors d’un achat sur Internet.
Pourtant, la loi offre plusieurs recours efficaces pour obtenir un remboursement et agir contre les vendeurs malhonnêtes. Quels sont vos droits en cas d’arnaque en ligne ? Quelles démarches entreprendre pour récupérer votre argent ?
L’acheteur bénéficie d’un délai de 14 jours pour exercer son droit de rétractation, conformément à l’article L221-18 du Code de la consommation. Il peut retourner le produit sans justification et obtenir un remboursement intégral dans un délai de 14 jours après réception du retour .
➡ Exception : Le droit de rétractation ne s’applique pas aux produits personnalisés, biens périssables ou contenus numériques déjà consommés.
Un produit reçu qui est défectueux, non conforme à la description ou inutilisable peut être couvert par la garantie légale de conformité. L’acheteur a deux ans pour réclamer :
Si le produit comporte un défaut non apparent au moment de l’achat, qui le rend impropre à l’usage prévu, l’acheteur peut invoquer la garantie des vices cachés. Ce recours permet :
Ce recours est possible jusqu’à 2 ans après la découverte du vice.
Si l’acheteur a été intentionnellement trompé (fausse publicité, mensonge sur l’état du produit, site frauduleux...), il peut invoquer le dol. Ce recours permet :
Le vendeur peut aussi être poursuivi pour pratique commerciale trompeuse et encourt des sanctions pénales.
Si le vendeur n’a pas livré la commande dans un délai de 30 jours, l’acheteur peut lui adresser une mise en demeure pour qu’il s’exécute sous un délai supplémentaire raisonnable .
Si la livraison n’a toujours pas lieu, il peut résilier la commande et demander un remboursement intégral.
Avant d’engager des démarches plus lourdes, l’acheteur doit tenter une résolution amiable du litige en contactant directement le vendeur. Il est recommandé d’envoyer une lettre de mise en demeure par courrier recommandé avec accusé de réception pour demander le remboursement du produit ou du service concerné. Cette lettre doit inclure :
Si le vendeur ne répond pas ou refuse de rembourser, l’acheteur pourra alors entamer des démarches plus contraignantes.
Si l’acheteur constate une fraude ou une arnaque avérée, il peut contester le paiement effectué par carte bancaire en contactant sa banque. En vertu de l’article L133-18 du Code monétaire et financier, l’acheteur peut faire opposition si le paiement a été réalisé frauduleusement (usurpation d’identité, site frauduleux…).
Certaines banques proposent également un service de "chargeback", permettant d’annuler la transaction et d’être remboursé. Ce dispositif, principalement utilisé pour les paiements par carte Visa ou Mastercard, est particulièrement efficace pour les achats en ligne où l’acheteur n’a pas reçu le produit ou si celui-ci est nettement différent de la description.
➡ Bon à savoir : Les délais pour contester un paiement varient selon la banque, mais il est préférable d’agir dans les 13 mois suivant la transaction pour maximiser les chances de récupération des fonds.
Lorsqu’un vendeur est malhonnête ou que le site s’avère frauduleux, il est essentiel de signaler l’escroquerie aux autorités compétentes pour éviter que d’autres consommateurs ne soient victimes. Plusieurs organismes peuvent être saisis :
➡ Bon à savoir : Si le vendeur est basé dans un pays étranger, il est possible de contacter le Centre Européen des Consommateurs (CEC) ou Interpol pour les fraudes à grande échelle.
Si aucune solution amiable n’aboutit et que le vendeur refuse de coopérer, l’acheteur peut saisir la justice pour exiger un remboursement. Selon le montant du litige, plusieurs options sont possibles :
➡ Bon à savoir : En cas de litige avec un site situé en dehors de l’Union Européenne, il est recommandé de vérifier si une juridiction française est compétente en fonction des conditions générales du site ou de contacter une association internationale de consommateurs.
Face à une arnaque en ligne, chaque minute compte. Plus l’acheteur agit vite, plus il a de chances de récupérer son argent et de faire condamner les fraudeurs.
Utiliser les recours légaux disponibles, signaler les abus aux autorités et saisir la justice si nécessaire permettent de protéger ses droits et d’éviter que d’autres consommateurs ne subissent la même escroquerie.
Face à une arnaque en ligne, plusieurs solutions permettent d'obtenir réparation : exercer son droit de rétractation, invoquer les garanties légales, contester un paiement, saisir la justice…
Chaque situation dispose d'un cadre juridique spécifique qu'il convient d'utiliser avec méthode. En réagissant rapidement et en mobilisant les outils juridiques à votre disposition, vous pouvez non seulement obtenir un remboursement, mais aussi faire condamner les vendeurs frauduleux.
Si votre commande n’a pas été livrée dans les 30 jours suivant l’achat, le vendeur est en manquement à son obligation de livraison. Dans ce cas, vous devez :
Oui, plusieurs garanties légales protègent l’acheteur en ligne :
➡ Bon à savoir : Si le vendeur refuse d’appliquer ces garanties, vous pouvez porter plainte pour pratique commerciale trompeuse.
Si vous avez payé par carte bancaire, vous pouvez :
➡ Astuce : Conservez toutes les preuves (facture, échanges avec le vendeur, captures d’écran) pour renforcer votre dossier.
Si vous êtes victime d’une escroquerie en ligne, il est essentiel de signaler le site pour éviter que d’autres consommateurs ne soient victimes. Vous pouvez :
➡ Bon à savoir : Certains sites frauduleux ferment rapidement après avoir escroqué plusieurs personnes. Plus vous agissez vite, plus vous avez de chances de récupérer votre argent.
Si le vendeur ne répond pas ou refuse de vous rembourser malgré vos demandes écrites, plusieurs options s’offrent à vous :
➡ Astuce : Dans certains cas, une simple mise en demeure bien rédigée suffit à faire réagir le vendeur, car il sait qu’il risque des poursuites judiciaires s’il persiste dans son refus.