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Plan d’épargne salariale : comment optimiser vos gains et vos placements ?

Estelle Marant
Collaboratrice
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Épargne salariale : fonctionnement, avantages et dispositifs expliqués

L’épargne salariale est un dispositif mis en place par les entreprises pour associer les salariés à leurs performances économiques et leur permettre de se constituer une épargne dans un cadre avantageux sur le plan fiscal et social.

Destinée à encourager l’implication des salariés, elle prend plusieurs formes : intéressement, participation, plans d’épargne salariale (PEE, PER) et prime de partage de la valeur.

Depuis le 1er janvier 2025, une expérimentation impose aux entreprises de 11 à 49 salariés remplissant certaines conditions de mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Comment fonctionne l’épargne salariale ? Quels sont ses avantages pour les salariés et les employeurs ? Quels sont les mécanismes de versement et de déblocage ?

Sommaire

  1. Qu'est-ce que l'épargne salariale et quels sont ses objectifs ?
  2. Expérimentation du partage de la valeur pour les entreprises de 11 à 49 salariés
  3. Intéressement et participation : comment ça fonctionne ?
  4. Plans d’épargne salariale : PEE et PER
  5. Prime de partage de la valeur (PPV) et plan de partage de la valorisation de l’entreprise
  6. Déblocage et récupération des sommes épargnées
  7. Conclusion
  8. FAQ

Qu'est-ce que l'épargne salariale et quels sont ses objectifs ?

L’épargne salariale est un dispositif permettant aux salariés de se constituer une épargne grâce à des primes issues des performances de l’entreprise. Ce mécanisme repose sur un partage de la valeur entre l’employeur et les salariés, favorisant ainsi leur motivation et leur engagement dans le développement de l’entreprise.

Ce système peut être mis en place sous différentes formes, notamment :

  • L’intéressement : il repose sur des critères de performance et est facultatif.
  • La participation : obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, elle permet aux salariés de bénéficier d’une partie des bénéfices de l’entreprise.
  • Les plans d’épargne salariale (PEE et PER) : ils offrent des solutions de placement à moyen ou long terme avec des avantages fiscaux.
  • La prime de partage de la valeur (PPV) : elle remplace la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat et peut être mise en place de manière facultative sous certaines conditions.

Expérimentation du partage de la valeur pour les entreprises de 11 à 49 salariés

Depuis le 1er janvier 2025, une expérimentation nationale a été mise en place pour une durée de cinq ans afin d’encourager les entreprises de 11 à 49 salariés à mieux redistribuer les bénéfices réalisés. Ce dispositif concerne exclusivement les entreprises ayant dégagé un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % pendant trois années consécutives.

Avant cette réforme, ces entreprises n’étaient pas tenues de mettre en place un mécanisme de partage des bénéfices, sauf si elles y consentaient volontairement. Désormais, celles qui remplissent les critères sont obligées d’instaurer un dispositif d’épargne salariale, qui peut prendre plusieurs formes :

  • Un accord d’intéressement : permettant de redistribuer une prime aux salariés en fonction de la performance ou des résultats de l’entreprise.
  • Un plan de participation : obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, mais désormais encouragé pour celles de 11 à 49 salariés dans le cadre de cette expérimentation. Il garantit aux salariés une part des bénéfices selon une formule légale de calcul.
  • Une prime de partage de la valeur (PPV) : un dispositif de rémunération supplémentaire défiscalisée, versé sous certaines conditions et pouvant être modulé en fonction de critères spécifiques.
  • Un plan d’épargne salariale (PEE ou PER) : permettant aux salariés de capitaliser leurs primes dans un cadre fiscalement avantageux et de se constituer une épargne à moyen ou long terme.

L’objectif principal de cette expérimentation est de pérenniser et généraliser le partage de la valeur au sein des petites et moyennes entreprises, qui représentent une part importante du tissu économique français. En imposant ces mécanismes, le législateur entend :

  • Renforcer l’engagement des salariés en les associant aux résultats de l’entreprise.
  • Améliorer la répartition des richesses générées par les performances économiques.
  • Encourager l’épargne à long terme en incitant les salariés à investir leurs primes dans des supports sécurisés et avantageux.

Cette expérimentation est suivie de près par les pouvoirs publics et pourrait, en cas de résultats positifs, être étendue ou pérennisée au-delà des cinq années initialement prévues.

Intéressement et participation : comment ça fonctionne ?

L’intéressement

L’intéressement est un dispositif facultatif permettant aux entreprises de verser à leurs salariés une prime liée aux performances de l’entreprise. Il repose sur un accord collectif, dont le contenu doit préciser :

  • La formule de calcul retenue
  • Les critères de répartition (répartition uniforme, proportionnelle aux salaires ou à la durée de présence)
  • Les modalités de versement et d’affectation des sommes perçues

L’intéressement bénéficie d’une exonération de cotisations sociales et, s’il est placé sur un plan d’épargne salariale, il est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite de 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale.

La participation

La participation aux bénéfices est un dispositif obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés. Elle permet de redistribuer aux salariés une partie du bénéfice net fiscal de l’entreprise selon une formule de calcul légale.

Les entreprises doivent conclure un accord de participation, qui fixe notamment :

  • La formule de calcul de la réserve spéciale de participation
  • La répartition des sommes entre les salariés
  • La durée de blocage des fonds, généralement cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé

En l’absence d’accord, la participation est bloquée huit ans.

Plans d’épargne salariale : PEE et PER

Les sommes issues de l’épargne salariale peuvent être placées dans :

  • Un Plan d’épargne entreprise (PEE) : il permet d’acquérir des valeurs mobilières avec l’aide de l’entreprise et offre une exonération d’impôt après cinq ans de détention.
  • Un Plan d’épargne retraite (PER) : il permet une épargne à long terme, récupérable à la retraite sous forme de capital ou de rente viagère.

Les versements sur ces plans peuvent être abondés par l’employeur, ce qui constitue un avantage supplémentaire pour le salarié.

Prime de partage de la valeur (PPV) et plan de partage de la valorisation de l’entreprise

La prime de partage de la valeur

La PPV, mise en place dans le cadre de l’expérimentation de 2025, est une prime facultative versée aux salariés. Elle bénéficie d’une exonération fiscale et sociale, sous conditions. Toutefois, elle ne doit pas remplacer des augmentations de salaire ou des primes existantes.

Le plan de partage de la valorisation de l’entreprise

Le PPVE est un dispositif permettant aux salariés de percevoir une prime en cas d’augmentation de la valeur de l’entreprise sur trois ans. Il est soumis à une condition d’ancienneté et ne peut excéder 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale.

Déblocage et récupération des sommes épargnées

Les sommes placées dans un plan d’épargne salariale sont en principe bloquées pour une durée de cinq ans (PEE) ou jusqu’à la retraite (PER). Toutefois, plusieurs cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi, notamment :

  • Mariage ou PACS
  • Naissance ou adoption d’un troisième enfant
  • Acquisition ou rénovation de la résidence principale
  • Cessation du contrat de travail
  • Invalidité ou décès du salarié ou de son conjoint

Le salarié peut choisir de percevoir immédiatement certaines sommes (notamment la participation) ou de les placer sur un PEE ou un PER pour bénéficier d’une exonération fiscale.

Conclusion

L’épargne salariale constitue un levier essentiel pour favoriser l’implication des salariés dans la réussite de leur entreprise tout en leur permettant de bénéficier d’un complément de rémunération optimisé fiscalement.

Grâce aux différents dispositifs existants, chacun peut adapter son épargne à ses besoins immédiats ou à des projets à long terme, comme la retraite ou l’acquisition d’un bien immobilier. Pour les entreprises, c’est un outil stratégique de fidélisation et de motivation des collaborateurs. Il est donc essentiel de bien comprendre les mécanismes et les opportunités offertes par ces dispositifs afin d’en tirer le meilleur avantage.

FAQ

1. Qu’est-ce que l’épargne salariale et quels sont ses avantages ?

L’épargne salariale est un dispositif permettant aux salariés de se constituer une épargne à court, moyen ou long terme, financée par des primes issues des bénéfices ou des performances de l’entreprise. Ce mécanisme repose sur plusieurs dispositifs, tels que l’intéressement, la participation, les plans d’épargne salariale (PEE, PER) et la prime de partage de la valeur (PPV).

Les avantages de l’épargne salariale sont nombreux :

  • Un complément de rémunération attractif : les sommes versées par l’employeur viennent en supplément du salaire sans impacter les charges salariales.
  • Un cadre fiscal avantageux : selon le mode de placement, les sommes perçues peuvent être exonérées d’impôt sur le revenu et bénéficier d’une exonération de cotisations sociales (sous certaines conditions).
  • Une incitation à l’épargne à long terme : les salariés peuvent choisir de placer ces primes sur un Plan d’épargne entreprise (PEE) ou un Plan d’épargne retraite (PER) pour les faire fructifier avec des avantages fiscaux.
  • Un levier de fidélisation et de motivation : l’épargne salariale permet aux entreprises de renforcer l’engagement de leurs salariés en les associant aux résultats et à la croissance de l’entreprise.

2. Quelle est la différence entre l’intéressement et la participation ?

L’intéressement et la participation sont deux dispositifs complémentaires, mais avec des fonctionnements distincts :

  • L’intéressement est un dispositif facultatif, mis en place par un accord collectif, qui permet de verser aux salariés une prime indexée sur la performance ou les résultats de l’entreprise. L’employeur peut choisir ses critères de calcul et de répartition (uniforme, proportionnelle aux salaires ou à la durée de présence).
  • La participation est un dispositif obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés. Elle impose le reversement d’une partie des bénéfices aux salariés selon une formule de calcul légale. Elle peut également être mise en place volontairement par les entreprises de moins de 50 salariés.

Les sommes issues de ces deux dispositifs peuvent être versées immédiatement ou placées sur un PEE ou un PER pour bénéficier d’avantages fiscaux.

3. Quelles sont les nouvelles obligations pour les entreprises de 11 à 49 salariés en 2025 ?

Depuis le 1er janvier 2025, une expérimentation de cinq ans impose aux entreprises de 11 à 49 salariés, réalisant un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % pendant trois ans consécutifs, de mettre en place un dispositif de partage de la valeur.

Ces entreprises doivent choisir parmi plusieurs dispositifs :

  • Un accord d’intéressement
  • Un plan de participation
  • Une prime de partage de la valeur (PPV)
  • Un plan d’épargne salariale (PEE ou PER)

Cette mesure vise à favoriser la redistribution des bénéfices aux salariés et à encourager l’épargne à long terme. Les entreprises concernées doivent donc négocier et formaliser ces dispositifs avec leurs salariés ou leurs représentants.

4. Comment récupérer ou débloquer son épargne salariale ?

Les sommes placées dans l’épargne salariale sont en principe bloquées pendant :

  • 5 ans pour un Plan d’épargne entreprise (PEE)
  • Jusqu’à la retraite pour un Plan d’épargne retraite (PER)

Cependant, plusieurs cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi :

  • Mariage ou PACS du salarié
  • Naissance ou adoption du troisième enfant
  • Achat, construction ou rénovation énergétique de la résidence principale
  • Cessation du contrat de travail (licenciement, rupture conventionnelle, départ en retraite, démission pour suivi de conjoint, etc.)
  • Invalidité ou décès du salarié ou de son conjoint
  • Surendettement reconnu par la Banque de France

Le salarié doit faire une demande auprès de l’organisme gestionnaire de son épargne pour obtenir un versement anticipé de ses fonds.

5. Pourquoi choisir un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne retraite (PER) ?

Les salariés peuvent choisir de placer leur épargne salariale sur un Plan d’épargne entreprise (PEE) ou un Plan d’épargne retraite (PER), en fonction de leurs objectifs :

  • Le PEE est idéal pour une épargne à moyen terme (5 ans minimum). Il permet d’investir dans des valeurs mobilières (actions, obligations) et de bénéficier d’une exonération fiscale si les sommes restent bloquées jusqu’à l’échéance.
  • Le PER est destiné à une épargne longue durée, jusqu’à la retraite. Il offre des avantages fiscaux attractifs, notamment une déduction des versements volontaires du revenu imposable.

Ces dispositifs peuvent être abondés par l’employeur, ce qui constitue un levier supplémentaire d’optimisation fiscale et financière pour les salariés.

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