Dans une relation de travail, l’employeur a l’obligation de fournir des missions adaptées aux compétences et aux fonctions du salarié. Pourtant, il arrive que certains employeurs laissent volontairement leurs employés sans tâches à accomplir, voire leur attribuent des missions sans rapport avec leur poste.
Cette situation, souvent assimilée à une mise au placard, peut causer un préjudice moral et financier au salarié. Quels sont alors les recours possibles face à un employeur qui ne respecte pas cette obligation essentielle du contrat de travail ?
Le contrat de travail est fondé sur une relation d’échange : le salarié s’engage à effectuer un travail défini et, en contrepartie, l’employeur doit lui fournir des tâches adaptées à son poste. Bien que le Code du travail ne l’énonce pas expressément, la jurisprudence a reconnu que l’employeur a une obligation impérative de fournir du travail à son salarié (Cass. soc., 3 mai 2012, n° 10-21.396).
L’article 1103 du Code civil établit le principe de force obligatoire du contrat, ce qui signifie que les obligations contractuelles doivent être respectées par les parties. L’article L. 1222-1 du Code du travail impose également une exécution de bonne foi du contrat.
Si l’employeur n’attribue pas de travail ou confie des missions sans rapport avec les qualifications du salarié, cela peut être interprété comme une mise au placard ou une dégradation des conditions de travail, justifiant une action en justice.
Si un employeur ne remplit pas son obligation, le salarié peut :
Avant toute action judiciaire, il est recommandé d’envoyer une mise en demeure à l’employeur afin de lui rappeler son obligation et de lui demander de rétablir une situation conforme au contrat de travail.
Si l’employeur persiste dans son refus, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes, compétent pour régler les litiges individuels du travail.
Procédure :
Si la situation est suffisamment grave, le salarié peut demander au juge la résiliation judiciaire du contrat. Si celle-ci est prononcée, le contrat est considéré comme rompu aux torts exclusifs de l’employeur, ouvrant droit à :
Bien que le recours à un avocat ne soit pas obligatoire, il peut être déterminant pour obtenir gain de cause, notamment si :
L’avocat pourra :
L’absence de fourniture de travail est une faute contractuelle qui peut justifier des sanctions lourdes contre l’employeur. Un salarié confronté à cette situation doit agir rapidement pour préserver ses droits et obtenir une réparation adéquate du préjudice subi.
L’article 1103 du Code civil impose aux parties contractantes de respecter leurs engagements. En matière de droit du travail, cela signifie que l’employeur doit verser le salaire convenu, même s’il ne fournit pas de travail au salarié.
L’article L. 3242-1 du Code du travail précise que la rémunération du salarié doit être versée mensuellement et qu’elle ne peut être suspendue ou diminuée sans motif légal. En d’autres termes, l’employeur ne peut pas refuser de payer un salarié sous prétexte qu’il ne lui attribue aucune tâche.
L’employeur ne peut pas invoquer l’inactivité du salarié pour suspendre son salaire si cette inactivité résulte d’une faute de l’employeur. La jurisprudence a confirmé que la rémunération est due dès lors que le salarié est à la disposition de l’employeur, même en l’absence d’activité effective (Cass. soc., 5 décembre 2012, n° 11-20.985).
Ainsi, si un salarié se présente au travail mais n’a aucune tâche à accomplir, son salaire doit être intégralement maintenu. Seule une cause étrangère au contrat (fermeture de l’entreprise, force majeure, faute du salarié) pourrait justifier une suspension de la rémunération.
Non, la rémunération d’un salarié est protégée par les principes fondamentaux du droit du travail. Une baisse de salaire unilatérale par l’employeur constitue une modification du contrat de travail, nécessitant l’accord express du salarié (Cass. soc., 15 mai 2007, n° 05-45.555).
Si l’employeur tente de réduire ou de suspendre le salaire sans l’accord du salarié, ce dernier peut :
Un employeur qui prive volontairement un salarié de rémunération tout en maintenant le contrat de travail en cours peut être sanctionné pour travail dissimulé. Cette infraction est caractérisée lorsque l’employeur :
Les sanctions pour travail dissimulé sont lourdes :
Si l’employeur refuse de payer un salarié alors qu’il ne lui fournit pas de travail, voici les recours possibles :
L’employeur a une obligation légale de payer le salaire, même en l’absence de missions confiées. Tout manquement à cette règle peut entraîner de lourdes conséquences juridiques pour l’entreprise et donner droit au salarié à une indemnisation devant le Conseil de prud’hommes.
Un employeur qui ne fournit pas de travail à son salarié manque à une obligation fondamentale du contrat de travail et engage ainsi sa responsabilité.
Le salarié peut tenter une conciliation amiable, exiger l’exécution de son contrat ou saisir le Conseil de prud’hommes pour obtenir des dommages-intérêts ou faire reconnaître un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Face à une telle situation, une réaction rapide et adaptée est essentielle pour préserver ses droits et obtenir une issue favorable.
Oui, l’employeur a une obligation contractuelle de fournir un travail adapté au poste et aux qualifications du salarié. Bien que cette obligation ne soit pas expressément mentionnée dans le Code du travail, elle a été reconnue par la jurisprudence (Cass. soc., 3 mai 2012, n° 10-21.396). Cette obligation découle des articles 1103 et 1194 du Code civil, qui imposent le respect des engagements contractuels. L’absence de travail peut être considérée comme une exécution déloyale du contrat, en violation de l’article L. 1222-1 du Code du travail, qui impose une exécution de bonne foi.
Un salarié qui ne reçoit pas de travail peut agir à plusieurs niveaux :
Oui, le salarié peut obtenir des dommages-intérêts s’il prouve que l’absence de travail lui a causé un préjudice. Ce préjudice peut être de plusieurs ordres :
Le salarié dispose d’un délai de 2 ans pour contester l’absence de travail imposée par l’employeur et demander des indemnités ou une résiliation judiciaire du contrat. Ce délai court à partir du moment où le salarié constate le manquement. En cas de prise d’acte de la rupture, il doit saisir le Conseil de prud’hommes sans délai, car la rupture prend effet immédiatement.
Oui, si le salarié cesse de se présenter à son poste sans autorisation, l’employeur peut considérer cette absence comme une faute et engager une procédure disciplinaire. Toutefois, si l’employeur ne fournit aucune tâche et que le salarié est maintenu dans un poste fictif, cela peut être assimilé à une mise au placard, justifiant une action en justice. Il est donc conseillé de formaliser la situation par écrit (courrier recommandé, emails) et de saisir rapidement le Conseil de prud’hommes pour éviter tout risque de sanction disciplinaire.