Lorsqu’un salarié est déclaré inapte par le médecin du travail, il se retrouve dans une situation délicate, où la crainte d’une perte de revenus est légitime. Cette inaptitude, qu’elle soit d’origine professionnelle ou non, entraîne des obligations pour l’employeur et ouvre des droits à indemnisation pour le salarié.
Peut-on percevoir une indemnité temporaire en attendant un reclassement ou un licenciement ?
Quelles compensations financières sont prévues en cas de rupture du contrat de travail ? Le salarié inapte peut-il prétendre à des allocations chômage, une pension d’invalidité ou encore des aides spécifiques ? Cet article vous détaille les différentes solutions pour sécuriser vos revenus, en fonction de votre situation.
Si l’inaptitude résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, le salarié peut bénéficier de l’indemnité temporaire d’inaptitude (ITI), versée par l’Assurance Maladie.
Si, après un mois suivant la visite médicale, l’employeur n’a pas proposé de reclassement ni procédé au licenciement, il est tenu de reprendre le paiement du salaire du salarié inapte.
Point clé : L’employeur ne peut réduire le salaire sous prétexte que le salarié perçoit d’autres prestations (ex. prévoyance) (Cass. soc., 23 mai 2017, n° 15-29.093).
Le licenciement pour inaptitude peut ouvrir droit à des indemnités, dont le montant varie selon l’origine de l’inaptitude :
Si le licenciement est contesté devant le Conseil de prud’hommes, le salarié peut obtenir des dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, encadrés par le barème Macron.
Le salarié licencié pour inaptitude peut percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) sous certaines conditions :
Un salarié inapte peut prétendre à une pension d’invalidité ou à une rente d’incapacité permanente, en fonction de l’origine de son inaptitude et de son taux d’incapacité.
Le salarié inapte peut bénéficier d’une pension d’invalidité si son incapacité de travail atteint au moins 66 % et s’il remplit les conditions d’assurance requises par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).
Conditions d’attribution :
Montant et catégories de la pension d’invalidité :
La pension d’invalidité est classée en trois catégories, selon le degré d’incapacité :
Le montant de la pension dépend du revenu moyen des dix meilleures années de salaire et du taux d’invalidité défini par la CPAM.
Si l’inaptitude résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, le salarié peut prétendre à une rente d’incapacité permanente, dont le montant dépend du taux d’incapacité fixé par la CPAM.
Conditions d’attribution :
Montant et modalités :
Ces dispositifs permettent d’assurer une compensation financière aux salariés inaptes et de les aider à faire face à une perte de revenus liée à leur état de santé.
Les salariés inaptes qui obtiennent la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) peuvent bénéficier des aides de l’Agefiph, un organisme dédié à l’insertion et au maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.
Conditions pour bénéficier des aides de l’Agefiph :
Types d’aides disponibles :
Les démarches pour obtenir une aide de l’Agefiph passent par un conseiller Cap Emploi ou un référent handicap en entreprise.
Grâce à ces dispositifs, un salarié inapte peut bénéficier d’un accompagnement adapté pour faciliter son retour à l’emploi ou sécuriser son maintien dans l’entreprise.
Un salarié inapte peut, sous certaines conditions, bénéficier d’une formation professionnelle pendant son arrêt de travail afin de favoriser sa reconversion et son maintien dans l’emploi.
Conditions d’accès à une formation durant un arrêt de travail :
Types de formations accessibles :
Financement et accompagnement :
Les formations peuvent être financées par différents dispositifs, notamment :
L’objectif de ces dispositifs est d’accompagner le salarié vers un nouvel emploi ou un aménagement de poste en adéquation avec son état de santé.
Un salarié reconnu inapte peut bénéficier d’une retraite à taux plein, dès 62 ans, même s’il ne dispose pas du nombre de trimestres requis.
Conditions pour obtenir la retraite pour inaptitude :
Avantages de la retraite pour inaptitude :
À noter :
Un salarié reconnu invalide en catégorie 2 ou 3 par la Sécurité sociale bénéficie automatiquement de la retraite pour inaptitude. Pour les autres salariés inaptes, la demande doit être déposée auprès de la Carsat, accompagnée d’un certificat médical détaillé.
Lorsqu’un salarié est déclaré inapte, l’employeur a l’obligation de rechercher un reclassement sur un poste compatible avec son état de santé.
Un salarié peut-il refuser un poste de reclassement ?
Oui, un salarié peut refuser une proposition de reclassement si celle-ci :
Conséquences du refus du reclassement :
À retenir :
Si l’employeur ne respecte pas son obligation de reclassement ou propose un poste non conforme, le licenciement peut être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à des indemnités prud’homales.
Face à une inaptitude au travail, plusieurs mécanismes permettent d’assurer un minimum de ressources au salarié concerné. Entre l’indemnité temporaire d’inaptitude, le maintien du salaire en l’absence de licenciement, les indemnités compensatoires, l’allocation chômage, la pension d’invalidité et les aides à la reconversion, il est essentiel de connaître ses droits pour éviter toute perte de revenus injustifiée.
L’employeur a des obligations strictes et son non-respect peut donner lieu à des recours prud’homaux. Pour faire valoir vos droits et obtenir une indemnisation adaptée à votre situation, il est recommandé de s’informer précisément et, si nécessaire, de se faire accompagner par un conseil juridique compétent.
Un salarié déclaré inapte par le médecin du travail peut bénéficier de plusieurs sources de revenus en fonction de sa situation. Si l’inaptitude est d’origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle), il peut percevoir une indemnité temporaire d’inaptitude (ITI) pendant un mois, versée par la Sécurité sociale. Si l’inaptitude est d’origine non professionnelle, il ne pourra pas prétendre à cette aide spécifique mais pourra, sous certaines conditions, bénéficier d’une pension d’invalidité ou d’une allocation d’incapacité permanente.
En cas de non-reclassement ou de non-licenciement dans un délai d’un mois après la visite médicale de reprise, l’employeur est tenu de reprendre le versement du salaire du salarié. Enfin, après un licenciement pour inaptitude, le salarié peut percevoir :
L’indemnité temporaire d’inaptitude (ITI) est un dispositif spécifique réservé aux salariés dont l’inaptitude découle d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Elle est versée par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et permet au salarié de percevoir une indemnisation équivalente aux indemnités journalières, sans délai de carence, dès le lendemain de l’avis d’inaptitude.
Cette indemnité est accordée pour une durée maximale d’un mois, sous réserve que l’employeur n’ait pas encore reclassé ou licencié le salarié dans ce délai. Elle prend fin dès que le salarié est licencié ou reclassé. L’ITI vise à compenser la perte de revenus avant que la situation contractuelle du salarié ne soit définitivement réglée.
Oui, un salarié licencié pour inaptitude d’origine professionnelle ou non peut bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité fixées par France Travail (ex-Pôle emploi). Pour cela, il doit :
L’allocation chômage est versée dès le lendemain du licenciement, après application des différés d’indemnisation et des délais de carence prévus par l’assurance chômage. En revanche, si l’inaptitude empêche toute activité professionnelle, le salarié peut être orienté vers un dispositif de pension d’invalidité.
La pension d’invalidité et la rente d’incapacité permanente sont deux dispositifs distincts, accordés en fonction de l’origine de l’inaptitude :
En cas de faute inexcusable de l’employeur, la rente d’incapacité peut être majorée, et le salarié peut obtenir une indemnisation complémentaire.
Oui, un salarié déclaré inapte peut refuser un poste de reclassement proposé par son employeur, si celui-ci ne correspond pas aux préconisations du médecin du travail ou s’il entraîne une modification substantielle du contrat de travail (diminution de salaire, changement de fonction non adapté, rétrogradation).
Toutefois, si aucun reclassement adapté n’est possible ou si le salarié refuse une offre raisonnable, l’employeur peut procéder à un licenciement pour inaptitude, en justifiant de l’impossibilité de reclasser le salarié. En revanche, si l’employeur n’a pas rempli son obligation de recherche de reclassement, le licenciement peut être contesté devant le Conseil de prud’hommes et donner lieu à des dommages-intérêts pour licenciement abusif.