Le contrat à durée indéterminée (CDI) constitue la forme de contrat de travail la plus courante en France. Il offre une stabilité d’emploi aux salariés et garantit à l’employeur une relation de travail durable. Bien que sa rédaction ne soit pas toujours obligatoire, un CDI écrit permet de clarifier les droits et obligations de chaque partie et d’éviter d’éventuels litiges.
Toutefois, un CDI ne se limite pas aux mentions de base telles que l’identité des parties, le salaire ou la durée du travail. Il peut inclure diverses clauses spécifiques destinées à protéger les intérêts de l’employeur ou du salarié. Certaines d’entre elles, comme la clause de non-concurrence ou la clause de mobilité, sont strictement encadrées par la loi.
Quels sont les éléments indispensables à inclure dans un CDI ? Quelles clauses facultatives peuvent être insérées et sous quelles conditions ? Cet article vous guide à travers les règles essentielles à connaître pour rédiger un CDI conforme au Code du travail et aux exigences jurisprudentielles.
Le contrat à durée indéterminée (CDI) est un contrat de travail sans date de fin déterminée, ce qui le différencie fondamentalement du contrat à durée déterminée (CDD). Il représente la forme la plus sécurisante d’embauche pour un salarié, car il assure une relation de travail stable et durable, contrairement au CDD, qui est limité dans le temps et ne peut être renouvelé que dans certaines conditions définies par la loi.
Le CDI peut être conclu sous deux formes :
Le CDI constitue la norme en matière d’emploi en France. Il ne peut être remplacé par un CDD que dans des cas strictement définis par la loi, notamment pour le remplacement d’un salarié absent, un surcroît temporaire d’activité ou des emplois saisonniers .
Ainsi, le CDI constitue le socle de l’emploi en France, garantissant au salarié une protection renforcée et à l’employeur une relation de travail pérenne, sous réserve du respect des obligations légales et conventionnelles..
Contrairement aux CDD, qui doivent impérativement être rédigés par écrit , un CDI à temps plein peut être conclu oralement. Toutefois, l’absence d’un écrit peut être risquée en cas de contentieux devant le Conseil de prud’hommes, notamment pour prouver les termes du contrat (poste, rémunération, obligations du salarié, etc.).
L’écrit devient obligatoire si des conventions collectives ou un accord de branche le prévoient. De plus, certaines informations doivent être obligatoirement communiquées au salarié par écrit, même en l’absence de contrat formalisé.
Si un CDI écrit est rédigé, certaines informations doivent impérativement y figurer, conformément à l’article L1221-3 du Code du travail.
Les mentions suivantes doivent apparaître dans tout CDI rédigé :
Depuis le 1er novembre 2023, l’employeur doit remettre un document distinct détaillant certaines conditions de travail (directive européenne (UE) 2019/1152). Parmi ces informations :
⚠ Attention : Ces informations ne remplacent pas les mentions du CDI, elles viennent en complément.
Outre les mentions obligatoires, l’employeur peut intégrer des clauses spécifiques adaptées aux besoins de l’entreprise. Cependant, toute clause abusive ou contraire aux dispositions légales sera réputée nulle.
Elle permet à l’employeur de tester les compétences du salarié et réciproquement. Pour être valable, elle doit :
⛔ Une période d’essai non écrite est inopposable au salarié.
Elle interdit au salarié, après la rupture du contrat, d’exercer une activité professionnelle concurrente. Cette clause doit impérativement :
📌 Référence légale : Cour de cassation, chambre sociale, 10 juillet 2002, n°00-45135 (la contrepartie financière est une condition essentielle de validité).
Cette clause oblige le salarié à accepter une mutation géographique en cas de nécessité pour l’entreprise. Elle doit :
⚠ Une clause imprécise ou trop large peut être requalifiée en modification du contrat nécessitant l’accord du salarié.
Elle interdit au salarié d’exercer une autre activité professionnelle en parallèle de son emploi. Cette clause doit :
⚖ La Cour de cassation (Cass. soc., 11 juillet 2000, n°98-44.138) considère qu’une clause d’exclusivité ne peut être imposée qu’aux salariés à temps plein et sous certaines conditions.
Elle oblige le salarié à rembourser les frais de formation si celui-ci quitte l’entreprise avant un certain délai. Conditions de validité :
La rédaction d’un CDI à temps plein représente une étape clé dans la relation de travail. Si la loi autorise la conclusion d’un CDI oral, l’écrit reste la meilleure option pour éviter les ambiguïtés et les litiges prud’homaux. Un contrat bien structuré permet de sécuriser les droits et obligations des parties et d’apporter une protection juridique en cas de conflit.
Les clauses facultatives, bien que laissées à la libre appréciation des employeurs, doivent toujours être rédigées en respectant les limites légales. Certaines, comme la clause de non-concurrence, nécessitent des précautions particulières pour garantir leur validité.
Enfin, il est essentiel de vérifier la convention collective applicable, qui peut imposer des mentions spécifiques ou restreindre l’application de certaines clauses. Un contrat bien rédigé est un atout tant pour l’employeur que pour le salarié, garantissant une relation de travail équilibrée et conforme aux exigences légales.
Le contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein peut, en théorie, être conclu oralement, contrairement au CDI à temps partiel ou au CDD, qui doivent impérativement être formalisés par écrit (Article L1242-12 du Code du travail).
Toutefois, un CDI oral expose l’employeur et le salarié à des risques en cas de litige. En effet, en l’absence d’un écrit, il peut être complexe de prouver certains éléments du contrat, tels que la rémunération convenue, la durée de la période d’essai ou encore les clauses spécifiques (mobilité, non-concurrence, exclusivité, etc.).
De plus, depuis la directive européenne (UE) 2019/1152, entrée en vigueur en France le 1er novembre 2023, l’employeur doit obligatoirement remettre au salarié un document écrit distinct du contrat reprenant plusieurs informations relatives aux conditions d’emploi, même si le CDI reste verbal.
En pratique, il est donc vivement recommandé de formaliser un CDI par écrit, afin de sécuriser la relation de travail et d’éviter tout malentendu pouvant donner lieu à une action devant le Conseil de prud’hommes.
Si un CDI écrit est rédigé, il doit contenir certaines mentions essentielles, définies par le Code du travail et les conventions collectives applicables. Ces mentions comprennent notamment :
Depuis le 1er novembre 2023, l’employeur doit également communiquer par écrit, dans un document distinct, des informations complémentaires telles que le droit à la formation, les régimes obligatoires de protection sociale et les procédures en cas de rupture du contrat.
Le non-respect de ces obligations peut exposer l’employeur à des sanctions, notamment en cas de litige devant les juridictions prud’homales.
Un CDI peut contenir plusieurs clauses spécifiques, permettant d’adapter le contrat aux besoins de l’entreprise et aux responsabilités du salarié. Parmi les clauses facultatives les plus utilisées, on retrouve :
Si ces clauses permettent de sécuriser les relations de travail, elles doivent être précises et conformes aux exigences légales, sous peine d’être déclarées abusives ou nulles par les juridictions prud’homales.
Un CDI étant un contrat à force obligatoire, toute modification unilatérale de ses termes par l’employeur est interdite sans l’accord du salarié. Toutefois, il convient de distinguer deux types de modifications :
En cas de désaccord, l’employeur peut proposer un avenant au contrat, que le salarié est libre d’accepter ou de refuser. Un refus de signer un avenant ne peut pas être considéré comme une faute, sauf abus manifeste du salarié.
⚠ Si l’employeur impose une modification substantielle sans accord du salarié, ce dernier peut saisir le Conseil de prud’hommes et obtenir une requalification en rupture du contrat aux torts de l’employeur.
Un employeur qui ne respecte pas les clauses du CDI ou omet certaines mentions obligatoires s’expose à plusieurs types de sanctions :
En somme, la rédaction et l’exécution d’un CDI conforme aux exigences légales sont essentielles pour éviter des contentieux lourds et protéger les intérêts des deux parties. Il est donc recommandé de se référer aux conventions collectives applicables et, en cas de doute, de solliciter un expert en droit du travail pour sécuriser le contrat.