Travail

Rédaction d’un contrat cadre : ce qu’il faut savoir

Estelle Marant
Collaboratrice
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Rédaction d’un CDI cadre : points clés et précautions

Lorsqu’un employeur embauche un cadre sous contrat à durée indéterminée (CDI), il doit respecter certaines obligations légales et conventionnelles pour sécuriser la relation de travail.

Le statut cadre implique des spécificités contractuelles, notamment en ce qui concerne la période d’essai, la durée du travail et le salaire minimum. Voici les trois éléments essentiels à connaître pour rédiger un contrat de travail conforme.

Sommaire

  1. Quelle période d’essai prévoir dans le contrat de travail d’un cadre ?
  2. Quelle est la durée du travail et les horaires applicables aux cadres ?
  3. Quel est le salaire minimum d’un cadre ?
  4. FAQ

1. Quelle période d’essai prévoir dans le contrat de travail d’un cadre ?

Durée légale et renouvellement

L'article L.1221-19 du Code du travail fixe la durée maximale de la période d’essai à 4 mois pour les cadres. Toutefois, cette période peut être renouvelée une fois si deux conditions sont remplies :

  • Un accord de branche étendu le prévoit ;
  • Le salarié donne son accord exprès (Cass. soc., 10 juin 1998, n°96-40.007).

Ainsi, la durée totale de la période d’essai d’un cadre ne peut excéder 8 mois en cas de renouvellement.

Cas particuliers : conventions collectives

Certaines conventions collectives peuvent fixer des durées différentes. Par exemple :

  • Si un accord de branche conclu avant le 26 juin 2008 prévoyait une période plus longue, celle-ci s’applique toujours.
  • Si une convention collective conclue après cette date instaure une période d’essai plus courte, c’est cette durée qui prime.

👉 À vérifier : L’employeur doit consulter la convention collective applicable pour s’assurer de respecter les règles en vigueur.

2. Quelle est la durée du travail et les horaires applicables aux cadres ?

Durée légale du travail et aménagement des horaires

En principe, tout salarié, y compris un cadre, est soumis à la durée légale du travail de 35 heures par semaine. Toutefois, les cadres bénéficient souvent de régimes dérogatoires adaptés à leurs responsabilités.

Forfait jours : une flexibilité pour les cadres autonomes

Les cadres autonomes peuvent être soumis à une convention individuelle de forfait jours si :

  • Leur autonomie est réelle, c'est-à-dire qu’ils ne sont pas soumis à des horaires fixes ;
  • Leur contrat le prévoit expressément.

Le forfait jours permet de fixer une limite annuelle en jours travaillés, généralement 218 jours par an.

👉 Attention : L’employeur doit garantir le droit au repos et respecter les obligations liées à la santé et à la sécurité du salarié.

Forfait heures : une alternative pour certains cadres

Pour les cadres ne bénéficiant pas du forfait jours, il est possible de mettre en place un forfait heures :

  • Sur la semaine ou le mois, applicable à tous les cadres ;
  • Sur l’année, réservé aux cadres dont les fonctions nécessitent une organisation spécifique.

👉 À noter : Le forfait heures permet d’intégrer des heures supplémentaires prévisibles dans le contrat de travail.

3. Quel est le salaire minimum d’un cadre ?

Classification et rémunération

Le salaire d’un cadre est encadré par plusieurs critères définis par la législation et les conventions collectives applicables. Contrairement aux salariés non cadres, leur rémunération ne se limite pas au SMIC, mais dépend de plusieurs éléments :

  • L’expérience et les diplômes du salarié : un cadre avec un diplôme de niveau supérieur (Bac+5, grandes écoles, doctorat) ou une expérience professionnelle reconnue bénéficiera d’un niveau de salaire plus élevé.
  • Le poste occupé et les responsabilités : un cadre qui gère une équipe, prend des décisions stratégiques ou assure un rôle clé dans l’entreprise se verra attribuer une classification plus élevée.
  • Les classifications fixées par la convention collective : chaque secteur d’activité applique des grilles salariales spécifiques définies par des accords collectifs.

Certaines conventions collectives détaillent la classification des cadres et fixent leur salaire minimum. Par exemple, la convention collective de la boulangerie-pâtisserie distingue deux niveaux de cadres :

  • Cadre 1 : Assistant du chef d’entreprise, responsable des achats, de l’organisation de la production et de la coordination du personnel. Il bénéficie d’une autonomie relative dans la gestion quotidienne.
  • Cadre 2 : Dirigeant de l’entreprise, en charge de la gestion complète de l’activité et de la supervision de l’ensemble du personnel. Il détient un haut niveau de responsabilités.

Chaque classification est associée à un coefficient salarial qui détermine le salaire minimum conventionnel applicable. Ce coefficient s’impose à l’employeur, qui ne peut pas proposer un salaire inférieur à celui prévu par la convention collective applicable.

Le cas des cadres en forfait

Lorsqu’un cadre est soumis à une convention de forfait (soit en jours, soit en heures), la rémunération minimale peut être supérieure à celle d’un cadre soumis à un horaire collectif.

En effet, certaines conventions collectives prévoient un salaire minimal plus élevé pour les cadres soumis au forfait jours en raison de leur autonomie dans l’organisation du travail et de leur charge horaire plus importante.

👉 Conseil pratique : Avant de fixer la rémunération d’un cadre, il est indispensable de vérifier la convention collective applicable afin d’éviter toute irrégularité ou contentieux.

Conclusion

La rédaction du contrat de travail d’un cadre ne doit pas être prise à la légère. En respectant les règles encadrant la période d’essai, l’organisation du temps de travail et la rémunération, l’employeur assure un cadre contractuel conforme aux exigences légales et conventionnelles.

Il est recommandé de vérifier la convention collective applicable afin d’adapter le contrat aux spécificités du secteur d’activité. Une rédaction précise et rigoureuse permet d’éviter tout litige futur et d’établir une relation de travail saine et sécurisée.

FAQ

1. Quelles sont les mentions obligatoires dans un contrat de travail pour un cadre ?

Un contrat de travail pour un cadre doit contenir des mentions obligatoires afin d’être juridiquement valide. Ces mentions comprennent :

  • L’identité des parties (nom de l’employeur et du salarié) ;
  • La date d’embauche et la durée du contrat (CDI ou CDD) ;
  • Le poste occupé et les missions principales ;
  • La classification professionnelle selon la convention collective applicable ;
  • Le lieu de travail et la possibilité de mobilité si prévue ;
  • La rémunération et les avantages (primes, tickets-restaurants, intéressement, etc.) ;
  • Le temps de travail et le régime applicable (horaires collectifs, forfait jours ou heures) ;
  • Les clauses spécifiques comme la période d’essai, la clause de non-concurrence ou de confidentialité.

L’employeur doit veiller à ce que ces éléments soient conformes aux dispositions légales et conventionnelles, sous peine de voir certaines clauses contestées devant le Conseil de prud’hommes.

2. Quelle durée de période d’essai peut-on prévoir dans un contrat de cadre ?

La période d’essai permet à l’employeur d’évaluer les compétences du cadre et au salarié de juger si le poste lui convient. Pour un cadre en CDI, la durée maximale de la période d’essai est de 4 mois.

Cette période peut être renouvelée une fois, sous certaines conditions :

  • La convention collective applicable doit autoriser le renouvellement ;
  • Le salarié doit donner son accord exprès (Cass. soc., 10 juin 1998, n°96-40.007) ;
  • La clause de renouvellement doit figurer explicitement dans le contrat de travail ou la lettre d’engagement.

👉 Attention : La période d’essai, y compris son renouvellement, ne peut excéder 8 mois au total. Certaines conventions collectives peuvent prévoir des durées plus courtes ou plus longues selon le secteur d’activité. Il est donc essentiel de vérifier la convention collective applicable avant la rédaction du contrat.

3. Un cadre peut-il être soumis au forfait jours ?

Oui, un cadre peut être soumis à un forfait jours, à condition que :

  • Il soit autonome dans l’organisation de son travail (article L.3121-64 du Code du travail) ;
  • Ses missions ne le soumettent pas à des horaires collectifs fixes ;
  • Une convention individuelle de forfait jours soit signée entre l’employeur et le salarié.

Le forfait jours permet de décompter le temps de travail en jours travaillés sur l’année plutôt qu’en heures. La limite habituelle est de 218 jours travaillés par an, sauf dispositions conventionnelles différentes.

👉 À savoir :

  • L’employeur doit garantir le respect des temps de repos et la santé du salarié.
  • Une entreprise qui ne respecte pas ses obligations en matière de suivi du temps de travail peut voir le forfait jours annulé par le juge et devoir indemniser le salarié.

Pour les cadres qui ne répondent pas aux critères du forfait jours, l’employeur peut opter pour un forfait heures (sur la semaine, le mois ou l’année).

4. Comment déterminer le salaire minimum d’un cadre ?

Le salaire minimum d’un cadre dépend principalement de :

  • La classification prévue par la convention collective ;
  • L’expérience et les diplômes du salarié ;
  • Les responsabilités et le niveau hiérarchique du poste occupé.

Les conventions collectives prévoient souvent un coefficient salarial qui définit la rémunération minimale. Par exemple, la convention collective de la boulangerie-pâtisserie distingue :

  • Cadre 1 : assistant du chef d’entreprise, chargé des achats et de l’organisation ;
  • Cadre 2 : dirigeant de l’entreprise, responsable de la gestion et de la supervision.

Si un cadre est soumis à un forfait jours, le salaire minimum peut être plus élevé que celui d’un cadre avec un horaire classique, car il est censé compenser la flexibilité demandée et le temps de travail effectif souvent supérieur à 35 heures hebdomadaires.

👉 Bon à savoir : un employeur ne peut pas fixer un salaire inférieur au minimum conventionnel, sous peine de devoir régulariser la situation et de s’exposer à des sanctions en cas de litige.

5. Quelles clauses spécifiques peuvent être ajoutées dans un contrat de travail cadre ?

Un contrat de travail cadre peut comporter plusieurs clauses spécifiques, selon la nature du poste et les exigences de l’employeur :

  • Clause de non-concurrence : elle interdit au salarié d’exercer une activité concurrente après la fin du contrat, sous réserve d’être limitée dans le temps, l’espace et compensée financièrement (Cass. soc., 10 juillet 2002, n°00-45.135).
  • Clause de confidentialité : elle impose au salarié de ne pas divulguer des informations stratégiques ou sensibles de l’entreprise.
  • Clause de mobilité : elle oblige le cadre à accepter un changement de lieu de travail, sous conditions.
  • Clause d’objectifs : elle fixe des objectifs à atteindre, souvent liés à des primes.

👉 Attention : Une clause abusive ou disproportionnée peut être annulée par le juge et entraîner des indemnités pour le salarié. L’employeur doit veiller à rédiger ces clauses de manière claire et équilibrée.

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