Lorsqu’un consommateur commande un produit en ligne ou en magasin, il s’attend à recevoir sa livraison dans le délai annoncé. Pourtant, les retards de livraison sont fréquents, et ils peuvent causer des désagréments importants, voire priver l’achat de tout son intérêt.
Quels sont les recours en cas de retard ou d'absence de livraison ?
Le vendeur est-il tenu d'indemniser l'acheteur ? La loi encadre strictement les obligations des professionnels en matière de livraison et prévoit des sanctions financières en cas de manquement.
Délais à respecter, indemnisation, pénalités de retard, et recours possibles : cet article vous éclaire sur vos droits et les démarches à entreprendre pour obtenir réparation.
L’achat d’un produit, qu’il soit effectué en magasin ou en ligne, suppose un engagement du vendeur à livrer le bien dans un délai convenu. Cependant, il arrive que la livraison prenne du retard, privant l’acheteur de l’usage du produit commandé. Dans ce cas, quels sont les recours possibles contre le vendeur pour obtenir une indemnisation ou un remboursement ?
Le cadre juridique applicable aux retards de livraison est défini par le Code de la consommation, notamment aux articles L. 216-1 à L. 216-6. Ces dispositions sont d’ordre public, ce qui signifie qu’aucune clause contractuelle ne peut y déroger au détriment du consommateur.
Conformément à l’article L. 111-1, 3° du Code de la consommation, tout vendeur professionnel doit mentionner une date ou un délai de livraison pour les biens commandés, lorsque leur exécution n’est pas immédiate. Cette obligation vise à garantir la transparence et à protéger l’acheteur contre des retards excessifs.
L’article L. 216-1 du Code de la consommation impose au vendeur de respecter le délai de livraison indiqué lors de la commande. Si aucune date n’a été spécifiée, le vendeur dispose d’un délai maximal de 30 jours à compter de la commande pour livrer le bien.
Si le vendeur ne respecte pas ces obligations, l’acheteur peut exiger :
Certaines mentions, telles que "livraison sous réserve de disponibilité", "livraison dès que possible", ou "livraison sans garantie de délai", sont considérées comme abusives par la Commission des clauses abusives. Ces clauses ne sont pas opposables au consommateur.
Dès constatation d’un retard de livraison, l’acheteur peut :
Dans certaines situations, il est possible d’annuler directement la commande sans mise en demeure préalable, notamment si :
Si la vente est annulée en raison du retard de livraison, l’article L. 216-3 du Code de la consommation impose au vendeur de rembourser l’acheteur sous 14 jours.
En cas de retard de remboursement, des pénalités s’appliquent automatiquement :
Si le retard de livraison a causé un préjudice particulier (exemple : impossibilité d’utiliser le produit pour un événement spécifique), l’acheteur peut demander des dommages et intérêts, conformément à l’article 1611 du Code civil. Toutefois, l’acheteur devra prouver :
Avant d’engager une action judiciaire, il est recommandé de privilégier un règlement à l’amiable. La première étape consiste à contacter le service client du vendeur pour signaler le retard et demander une solution rapide (livraison immédiate, remboursement, ou indemnisation).
Si le vendeur ne réagit pas ou refuse de prendre en compte votre demande, il est conseillé d’envoyer une mise en demeure. Cette lettre doit être :
Si le vendeur ne répond pas sous un délai raisonnable (généralement sous 8 à 15 jours après la réception de la mise en demeure), il est alors possible d’envisager une action judiciaire.
Lorsque les démarches amiables n’aboutissent pas, l’acheteur dispose de plusieurs recours légaux.
Si le juge condamne le vendeur à indemniser ou rembourser l’acheteur et que ce dernier refuse d’exécuter la décision, il est possible de :
En cas de difficulté à récupérer les sommes dues, l’acheteur peut saisir la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui pourra intervenir pour faire respecter les droits du consommateur.
Ainsi, toute absence de livraison ou retard injustifié peut faire l’objet d’un recours efficace, que ce soit par une négociation amiable ou une procédure judiciaire.
En cas de litige persistant, il est recommandé de se faire assister par un avocat spécialisé en droit de la consommation pour engager les démarches nécessaires.
En matière de livraison de produits, la loi protège les consommateurs contre les abus et les retards injustifiés. Le vendeur a une obligation de résultat : il doit livrer dans le délai convenu ou, à défaut, dans un délai de 30 jours.
En cas de retard, l’acheteur peut exiger l’exécution du contrat, annuler la commande, et obtenir un remboursement sous peine de pénalités. Si ce retard cause un préjudice spécifique, une indemnisation supplémentaire peut être demandée. En cas de litige, il est possible d'engager une procédure amiable ou judiciaire pour faire valoir ses droits.
Si votre commande n’a pas été livrée dans le délai convenu, vous devez d’abord contacter le vendeur pour demander la livraison du produit dans un délai raisonnable. Conformément à l’article L. 216-1 du Code de la consommation, le vendeur est tenu de respecter la date indiquée ou, à défaut, de livrer sous 30 jours.
En cas de retard injustifié, vous pouvez :
Si la date de livraison était un élément essentiel du contrat (par exemple, un cadeau pour un événement précis), vous pouvez annuler la vente immédiatement sans mise en demeure préalable.
Oui, le vendeur est tenu de vous indemniser si le retard de livraison vous cause un préjudice. Selon l’article 1611 du Code civil, tout vendeur défaillant doit réparer les dommages causés à l’acheteur.
Deux types d’indemnisations sont possibles :
L’indemnisation peut être obtenue à l’amiable en négociant avec le vendeur ou via une action en justice si le vendeur refuse de payer.
Si vous avez annulé la commande en raison du retard de livraison, le vendeur doit vous rembourser sous 14 jours (article L. 216-3 du Code de la consommation).
En cas de retard de remboursement, vous avez plusieurs solutions :
Si le vendeur tarde à rembourser, il devra payer des pénalités de retard en plus du montant initial.
Non, le vendeur ne peut pas se dégager de sa responsabilité en invoquant des clauses contractuelles limitant son obligation de livraison. Selon la Commission des clauses abusives, les mentions telles que "livraison sous réserve de disponibilité", "livraison dès que possible" ou "sans garantie de délai" sont abusives et non opposables à l’acheteur.
Toutefois, si le retard est dû à un cas de force majeure (événement imprévisible et irrésistible tel qu’une catastrophe naturelle, un conflit majeur ou une grève généralisée), le vendeur peut être exonéré de son obligation, à condition d’en apporter la preuve.
Si le vendeur rejette sa responsabilité sans justification valable, vous avez le droit d’exiger un remboursement ou une indemnisation.
En principe, c’est le vendeur qui reste responsable de la livraison, même si le retard est causé par un transporteur. L’article L. 216-4 du Code de la consommation impose au professionnel de garantir que la marchandise arrive à destination dans les délais annoncés.
Toutefois, si vous avez choisi vous-même un transporteur indépendant, la responsabilité du vendeur s’arrête dès qu’il remet la marchandise au transporteur. Vous devrez alors vous retourner directement contre la société de transport concernée.
Si le colis est endommagé ou perdu, vous devez agir rapidement :