Travail

Rupture conventionnelle : tout savoir sur l’homologation obligatoire

Jordan Alvarez
Editeur
Partager

Rupture conventionnelle CDI : quelles étapes pour une validation officielle ?

La rupture conventionnelle est une solution de séparation à l’amiable entre un employeur et un salarié en contrat à durée indéterminée (CDI). Contrairement au licenciement ou à la démission, elle permet aux deux parties de se quitter d’un commun accord tout en bénéficiant d’un cadre légal protecteur.

Cependant, cette rupture ne produit d’effets qu’à condition d’être homologuée par la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS). Cette homologation vise à garantir que les droits du salarié sont respectés et que l’indemnité versée est conforme aux exigences légales. Mais comment obtenir cette validation administrative ?

Quels sont les délais et les démarches à suivre ? Cet article détaille étape par étape la procédure de demande d’homologation, ainsi que les conséquences d’un refus ou d’une absence de validation.

Sommaire

  1. Pourquoi l’homologation est-elle obligatoire ?
  2. Qui doit demander l’homologation ?
  3. Délai de rétractation : combien de temps ?
  4. Quelle est la procédure pour demander l’homologation ?
  5. Rôle de la DDETS dans l’homologation
  6. Comment savoir si la rupture est homologuée ?
  7. Conséquences d’un refus d’homologation
  8. Quels recours en cas de refus ?
  9. Quels risques en l’absence d’homologation ?
  10. FAQ

Pourquoi l’homologation est-elle obligatoire ?

L’homologation est une garantie de validité de la rupture conventionnelle. Elle permet à l’administration de vérifier :

  • Le respect des délais et procédures légales ;
  • L’absence de vice du consentement (pression, contrainte, ou fraude) ;
  • Le montant de l’indemnité de rupture, qui doit être au moins égal au minimum légal ou conventionnel.

Sans homologation, la rupture conventionnelle est nulle, et le contrat de travail reste en vigueur.

Exception : Lorsqu’il s’agit d’un salarié protégé (exemple : représentant du personnel), une simple homologation ne suffit pas. L’autorisation de l’inspecteur du travail est requise.

Qui doit demander l’homologation ?

La demande d’homologation peut être effectuée indifféremment par l’employeur ou le salarié, aucune obligation légale ne désignant une partie spécifique comme responsable de cette formalité. Toutefois, en pratique, c’est généralement l’employeur qui prend en charge cette démarche, car il dispose souvent des outils administratifs et de l’expérience nécessaire pour gérer ce type de procédure.

L’homologation doit être demandée uniquement après l’expiration du délai de rétractation. Si l’une des parties tente d’envoyer la demande avant la fin de ce délai, l’homologation sera automatiquement rejetée par l’Administration.

💡 Cas particulier des salariés protégés : Lorsque la rupture conventionnelle concerne un salarié protégé (exemple : membre élu du comité social et économique (CSE), délégué syndical, conseiller prud’homal), la procédure est différente. Il ne s’agit pas d’une homologation, mais d’une autorisation préalable de l’inspecteur du travail. Tant que cette autorisation n’est pas accordée, la rupture conventionnelle ne peut pas être exécutée.

Délai de rétractation : combien de temps ?

Une fois la convention de rupture signée par les deux parties, chacune dispose d’un délai de 15 jours calendaires pour exercer son droit de rétractation.

📌 Comment est calculé ce délai ?

  • Le décompte commence le lendemain de la signature de la convention de rupture.
  • Il inclut tous les jours de la semaine, sans exception (y compris week-ends et jours fériés).
  • Si le 15e jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est automatiquement prolongé jusqu’au jour ouvrable suivant.

🚨 Attention : La demande d’homologation ne peut être envoyée qu’à compter du lendemain de l’expiration du délai de rétractation. Un envoi anticipé (même d’un jour) entraîne le rejet automatique de la demande par l’Administration. Il est donc impératif de bien vérifier la date avant de procéder à l’envoi.

💡 Pourquoi un délai de rétractation ?
Ce délai permet aux parties de prendre du recul après la signature de la convention et d’éviter toute décision précipitée. En cas de changement d’avis, l’une des parties peut simplement envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception pour annuler la procédure sans justification ni pénalité.

La vigilance sur les délais est donc essentielle pour garantir la validité de la rupture conventionnelle et éviter tout risque de refus administratif.

Quelle est la procédure pour demander l’homologation ?

L’homologation s’effectue exclusivement en ligne via le téléservice TéléRC, obligatoire depuis le 1er avril 2022.

Étapes de la procédure en ligne :

  1. Accéder au téléservice TéléRC.
  2. Remplir le formulaire en ligne, en renseignant :
    • Les informations de l’employeur (identité, SIRET...) ;
    • Les données du salarié (nom, ancienneté, rémunération des 12 derniers mois...) ;
    • Les dates des entretiens de rupture ;
    • Le montant de l’indemnité spécifique de rupture.
  3. Vérifier les informations : Toute erreur signalée par le système en orange doit être corrigée.
  4. Télétransmettre la demande à la DDETS compétente.

Exception : recours au formulaire papier

Si les parties ne peuvent pas utiliser TéléRC (problème technique avéré), elles doivent :

  • Informer préalablement la DDETS ;
  • Envoyer un formulaire Cerfa n°14598*01 dûment complété et signé.

Rôle de la DDETS dans l’homologation

La DDETS dispose de 15 jours ouvrables pour examiner la demande. Ce délai court à compter du lendemain de la réception de la demande.

L’administration vérifie :

  • Le respect de la procédure ;
  • L’absence de vice du consentement ;
  • La conformité de l’indemnité spécifique de rupture.

Comment savoir si la rupture est homologuée ?

  • Si la DDETS valide expressément la demande : l’homologation est accordée.
  • Si aucun retour n’est reçu dans un délai de 15 jours ouvrables : la rupture conventionnelle est considérée comme tacitement homologuée.
  • Si la DDETS refuse l’homologation, elle en informe les parties par notification écrite.

Conséquences d’un refus d’homologation

Un refus d’homologation empêche la rupture du contrat de travail. Parmi les motifs possibles :

  • Erreur de procédure : non-respect des délais, absence d’entretien préalable...
  • Indemnité inférieure au minimum légal ;
  • Vice du consentement (pression, contrainte sur le salarié).

Quels recours en cas de refus ?

  • Corriger les erreurs et déposer une nouvelle demande ;
  • Recommencer entièrement la procédure ;
  • Saisir le Conseil de prud’hommes dans un délai de 12 mois.

Quels risques en l’absence d’homologation ?

Sans homologation, la rupture conventionnelle est nulle.

  • Si l’employeur met fin au contrat sans homologation, il s’agit d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse ouvrant droit à des dommages et intérêts pour le salarié.
  • Si le salarié cesse de venir travailler sans homologation, cela constitue un abandon de poste, pouvant être sanctionné par un licenciement pour faute.

L’homologation est donc indispensable pour sécuriser juridiquement la rupture conventionnelle.

Conclusion

L’homologation de la rupture conventionnelle est une étape incontournable pour donner une valeur juridique à la séparation entre un employeur et un salarié. Sans cette validation administrative, la rupture est sans effet, et le contrat de travail demeure en vigueur.

Le respect des délais, l’utilisation du téléservice TéléRC, ainsi que l’exactitude des informations fournies sont donc essentiels pour éviter un refus.

En cas d’anomalie, des recours existent, mais nécessitent souvent de reprendre toute la procédure. Il est donc primordial d’anticiper chaque étape afin de sécuriser la rupture conventionnelle et de garantir les droits des deux parties.

FAQ

1. Pourquoi l’homologation de la rupture conventionnelle est-elle obligatoire ?

L’homologation est une étape incontournable pour que la rupture conventionnelle produise des effets juridiques. Elle permet à la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de vérifier plusieurs éléments essentiels :

  • Le respect du délai de rétractation de 15 jours calendaires prévu par l’article L.1237-13 du Code du travail ;
  • L’absence de vice du consentement (pression, fraude, contrainte) ;
  • Le montant de l’indemnité spécifique de rupture, qui doit être au moins égal au minimum légal ou conventionnel ;
  • Le respect des obligations légales et procédurales en matière de rupture conventionnelle.

Sans cette homologation, la rupture conventionnelle est nulle et inopposable. L’employeur ne peut pas rompre le contrat et s’il le fait, cela sera requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à des dommages et intérêts pour le salarié.

2. Qui doit faire la demande d’homologation : l’employeur ou le salarié ?

La demande d’homologation peut être réalisée par l’une ou l’autre des parties, mais en pratique, c’est généralement l’employeur qui s’en charge.

Toutefois, le salarié peut aussi prendre l’initiative de l’envoyer, notamment si l’employeur tarde à effectuer la démarche. L’important est que la demande soit bien déposée après l’expiration du délai de rétractation et qu’elle soit conforme aux exigences légales.

🚨 Cas particulier : Pour les salariés protégés (délégués syndicaux, représentants du personnel, membres du CSE...), il ne s’agit pas d’une homologation, mais d’une autorisation préalable de l’inspecteur du travail.

3. Comment déposer une demande d’homologation de rupture conventionnelle ?

Depuis le 1er avril 2022, la demande d’homologation doit obligatoirement être effectuée via le téléservice TéléRC, accessible en ligne. La procédure se déroule en plusieurs étapes :

  1. Accès au téléservice sur le site officiel ;
  2. Remplissage du formulaire en ligne avec les informations essentielles :
    • Données de l’employeur et du salarié (identité, ancienneté, salaire…) ;
    • Dates des entretiens de rupture ;
    • Montant de l’indemnité spécifique de rupture ;
  3. Vérification et correction des éventuelles erreurs signalées en orange ;
  4. Transmission automatique de la demande à la DDETS compétente ;
  5. Suivi de la demande grâce au numéro attribué lors du dépôt.

📌 Exception : Si les parties ne peuvent pas utiliser TéléRC, elles doivent prévenir la DDETS et envoyer un formulaire Cerfa n°14598*01 par voie postale.

4. Quels sont les délais d’homologation et comment savoir si elle est acceptée ?

Une fois la demande déposée, la DDETS dispose de 15 jours ouvrables pour rendre sa décision.

Deux cas de figure possibles :
Validation expresse : L’administration notifie par écrit son accord. Le contrat peut alors être rompu à la date prévue dans la convention.
Homologation tacite : En l’absence de réponse de l’administration après 15 jours ouvrables, la demande est automatiquement acceptée.

🚨 Refus d’homologation : Si la DDETS rejette la demande, elle doit en préciser les motifs. Le contrat de travail ne peut alors pas être rompu.

5. Que faire en cas de refus d’homologation de la rupture conventionnelle ?

Si l’administration refuse d’homologuer la rupture conventionnelle, il convient d’en identifier les raisons. Parmi les motifs fréquents de refus, on retrouve :

  • Erreur dans le formulaire (informations incomplètes ou incorrectes) ;
  • Non-respect des délais légaux (rétractation, transmission tardive...) ;
  • Indemnité spécifique inférieure au minimum légal ;
  • Doute sur le consentement du salarié (pression, contrainte…).

Solutions possibles :

  • Corriger les erreurs et renvoyer une nouvelle demande ;
  • Reprendre la procédure de rupture conventionnelle avec un nouvel accord entre les parties ;
  • Saisir le Conseil de prud’hommes dans un délai de 12 mois si le refus est contestable.

Ne pas obtenir l’homologation signifie que la rupture conventionnelle ne produit aucun effet. L’employeur ne peut donc pas mettre fin au contrat, sous peine de voir la rupture requalifiée en licenciement abusif.

Articles Récents

Besoin d'aide ?

Nos équipes sont là pour vous guider !

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.