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Salaire et congé maternité : ce que vous devez savoir

Francois Hagege
Fondateur
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Congé maternité et salaire : ce que la loi prévoit pour vous

Le congé maternité est un droit fondamental permettant aux salariées enceintes de suspendre leur activité professionnelle tout en bénéficiant d’une indemnisation. Si la loi encadre strictement ce congé, de nombreuses questions subsistent : qui paie la salariée durant son absence ?

Comment sont calculées les indemnités journalières ? Quelle est la fiscalité applicable ? Autant d’interrogations essentielles pour anticiper cette période en toute sérénité. Décryptons ensemble les règles légales et les mécanismes de rémunération liés au congé maternité, en tenant compte des dernières évolutions législatives et des conventions collectives.

Sommaire

  1. Qui paie la salariée pendant le congé maternité ?
  2. Comment sont calculées les indemnités journalières de maternité ?
  3. Quel est le montant maximal des indemnités journalières ?
  4. Quand et comment sont versées les indemnités journalières ?
  5. Quelle est la fiscalité des indemnités journalières de maternité ?
  6. Quelle rémunération au retour du congé maternité ?
  7. FAQ

Qui paie la salariée pendant le congé maternité ?

L’indemnisation par la Sécurité sociale

Pendant le congé maternité, la salariée perçoit des indemnités journalières versées par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), sous réserve de remplir certaines conditions prévues par l’article L. 331-3 du Code de la Sécurité sociale. Pour en bénéficier, la salariée doit :

  • Justifier d’une durée d’affiliation minimum : depuis le 20 août 2023, cette durée a été réduite à 6 mois (au lieu de 10 auparavant).
  • Avoir cotisé suffisamment à l’assurance maternité.
  • Cesser toute activité professionnelle pendant la durée légale du congé maternité.

À noter que les salariées en contrat saisonnier ou exerçant une activité discontinue doivent remplir des conditions spécifiques, notamment :

  • Avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois.
  • Ou avoir cotisé sur un salaire au moins équivalent à 2 030 fois le SMIC horaire sur la même période.

Le maintien de salaire par l’employeur

La loi n’impose pas aux employeurs de maintenir le salaire pendant le congé maternité. Cependant, certaines conventions collectives prévoient un complément de rémunération. Ce maintien peut être total (100 % du salaire) ou partiel, sous déduction des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS).

Par exemple, la Convention collective Syntec-Cinov (IDCC 1486) prévoit un maintien intégral du salaire après un an d’ancienneté.

Comment sont calculées les indemnités journalières de maternité ?

Les indemnités journalières correspondent à une fraction du salaire journalier de base, qui est déterminé selon les règles suivantes :

  • Salariées payées mensuellement : 1/91,25 du total des trois derniers salaires bruts avant l’arrêt de travail.
  • Salariées payées à la semaine ou toutes les deux semaines : 1/84 des salaires des six ou douze derniers mois.
  • Salariées exerçant un emploi saisonnier ou discontinu : 1/365 des salaires des douze derniers mois.

Le salaire journalier de référence est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 3 925 € en 2025. Un taux forfaitaire de 21 % est ensuite déduit avant le versement des indemnités.

Quel est le montant maximal des indemnités journalières ?

Le montant des indemnités journalières versées pendant un congé maternité dépend du salaire de référence de la salariée et est soumis à un plafond légal fixé chaque année. En 2025, l’indemnité journalière minimale est de 11,02 €, tandis que le montant maximal s’élève à 101,94 € par jour.

Cependant, il est important de noter que ce montant n’est pas forcément représentatif du revenu total perçu pendant le congé maternité. En effet, plusieurs facteurs influencent l’indemnisation, notamment :

  • Le mode de calcul des indemnités basé sur le salaire journalier de référence. Celui-ci est déterminé à partir des trois derniers mois de salaire brut, mais ne peut excéder le plafond mensuel de la Sécurité sociale fixé à 3 925 € en 2025.
  • La déduction d’un taux forfaitaire de 21 % (correspondant aux prélèvements sociaux), réduisant ainsi l’indemnité nette perçue.

Les dispositions conventionnelles : une possible amélioration de l’indemnisation

Si la loi fixe un plafond général, certaines conventions collectives ou accords d’entreprise peuvent prévoir des conditions d’indemnisation plus avantageuses.

  • Certaines conventions garantissent un maintien total du salaire, l’employeur complétant la différence entre l’indemnité journalière de Sécurité sociale (IJSS) et le salaire habituel.
  • D’autres prévoient un complément de salaire versé par un régime de prévoyance souscrit par l’entreprise.

Par exemple, la Convention collective Syntec-Cinov (IDCC 1486) assure aux salariées ayant au moins un an d’ancienneté un maintien intégral de leur rémunération, sous déduction des IJSS et des prestations de prévoyance.

Ainsi, pour connaître précisément ses droits à l’indemnisation, il est essentiel de vérifier les dispositions prévues par :

  • Le Code de la Sécurité sociale.
  • La convention collective applicable à l’entreprise.
  • Le contrat de travail et les éventuels accords collectifs internes.

Enfin, il est conseillé aux salariées de se renseigner auprès de leur employeur, service RH ou CPAM pour obtenir un montant estimatif de leur indemnisation pendant le congé maternité et anticiper d’éventuelles démarches administratives.

Quand et comment sont versées les indemnités journalières ?

Les indemnités de congé maternité sont versées tous les 14 jours, et couvrent tous les jours de la semaine, y compris les samedis, dimanches et jours fériés. Il n’existe pas de délai de carence, ce qui signifie que l’indemnisation commence dès le premier jour du congé.

Deux modes de versement sont possibles :

  • Paiement direct à la salariée par l’Assurance Maladie.
  • Subrogation par l’employeur : l’entreprise perçoit l’indemnité et maintient le salaire à hauteur de celle-ci.

Il est recommandé de conserver les relevés de paiement de ces indemnités, car ils permettent de justifier des droits à la retraite.

Quelle est la fiscalité des indemnités journalières de maternité ?

Les indemnités journalières de maternité (IJSS) sont soumises à des prélèvements sociaux et fiscaux, ce qui réduit le montant réellement perçu par la salariée. Contrairement à certaines prestations sociales exonérées d’impôts, les IJSS de maternité sont considérées comme un revenu de remplacement, et sont donc imposables.

Les prélèvements sociaux obligatoires

Avant leur versement, les indemnités journalières sont automatiquement soustraites de certaines cotisations sociales, à savoir :

  • 6,2 % de Contribution Sociale Généralisée (CSG) : cette contribution finance en partie la protection sociale en France, notamment l’Assurance Maladie.
  • 0,5 % de Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) : destinée à résorber la dette de la Sécurité sociale.

Ainsi, le montant brut annoncé n’est jamais celui réellement perçu par la salariée, car ces prélèvements sont directement effectués par l’Assurance Maladie avant le paiement.

L’imposition des indemnités journalières

Les IJSS de maternité sont imposables au même titre que les salaires, et doivent être déclarées dans la catégorie des traitements et salaires sur la déclaration de revenus annuelle. Elles sont donc intégrées au revenu imposable du foyer fiscal et soumises au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Toutefois, les salariées bénéficiant d’un maintien de salaire total ou partiel par leur employeur pendant leur congé maternité doivent faire attention à la double imposition potentielle. En effet :

  • Si l’employeur perçoit directement les IJSS via le mécanisme de subrogation, elles sont intégrées au bulletin de salaire et l’impôt est prélevé via le prélèvement à la source.
  • Si la salariée perçoit elle-même les IJSS, elle devra les déclarer aux impôts lors de la déclaration annuelle.

À noter : pour éviter toute erreur de déclaration, il est recommandé de vérifier les montants préremplis sur la déclaration fiscale et de conserver les relevés de paiement des indemnités transmis par la Sécurité sociale.

Exonérations et cas particuliers

Certains revenus de remplacement bénéficient d’une exonération fiscale, mais ce n’est pas le cas des IJSS de maternité. Toutefois, les indemnités journalières versées aux femmes enceintes en arrêt maladie pathologique avant ou après l’accouchement peuvent, sous conditions, bénéficier d’une exonération partielle ou totale.

Enfin, pour les salariées à revenus modestes, il est possible de bénéficier d’une réduction ou exonération de la CSG sous certaines conditions de ressources, conformément aux règles fixées par l’article L. 136-8 du Code de la Sécurité sociale.

Pour connaître l’impact fiscal précis des indemnités de maternité, il est recommandé de se rapprocher de :

  • L’Assurance Maladie, pour obtenir le détail des prélèvements effectués.
  • L’employeur, en cas de subrogation.
  • L’administration fiscale, pour des précisions sur la déclaration et d’éventuelles exonérations.

Quelle rémunération au retour du congé maternité ?

Un salaire au moins équivalent

À son retour, la salariée doit retrouver un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente à celle perçue avant son départ. Cela inclut :

  • Le salaire de base.
  • Les primes et avantages perçus avant l’arrêt.

Un éventuel rattrapage salarial

Si des augmentations ont été décidées pendant son absence, la salariée bénéficie d’une garantie de rattrapage salarial :

  • Dans une entreprise avec accord collectif : les modalités sont définies par la convention.
  • Dans une entreprise sans accord : la salariée doit percevoir :
    • Les augmentations générales appliquées aux autres salariés.
    • La moyenne des augmentations individuelles dans son secteur professionnel.

Une jurisprudence constante rappelle que la salariée ne peut pas exiger ces augmentations pendant la suspension de son contrat, mais uniquement à son retour (Cass. soc., 6 juillet 2010, n° 08-45.792).

Enfin, toute discrimination liée à la grossesse ou au retour de congé maternité est illégale. Si vous pensez être victime d’un traitement inéquitable, vous pouvez saisir le Comité Social et Économique (CSE) ou intenter un recours juridique.

Conclusion

Le congé maternité assure aux salariées une protection financière grâce aux indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, sous réserve de remplir certaines conditions. Toutefois, le maintien du salaire par l’employeur dépend principalement des conventions collectives et accords internes.

À son retour, la salariée doit retrouver un emploi équivalent avec une rémunération au moins identique à celle perçue avant son congé. En cas de discrimination ou d’inégalité salariale, des recours sont possibles pour faire valoir ses droits. Pour toute difficulté, il est conseillé de se rapprocher des instances représentatives du personnel ou d’un avocat en droit du travail afin d’obtenir des conseils adapté.

FAQ

1. Qui paie la salariée pendant son congé maternité ?

Le paiement du salaire pendant le congé maternité dépend de plusieurs facteurs. En règle générale, c’est la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) qui verse des indemnités journalières sous conditions. Pour y prétendre, la salariée doit :

  • Justifier d’une durée minimale d’affiliation à la Sécurité sociale (6 mois d’affiliation à compter du 20 août 2023).
  • Avoir cotisé suffisamment à l’assurance maternité.
  • Cesser toute activité professionnelle durant la période légale du congé maternité.

Toutefois, l’employeur peut assurer un maintien de salaire si un accord collectif ou une convention collective le prévoit. Certaines entreprises prennent en charge la totalité ou une partie du salaire, en complément des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS).

Il est donc essentiel de vérifier la convention collective applicable, ainsi que les éventuels accords internes qui peuvent améliorer l’indemnisation de la salariée durant son congé maternité.

2. Comment sont calculées les indemnités journalières pendant le congé maternité ?

Les indemnités journalières de congé maternité (IJSS) sont calculées sur la base du salaire journalier de référence, déterminé selon les trois derniers mois de salaire brut précédant l’arrêt de travail. Le calcul s’effectue ainsi :

  • Salariées payées mensuellement : 1/91,25 du total des trois derniers mois de salaires.
  • Salariées payées à la semaine ou toutes les deux semaines : 1/84 des six ou douze derniers mois de salaires.
  • Salariées en emploi saisonnier ou discontinu : 1/365 du total des douze derniers mois de salaires.

Le salaire de référence pris en compte est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 3 925 € en 2025. De plus, un taux forfaitaire de 21 % est déduit avant versement, correspondant aux prélèvements sociaux obligatoires.

Certaines conventions collectives permettent d’obtenir une indemnisation plus favorable, soit via un complément employeur, soit via un régime de prévoyance spécifique.

3. Quel est le montant maximal des indemnités journalières de congé maternité ?

Le montant des indemnités journalières varie en fonction du salaire antérieur de la salariée, avec un plafond maximal fixé par la loi. En 2025 :

  • Montant minimal : 11,02 € par jour.
  • Montant maximal : 101,94 € par jour.

Cependant, certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient un maintien intégral du salaire en complément des IJSS. Par exemple, la Convention collective Syntec-Cinov (IDCC 1486) assure une rémunération complète après un an d’ancienneté, en déduisant les indemnités journalières et les prestations de prévoyance.

Les salariées doivent donc vérifier les conditions de leur convention collective et se renseigner auprès de leur employeur pour connaître les modalités d’indemnisation qui leur sont applicables.

4. Les indemnités journalières de congé maternité sont-elles imposables ?

Oui, les indemnités journalières de maternité sont imposables et soumises aux prélèvements sociaux. Contrairement à certains revenus de remplacement exonérés, elles doivent être déclarées comme des traitements et salaires dans la déclaration d’impôt sur le revenu.

Avant leur versement, elles sont automatiquement soumises aux prélèvements sociaux suivants :

  • 6,2 % de Contribution Sociale Généralisée (CSG).
  • 0,5 % de Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS).

En cas de maintien de salaire par l’employeur via la subrogation, les indemnités sont incluses directement sur le bulletin de paie et soumises au prélèvement à la source. Si la salariée perçoit elle-même les IJSS, elle devra les déclarer lors de sa déclaration annuelle.

Certaines femmes enceintes en arrêt maladie pathologique avant ou après l’accouchement peuvent, sous conditions, bénéficier d’une exonération partielle ou totale. De plus, les salariées à revenus modestes peuvent être partiellement exonérées de la CSG, sous conditions de ressources.

5. Quel est le salaire de la salariée après son congé maternité ?

À son retour de congé maternité, la salariée bénéficie d’une protection salariale. Conformément à l’article L. 1225-26 du Code du travail, elle doit retrouver :

  • Son poste initial ou un emploi équivalent.
  • Une rémunération au moins équivalente à celle perçue avant son départ.

Cette rémunération inclut non seulement le salaire de base, mais aussi les primes, avantages et accessoires acquis avant l’arrêt de travail pour maternité.

En cas d’augmentation générale des salaires dans l’entreprise, la salariée doit en bénéficier automatiquement. Si des augmentations individuelles ont été attribuées à d’autres salariés pendant son absence, elle doit recevoir :

  • Soit la moyenne des augmentations individuelles accordées aux salariés de sa catégorie.
  • Soit, à défaut, la moyenne des augmentations individuelles dans l’entreprise.

Une jurisprudence constante (Cass. soc., 6 juillet 2010, n° 08-45.792) rappelle que ces augmentations ne s’appliquent pas pendant le congé maternité, mais uniquement après le retour de la salariée.

Si la salariée constate une discrimination à son retour, elle peut saisir :

  • Le Comité Social et Économique (CSE) de son entreprise.
  • L’Inspection du travail.
  • Le Défenseur des droits en cas de discrimination avérée.
  • Un avocat en droit du travail pour contester une baisse injustifiée de sa rémunération.

Il est donc essentiel pour les salariées de vérifier leur bulletin de paie au retour du congé maternité afin de s’assurer que leurs droits sont bien respectés.

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