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Salaires, aides et obligations : maîtrisez le contrat d’apprentissage

Francois Hagege
Fondateur
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Comment fonctionne le contrat d’apprentissage ? Droits et rémunération

Le contrat d’apprentissage est un dispositif essentiel qui permet aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles tout en poursuivant une formation diplômante.

Ce mode d’alternance, qui associe formation en entreprise et enseignement en centre de formation d’apprentis (CFA), constitue un levier stratégique tant pour les employeurs que pour les apprentis. Il offre aux entreprises la possibilité de former des talents selon leurs besoins, tout en permettant aux jeunes d’obtenir un diplôme reconnu et une première expérience professionnelle rémunérée.

Cependant, pour bénéficier pleinement de ce dispositif, il est essentiel d’en comprendre les modalités contractuelles, les aides financières, la rémunération applicable et les droits et obligations des parties.

De la conclusion du contrat à sa rupture éventuelle, en passant par le statut du maître d’apprentissage et la protection sociale des apprentis, cet article vous guide à travers les différentes règles encadrant le contrat d’apprentissage en 2025.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que l’apprentissage ?
  2. Comment conclure un contrat d’apprentissage ?
  3. Quelles sont les aides en 2025 ?
  4. Rémunération et temps de travail
  5. Rupture du contrat d’apprentissage
  6. Apprentissage ou professionnalisation ?
  7. FAQ

Qu’est-ce que l’apprentissage ?

L’apprentissage est un dispositif d’alternance qui permet aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles en combinant une formation théorique en centre de formation d’apprentis (CFA) et une expérience pratique en entreprise. Ce système vise à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes tout en répondant aux besoins en compétences des entreprises.

Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail spécifique, qui lie l’apprenti à un employeur. Il s’adresse en principe aux jeunes de 16 à 29 ans révolus et permet d’obtenir un diplôme d’État ou un titre professionnel reconnu par le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Comment conclure un contrat d’apprentissage ?

Les démarches à suivre

L’embauche d’un apprenti implique la conclusion d’un contrat écrit, établi via le formulaire Cerfa n°10103*13 (FA13). Ce contrat doit être signé par l’employeur, l’apprenti (et son représentant légal s’il est mineur) puis transmis à l’opérateur de compétences (OPCO) pour validation.

Le contrat doit mentionner plusieurs éléments essentiels, notamment :

  • L’identité de l’employeur et de l’apprenti
  • Le diplôme préparé
  • Le maître d’apprentissage désigné
  • La durée du contrat
  • Les modalités de formation en CFA et en entreprise

Le dépôt du contrat auprès de l’OPCO doit être effectué dans un délai de 5 jours ouvrables à compter du début de l’exécution du contrat. L’OPCO dispose de 20 jours pour se prononcer sur la prise en charge financière de la formation.

Quelles sont les aides à l’apprentissage en 2025 ?

Aides financières à l’embauche d’un apprenti

L’État met en place différentes aides financières pour inciter les entreprises à embaucher des apprentis. En 2025, le montant des aides varie selon la taille de l’entreprise et la situation de l’apprenti :

  • 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés
  • 2 000 € pour les entreprises de plus de 250 salariés
  • 6 000 € pour le recrutement d’un apprenti en situation de handicap (cumulable avec d’autres aides spécifiques)

Cette aide est versée de manière proratisée si la durée du contrat est inférieure à un an ou si l’exécution du contrat est suspendue.

Exonération de cotisations sociales

Les rémunérations des apprentis bénéficient de la réduction générale des cotisations et de l’exonération de CSG/CRDS. En outre, l’employeur d’un apprenti peut être exonéré du versement de la taxe d’apprentissage sous certaines conditions.

Quels sont les types de contrats d’apprentissage et leur durée ?

Le contrat d’apprentissage peut être conclu sous deux formes :

  • Un contrat à durée déterminée (CDD) dont la durée varie entre 6 mois et 3 ans selon la formation
  • Un contrat à durée indéterminée (CDI), avec une période d’apprentissage correspondant à la durée de formation

La durée peut être prolongée d’un an en cas d’échec à l’examen ou si l’apprenti bénéficie d’une reconnaissance de travailleur handicapé.

Conditions d’âge et dérogations

L’apprentissage est ouvert aux jeunes de 16 à 29 ans révolus, avec des exceptions :

  • Travailleurs handicapés
  • Apprentis reprenant un contrat pour préparer un diplôme de niveau supérieur
  • Créateurs ou repreneurs d’entreprise dont le diplôme est nécessaire au projet
  • Sportifs de haut niveau

Le maître d’apprentissage : rôle et encadrement

Le maître d’apprentissage est un salarié ou un dirigeant de l’entreprise chargé d’accompagner l’apprenti tout au long de sa formation.

Un maître d’apprentissage peut encadrer jusqu’à 2 apprentis simultanément, avec la possibilité d’accueillir 1 apprenti supplémentaire en cas de prolongation pour échec à l’examen.

Formation en entreprise et en CFA

L’apprenti partage son temps entre l’entreprise et le centre de formation d’apprentis (CFA), avec une alternance qui respecte les exigences du diplôme préparé. La durée de la formation en CFA ne peut être inférieure à 25 % de la durée totale du contrat.

En cas de formation à distance, le programme doit inclure un accompagnement pédagogique, une information sur les modules dispensés et des évaluations pour valider l’apprentissage.

Quels sont les diplômes accessibles en apprentissage ?

L’apprentissage permet de préparer plusieurs diplômes reconnus par l’État :

  • CAP, BEP, Bac professionnel
  • BTS, BUT (ex-DUT), Licence professionnelle
  • Master, Diplôme d’ingénieur

Temps de travail et heures supplémentaires

Le temps de travail des apprentis est fixé à 35 heures par semaine (formation en CFA incluse). Les apprentis majeurs peuvent effectuer des heures supplémentaires, tandis que pour les mineurs, le temps de travail est limité à 8 heures par jour et 35 heures par semaine.

Des dérogations permettent aux apprentis mineurs de travailler jusqu’à 40 heures par semaine dans certains secteurs comme le BTP.

Rémunération de l’apprenti en 2025

Le salaire de l’apprenti est calculé en pourcentage du SMIC et varie selon son âge et son année de formation :

  • 16-17 ans : 27 % à 55 % du SMIC
  • 18-20 ans : 43 % à 67 % du SMIC
  • 21-25 ans : 53 % à 78 % du SMIC
  • 26 ans et plus : 100 % du SMIC ou du salaire conventionnel

Le montant du SMIC en 2025 étant de 1 801,80 € brut, la rémunération brute minimale varie de 486,48 € (pour un apprenti de 16 ans en première année) à 1 405,40 € (pour un apprenti de 25 ans en troisième année).

Protection sociale de l’apprenti

L’apprenti bénéficie du régime général de la Sécurité sociale, couvrant :

  • Maladie et maternité
  • Accidents du travail et maladies professionnelles
  • Allocations chômage sous conditions

Rupture du contrat d’apprentissage

Pendant la période d’essai

Le contrat peut être rompu unilatéralement par l’une des parties dans les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, sans motif particulier.

Après la période d’essai

La rupture du contrat peut intervenir dans les cas suivants :

  • Accord mutuel entre l’employeur et l’apprenti
  • Faute grave de l’apprenti
  • Inaptitude médicale constatée par le médecin du travail
  • Liquidation judiciaire de l’entreprise
  • Décès de l’employeur maître d’apprentissage
  • Obtention anticipée du diplôme préparé

L’apprenti a-t-il droit à des congés ?

L’apprenti bénéficie de 5 semaines de congés payés par an et de 5 jours de congé supplémentaire pour préparer ses examens. Les apprentis de moins de 21 ans peuvent demander jusqu’à 30 jours de congé sans solde.

Apprentissage ou professionnalisation : quelle différence ?

Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont tous deux des dispositifs d’alternance, permettant de combiner formation théorique et expérience en entreprise. Cependant, ils répondent à des objectifs distincts et ne s’adressent pas aux mêmes publics.

Le contrat d’apprentissage : une formation diplômante

Le contrat d’apprentissage est destiné aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (sauf exceptions) souhaitant obtenir un diplôme d’État ou un titre professionnel reconnu inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Il s’inscrit dans le cadre de la formation initiale et permet d’accéder à des diplômes allant du CAP au Master, voire des titres d’ingénieur.

Ce contrat est conclu pour une durée comprise entre 6 mois et 3 ans, en fonction du diplôme préparé. Il peut être prolongé d’un an en cas d’échec à l’examen, notamment si l’apprenti souhaite repasser son diplôme ou poursuivre sa formation chez un autre employeur.

Le statut de l’apprenti est celui de salarié, ce qui lui confère des droits similaires aux autres employés : rémunération, congés payés, protection sociale, et possibilité de bénéficier de certaines aides financières, tant pour l’employeur que pour l’apprenti.

Le contrat de professionnalisation : une insertion rapide dans l’emploi

Le contrat de professionnalisation, quant à lui, s’inscrit dans le cadre de la formation continue. Il s’adresse à des publics plus variés, notamment :

  • Les jeunes âgés de 16 à 25 ans souhaitant compléter leur formation pour acquérir une qualification professionnelle reconnue
  • Les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus
  • Certains bénéficiaires de minima sociaux (RSA, ASS, AAH, etc.)

L’objectif du contrat de professionnalisation est de favoriser une insertion rapide dans l’emploi en permettant aux bénéficiaires d’acquérir une qualification reconnue par un accord collectif ou un certificat de qualification professionnelle (CQP).

Sa durée est généralement comprise entre 6 et 12 mois, mais peut être portée jusqu’à 24 mois pour certains publics prioritaires. Contrairement au contrat d’apprentissage, il ne débouche pas sur un diplôme d’État, mais sur une certification qualifiante destinée à faciliter l’accès à un emploi stable.

Quel dispositif choisir ?

Le contrat d’apprentissage est recommandé pour les jeunes souhaitant obtenir un diplôme reconnu et acquérir une expérience professionnelle encadrée, tout en bénéficiant d’une rémunération adaptée à leur âge et à leur progression dans leur cycle de formation.

Le contrat de professionnalisation s’adresse davantage aux personnes cherchant une qualification rapide et une intégration directe dans le monde du travail, avec une approche plus pragmatique et orientée emploi.

Le choix entre ces deux dispositifs dépend donc des besoins du candidat et des attentes de l’employeur en termes de formation et d’intégration des salariés en entreprise.

Conclusion

Le contrat d’apprentissage représente une opportunité précieuse pour les entreprises et les jeunes en formation. Il permet d’acquérir une expérience professionnelle encadrée, tout en poursuivant un parcours diplômant reconnu par l’État.

Grâce aux aides financières mises en place, aux exonérations sociales, et aux dispositifs spécifiques pour les apprentis en situation de handicap, ce contrat constitue une voie privilégiée pour l’insertion professionnelle.

Toutefois, il est indispensable de respecter les obligations légales, qu’il s’agisse des conditions d’âge, du temps de travail, de la formation en CFA, ou encore des modalités de rupture du contrat. Les entreprises doivent également veiller à la bonne intégration de l’apprenti, notamment à travers l’accompagnement du maître d’apprentissage.

Maîtriser ces règles permet d’assurer un parcours d’apprentissage réussi et conforme aux exigences du Code du travail, garantissant ainsi aux employeurs et aux apprentis une collaboration fructueuse et sécurisée.

FAQ

1. Qui peut bénéficier d’un contrat d’apprentissage et quelles sont les conditions d’âge ?

Le contrat d’apprentissage est accessible aux jeunes âgés de 16 à 29 ans révolus, avec des exceptions permettant d’y accéder au-delà de cet âge :

  • Travailleurs handicapés : aucune limite d’âge.
  • Sportifs de haut niveau : possibilité de signer un contrat d’apprentissage après 29 ans.
  • Créateurs ou repreneurs d’entreprise : si l’obtention du diplôme est une condition pour la concrétisation du projet.
  • Apprentis ayant déjà conclu un contrat d’apprentissage : lorsqu’ils poursuivent un diplôme de niveau supérieur.
  • Apprentis dont le contrat a été rompu pour des raisons indépendantes de leur volonté (licenciement économique, inaptitude physique temporaire, liquidation judiciaire de l’employeur, etc.).

Les jeunes de moins de 16 ans peuvent également accéder à un contrat d’apprentissage s’ils ont terminé leur classe de troisième et atteignent au moins 15 ans dans l’année civile en cours.

2. Quel salaire un apprenti perçoit-il et comment évolue-t-il ?

La rémunération d’un apprenti est calculée en pourcentage du SMIC et dépend de son âge et de son année de formation. Depuis janvier 2025, le SMIC est fixé à 1 801,80 € brut par mois, servant de base au calcul des salaires :

  • 16 à 17 ans : 27 % du SMIC (486,48 €) en première année, 39 % (774,77 €) en deuxième année, 55 % (954,95 €) en troisième année.
  • 18 à 20 ans : 43 % du SMIC (702,70 €) en première année, 51 % (918,91 €) en deuxième année, 67 % (1 099,09 €) en troisième année.
  • 21 à 25 ans : 53 % du SMIC (990,99 €) en première année, 61 % (1 207,20 €) en deuxième année, 78 % (1 405,40 €) en troisième année.
  • 26 ans et plus : rémunération au moins égale au SMIC ou au salaire minimum conventionnel applicable dans l’entreprise.

La rémunération de l’apprenti est exonérée d’impôt sur le revenu jusqu’au plafond du SMIC annuel. De plus, en cas de convention collective plus favorable, l’apprenti peut percevoir une rémunération supérieure aux montants légaux.

3. Quelles sont les aides financières pour l’embauche d’un apprenti en 2025 ?

Pour encourager l’embauche d’apprentis, plusieurs aides financières sont mises en place pour les entreprises, avec des montants adaptés selon la taille de l’employeur et la situation de l’apprenti :

  • 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés.
  • 2 000 € pour les entreprises de plus de 250 salariés.
  • 6 000 € pour l’embauche d’un apprenti en situation de handicap, sans condition de taille d’entreprise (cumulable avec d’autres aides).

Les conditions d’éligibilité aux aides varient, notamment pour les entreprises de plus de 250 salariés, qui doivent atteindre un quota d’alternants pour en bénéficier.

En complément, les employeurs peuvent bénéficier d’exonérations de cotisations sociales, notamment :

  • Réduction générale des cotisations patronales (ex-réduction Fillon).
  • Exonération de CSG et CRDS pour les contrats conclus à partir du 1er mars 2025.
  • Dispense de la taxe d’apprentissage sous conditions.

4. Comment rompre un contrat d’apprentissage et quelles sont les conséquences ?

La rupture du contrat d’apprentissage dépend du moment où elle intervient et du motif invoqué :

  1. Pendant la période d’essai (45 jours de formation pratique en entreprise, consécutifs ou non) :
    • L’une ou l’autre des parties peut rompre unilatéralement le contrat sans formalité particulière.
    • La rupture doit être notifiée par écrit à l’autre partie.
  2. Après la période d’essai : la rupture est encadrée par la loi et ne peut intervenir que dans les cas suivants :
    • Rupture d’un commun accord entre l’apprenti et l’employeur.
    • Licenciement pour faute grave de l’apprenti.
    • Licenciement pour inaptitude physique constatée par le médecin du travail.
    • Force majeure (exemple : liquidation judiciaire de l’entreprise).
    • Exclusion définitive de l’apprenti par le CFA, justifiant un licenciement pour motif personnel.
    • Démission de l’apprenti après médiation, avec obligation de respecter un préavis.
    • Obtention anticipée du diplôme, sous réserve d’en informer l’employeur.

Lorsqu’un apprenti est licencié pour faute grave ou rupture anticipée sans motif valable, il peut être tenu de rembourser certaines aides financières perçues par l’employeur.

5. Quelles différences entre le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation ?

Bien que ces deux dispositifs relèvent de l’alternance, ils répondent à des objectifs et des publics différents.

Le contrat d’apprentissage est davantage orienté vers une formation diplômante et une insertion progressive dans l’emploi, tandis que le contrat de professionnalisation cible un accès rapide au marché du travail, souvent pour des publics en reconversion ou en insertion professionnelle.

Le choix entre ces deux contrats dépend du profil du candidat, du besoin de l’entreprise, et des perspectives d’évolution offertes par l’employeur.

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