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Salariés : êtes-vous éligible à la prime de partage de la valeur en 2025 ?

Francois Hagege
Fondateur
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Prime PPV 2025 : règles d’attribution, plafond et exonérations mises à jour

La prime de partage de la valeur (PPV), anciennement connue sous le nom de prime Macron, a été instaurée pour renforcer le pouvoir d’achat des salariés tout en permettant aux entreprises de les associer davantage aux résultats économiques.

Depuis sa mise en place en 2022, ce dispositif a évolué sous l’impulsion de la loi du 29 novembre 2023, qui vise à généraliser les mécanismes de partage de la valeur au sein des entreprises.

Désormais, certaines entreprises doivent obligatoirement mettre en place un dispositif de participation financière, qu'il s'agisse d'une PPV, d’un intéressement ou d’un abondement à un plan d’épargne salariale. Quels sont les montants, conditions d’attribution, modalités de versement et régimes d’exonération applicables en 2025 ? Décryptage du cadre juridique de la PPV et des réformes apportées par la récente législation.

Sommaire

  1. Qu'est-ce que la prime de partage de la valeur (PPV) ?
  2. L’employeur est-il obligé de verser la PPV ?
  3. Qui peut bénéficier de la PPV ?
  4. Montant et versement de la PPV en 2025
  5. Régime fiscal et social de la PPV 2025
  6. La PPV peut-elle remplacer une augmentation de salaire ou une autre prime ?
  7. Les nouveautés de la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur
  8. Conclusion
  9. FAQ

Qu'est-ce que la prime de partage de valeur (PPV) ?

La prime de partage de la valeur (PPV) a remplacé depuis le 1er juillet 2022 l'ancienne prime exceptionnelle de pouvoir d'achat (PEPA), plus connue sous le nom de prime Macron. Mise en place à l'origine pour soutenir le pouvoir d'achat des salariés dans un contexte inflationniste, la PPV a été pérennisée par la loi du 29 novembre 2023, qui retranscrit l'Accord national interprofessionnel (ANI) sur le partage de la valeur en entreprise.

Désormais, cette prime permet aux employeurs de verser un complément de rémunération exonéré de charges sociales et fiscales, sous certaines conditions.

L’employeur est-il obligé de verser la PPV ?

En principe, le versement de la PPV reste facultatif pour les entreprises. Toutefois, la loi du 29 novembre 2023 instaure de nouvelles obligations pour certaines entreprises. Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises comptant entre 11 et 49 salariés doivent expérimenter un dispositif de partage de la valeur . Ce dispositif peut prendre la forme :

  • d’un accord d'intéressement,
  • d’un accord de participation,
  • d’un abondement à un plan d’épargne salariale,
  • ou d’une PPV.

Cette obligation concerne les entreprises qui :

  • ne sont pas soumises à l’obligation légale de participation (moins de 50 salariés),
  • et qui ont enregistré un bénéfice net fiscal d'au moins 1% du chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs.

Qui peut bénéficier de la PPV ?

La prime peut être versée aux salariés liés par un contrat de travail, quel que soit leur statut :

  • Salariés en CDI ou CDD (à temps plein ou partiel),
  • Apprentis et titulaires de contrats de professionnalisation,
  • Intérimaires (mis à disposition par une entreprise de travail temporaire),
  • Travailleurs en ESAT (établissements et services d'aide par le travail),
  • Agents publics relevant d’un établissement public administratif ou industriel et commercial.

L’employeur peut-il sélectionner les bénéficiaires ?
Oui, l’employeur peut moduler le versement de la PPV en fonction de :

  • la rémunération du salarié,
  • son ancienneté dans l’entreprise,
  • son temps de présence effective au cours des 12 mois précédant le versement,
  • son niveau de classification.

Toutefois, aucun critère discriminatoire ne peut être utilisé pour exclure certains salariés.

Montant et versement de la PPV en 2025

Quel est le montant maximal ?
Le montant de la PPV est librement fixé par l’employeur, mais les exonérations de charges sociales et fiscales s’appliquent dans la limite de :

  • 3 000 € par salarié et par an,
  • 6 000 € pour les entreprises ayant mis en place un dispositif d’intéressement ou de participation.

En 2023, près de 5,9 millions de salariés ont bénéficié de cette prime, avec un montant moyen versé de 885 €.

L’employeur peut-il verser plusieurs primes dans l’année ?
Oui, il est possible de verser jusqu'à deux PPV par année civile, à condition que les montants cumulés ne dépassent pas les plafonds d’exonération.

Quels sont les délais de versement ?
La prime peut être versée en une ou plusieurs fois, mais dans la limite d’une fois par trimestre.

Régime fiscal et social de la PPV en 2025

La PPV bénéficie d’un régime d'exonération, sous certaines conditions :

  • Exonération de cotisations sociales jusqu’à 3 000 ou 6 000 € par an et par salarié,
  • Exonération d’impôt sur le revenu si le bénéficiaire perçoit une rémunération inférieure à 3 fois le SMIC et si l’entreprise compte moins de 50 salariés.

Toutefois, si la prime est versée dans une entreprise de 50 salariés ou plus, ou à un salarié dont le revenu dépasse 3 fois le SMIC, elle sera assujettie aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu.

La PPV peut-elle remplacer une autre prime ou une augmentation de salaire ?

Non. L'article L. 3315-2 du Code du travail interdit expressément d’utiliser la PPV pour remplacer une augmentation salariale ou une prime prévue par :

  • un accord collectif,
  • le contrat de travail,
  • les usages de l'entreprise.

Les nouveautés de la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur

La loi du 29 novembre 2023, transposant l’ANI, introduit plusieurs nouveautés :

  • Possibilité pour les salariés de placer la PPV sur un plan d’épargne salariale (PEE, PER),
  • Création d’un Plan de Partage de la Valorisation de l’Entreprise (PPVE) : dispositif permettant aux salariés de bénéficier d'une prime si la valeur de l’entreprise augmente,
  • Négociation sur les bénéfices exceptionnels dans les entreprises de 50 salariés et plus.

Conclusion

La prime de partage de la valeur (PPV) 2025 constitue un levier intéressant pour les entreprises souhaitant récompenser et fidéliser leurs salariés tout en bénéficiant d’un cadre fiscal et social avantageux. Bien que son versement demeure facultatif, la réforme du 1er janvier 2025 impose désormais à certaines entreprises la mise en place d’un dispositif de partage de la valeur, renforçant ainsi l’implication des salariés dans la performance économique de leur entreprise.

Par ailleurs, la possibilité pour les salariés d’affecter leur PPV à un plan d’épargne salariale ou de retraite ainsi que l’instauration du Plan de Partage de la Valorisation de l’Entreprise (PPVE) marquent une nouvelle étape vers un meilleur ancrage de la participation financière des salariés dans le modèle économique français.

FAQ

1. Qu’est-ce que la prime de partage de la valeur (PPV) et qui peut en bénéficier ?

La prime de partage de la valeur (PPV), qui remplace la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA) ou prime Macron, permet aux employeurs de verser à leurs salariés une prime défiscalisée et exonérée de cotisations sociales sous certaines conditions.

Peuvent bénéficier de cette prime :

  • Les salariés du secteur privé, qu’ils soient en CDI, CDD, à temps plein ou partiel, ainsi que les apprentis et titulaires d’un contrat de professionnalisation.
  • Les intérimaires, à condition que l’entreprise utilisatrice ait décidé de verser la PPV à ses propres salariés.
  • Les travailleurs handicapés en ESAT (établissements et services d'aide par le travail).
  • Certains agents publics, si l’administration ou l’établissement public auquel ils sont rattachés choisit de la verser.

Toutefois, l’employeur peut moduler le montant de la PPV en fonction de critères objectifs, tels que la rémunération, l’ancienneté, ou la durée de présence effective au sein de l’entreprise.

2. Quel est le montant maximal de la prime de partage de la valeur en 2025 et comment est-elle versée ?

Le montant de la PPV est librement fixé par l’employeur, mais pour bénéficier d’exonérations fiscales et sociales, il ne peut excéder :

  • 3 000 € par an et par salarié,
  • 6 000 € si l’entreprise met en place un dispositif d’intéressement ou de participation.

L’employeur peut verser la prime en une ou plusieurs fois, mais dans la limite d’un versement par trimestre. Il peut également décider de verser jusqu’à deux PPV par an, à condition de ne pas dépasser les plafonds d’exonération.

3. La PPV est-elle obligatoire pour les entreprises en 2025 ?

En règle générale, le versement de la PPV demeure facultatif. Cependant, la loi du 29 novembre 2023 impose aux entreprises de 11 à 49 salariés de mettre en place un dispositif de partage de la valeur à partir du 1er janvier 2025.

Ces entreprises doivent choisir entre :

  • La prime de partage de la valeur (PPV),
  • Un accord d’intéressement ou de participation,
  • Un abondement à un plan d’épargne salariale.

Cette obligation concerne uniquement les entreprises qui :

  • N’étaient pas déjà soumises à l’obligation légale de participation,
  • Ont réalisé un bénéfice net fiscal d’au moins 1% du chiffre d’affaires pendant 3 exercices consécutifs.

Il s’agit d’une expérimentation de 5 ans, qui pourrait être pérennisée après 2028.

4. La prime de partage de la valeur est-elle exonérée de cotisations sociales et d’impôt ?

La PPV bénéficie d’un régime d’exonération avantageux, mais sous certaines conditions :

  • Exonération totale de cotisations sociales jusqu’à 3 000 € ou 6 000 €, selon le cas.
  • Exonération d’impôt sur le revenu si la prime est versée à un salarié gagnant moins de 3 SMIC bruts annuels et employé par une entreprise de moins de 50 salariés.

⚠️ Cas particuliers :

  • Si la prime est versée à un salarié dont la rémunération excède 3 fois le SMIC, elle reste exonérée de cotisations sociales mais sera imposable sur le revenu.
  • Si elle est versée par une entreprise de 50 salariés et plus, elle ne bénéficie pas de l’exonération d’impôt, sauf si elle est placée dans un plan d’épargne salariale.

5. La PPV peut-elle remplacer une augmentation de salaire ou une autre prime ?

Non, la loi interdit expressément de substituer la prime de partage de la valeur à :

  • Une augmentation de salaire,
  • Une prime prévue par un accord collectif,
  • Une prime contractuelle ou un avantage salarial en vigueur dans l’entreprise.

Ainsi, l’employeur ne peut pas utiliser la PPV pour contourner une obligation de revalorisation salariale ou remplacer un avantage conventionnel déjà existant.

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