Lorsqu’un contrat de travail prend fin, l’employeur est tenu de remettre au salarié plusieurs documents de fin de contrat, dont le solde de tout compte. Ce document recense toutes les sommes versées au salarié au moment de son départ de l’entreprise.
Mais quelles sont les mentions obligatoires à y inclure ? Le salarié est-il tenu de le signer ? Et quels sont les risques pour l’employeur en cas de contestation ?
Comprendre les règles applicables au solde de tout compte permet d’éviter tout litige entre employeur et salarié, notamment en matière de paiement des indemnités et de délai de contestation.
À la fin d’un contrat de travail, l’employeur est tenu de remettre plusieurs documents de fin de contrat au salarié, parmi lesquels figurent :
Le solde de tout compte est un document qui récapitule toutes les sommes versées au salarié à l’occasion de la fin de son contrat, quel que soit le motif de rupture : licenciement, démission, fin de CDD, rupture conventionnelle.
Ce document prend la forme d’un "reçu pour solde de tout compte", qui doit être établi en deux exemplaires, dont l’un est remis au salarié.
L’employeur est tenu d’inscrire de manière détaillée les sommes versées au salarié au titre de la rupture du contrat. Le document doit inclure notamment :
L’employeur ne peut pas se contenter d’indiquer un montant global, il doit préciser distinctement chaque somme.
L’employeur doit remettre le solde de tout compte au salarié dès la fin du contrat de travail. En principe, cela correspond à la date d’expiration du préavis. Toutefois, si le salarié est dispensé de préavis, l’employeur doit mettre le document à sa disposition dès son départ effectif de l’entreprise.
Dans certains cas, notamment pour les salariés en CDD, en intérim, ou en contrat d’alternance, l’usage veut que le solde de tout compte soit remis le dernier jour travaillé ou au plus tard à la date indiquée sur le contrat.
L’absence de remise du solde de tout compte dans ces délais peut entraîner des contentieux devant le Conseil de prud’hommes, notamment si le salarié rencontre des difficultés pour percevoir ses droits auprès de France Travail (ex-Pôle emploi) ou pour faire valoir ses indemnités.
Le solde de tout compte est un document quérable et non portable, ce qui signifie que l’employeur n’a pas l’obligation légale de l’envoyer au salarié. Il doit cependant l’informer qu’il est disponible et qu’il peut le récupérer dans l’entreprise.
Cette information peut être transmise par courrier simple, e-mail ou appel téléphonique.
Toutefois, pour éviter tout litige ultérieur, il est fortement recommandé d’opter pour une remise en main propre contre signature ou, si le salarié ne peut pas se déplacer, pour un envoi par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce mode d’envoi permet d’apporter une preuve formelle en cas de contestation.
En cas de non-récupération du solde de tout compte par le salarié, l’employeur doit tout de même procéder au paiement des sommes dues. Un salarié ne peut pas être privé de ses indemnités au motif qu’il ne s’est pas déplacé pour signer son solde de tout compte.
La signature du salarié n’est pas obligatoire. L’employeur ne peut pas contraindre un salarié à signer le reçu pour solde de tout compte, et un refus de signature n’a aucune incidence sur le paiement des sommes dues. L’absence de signature n’empêche en aucun cas le salarié de percevoir son dernier salaire, ses indemnités de rupture ou tout autre montant figurant sur le document.
Toutefois, si le salarié signe le solde de tout compte, cela entraîne un effet libératoire pour l’employeur après un délai de six mois.
Cela signifie que, passé ce délai, le salarié ne pourra plus contester les montants indiqués sur le document, sauf en cas de réserve expresse mentionnée lors de la signature.
À l’inverse, si le salarié ne signe pas, il conserve la possibilité de contester les sommes versées devant le Conseil de prud’hommes dans des délais plus longs, pouvant aller jusqu’à trois ans pour les réclamations de salaires. C’est pourquoi certains salariés préfèrent ne pas signer le solde de tout compte afin de garder la possibilité de vérifier les montants perçus et, si nécessaire, d’engager une action.
En conséquence, bien que la signature puisse sécuriser l’employeur, elle n’est pas une obligation pour le salarié et n’a pas d’incidence sur son droit à percevoir ses indemnités.
La signature du salarié permet d’apporter une valeur libératoire au document. Cela signifie que l’employeur est libéré de toute contestation sur les sommes mentionnées dans le reçu à l’expiration d’un délai de six mois.
Si le salarié souhaite contester une somme figurant sur son solde de tout compte, il doit agir dans ce délai. Passé ce délai, il ne peut plus exiger de paiement supplémentaire pour les montants inscrits dans le reçu.
Il est donc impératif que le solde de tout compte mentionne clairement la date de signature.
Si le salarié refuse de signer le solde de tout compte, l’effet libératoire ne s’applique pas. Il conserve alors la possibilité de contester les sommes versées devant le Conseil de prud’hommes, selon les délais suivants :
En l’absence de signature, le solde de tout compte ne constitue pas une preuve suffisante que l’employeur a bien versé les sommes dues. Il est donc conseillé à l’employeur de garder des justificatifs (relevés de virement, accusés de réception des documents transmis, etc.).
Le solde de tout compte joue un rôle clé dans la fin de la relation de travail en assurant une transparence sur les sommes dues au salarié. Bien que sa signature ne soit pas obligatoire, elle permet à l’employeur de se protéger contre d’éventuelles contestations après un délai de six mois.
En cas d’absence de signature, le salarié conserve la possibilité d’agir devant le Conseil de prud’hommes dans un délai pouvant aller jusqu’à trois ans selon la nature de la demande. Il est donc essentiel pour l’employeur de conserver des preuves du paiement des sommes dues afin d’anticiper tout contentieux.
Le solde de tout compte est un document remis par l’employeur au salarié à la fin de son contrat de travail (CDI, CDD, intérim, etc.). Il récapitule toutes les sommes dues au salarié lors de son départ, incluant le dernier salaire, les primes, les indemnités de rupture et les congés payés non pris.
Ce document est obligatoire et doit être remis quelle que soit la cause de la rupture du contrat : licenciement, démission, rupture conventionnelle, fin de CDD… Il permet de formaliser les montants versés et d’éviter d’éventuelles contestions de la part du salarié. L’article L1234-20 du Code du travail précise les obligations légales relatives à ce document.
Le reçu pour solde de tout compte doit mentionner de manière détaillée toutes les sommes versées au salarié au moment de la rupture du contrat. Il ne peut pas se limiter à un montant global sans détail des paiements effectués. Parmi les éléments devant y figurer, on retrouve :
Le document doit aussi préciser qu’il est établi en deux exemplaires, dont un est remis au salarié.
L’employeur doit remettre le solde de tout compte immédiatement après la fin du contrat de travail. En pratique, cela signifie que :
Le salarié peut refuser de récupérer son solde de tout compte, mais cela ne dispense pas l’employeur de son obligation de paiement des sommes dues. Il est recommandé de remettre le solde de tout compte en main propre contre signature, ou par lettre recommandée avec accusé de réception pour éviter toute contestation.
Non, la signature du solde de tout compte n’est pas obligatoire pour le salarié. Ce dernier est libre d’accepter ou de refuser de le signer.
En revanche, si le salarié signe le reçu, celui-ci produit un effet libératoire pour l’employeur après un délai de six mois. Cela signifie que le salarié ne pourra plus contester les montants inscrits sur le document après cette période.
Toutefois, l’absence de signature ne dispense pas l’employeur de verser les sommes dues. Il devra être en mesure de prouver qu’il a bien payé les sommes mentionnées sur le solde de tout compte (virements bancaires, fiches de paie, accusés de réception…).
Si le salarié refuse de signer, le solde de tout compte n’a pas d’effet libératoire. Cela signifie que le salarié peut contester les montants qui y figurent devant le Conseil de prud’hommes dans les délais suivants :
Si l’employeur ne peut pas prouver le paiement des sommes dues, il s’expose à un contentieux prud’homal pouvant l’obliger à régler les montants réclamés, avec des intérêts de retard et, potentiellement, des dommages et intérêts pour préjudice subi.