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Travail des étrangers en France : quelles autorisations et démarches ?

Francois Hagege
Fondateur
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Recruter un étranger en France : quelles formalités et impacts sur le séjour ?

L’embauche de travailleurs étrangers en France est soumise à des règles strictes visant à contrôler l’immigration professionnelle et à garantir le respect des droits des salariés.

Un employeur doit s’assurer que le candidat dispose des autorisations légales nécessaires, notamment une autorisation de travail et un titre de séjour valide. De plus, le type de contrat proposé (CDI, CDD, contrat d’apprentissage, intérim) peut avoir des implications sur la régularité du séjour et les obligations administratives.

Face à une réglementation en constante évolution, il est essentiel pour les employeurs et les salariés étrangers de connaître les démarches à accomplir, les sanctions en cas d’irrégularité, ainsi que les opportunités de régularisation par le travail. *Cet article détaille les

Cet article détaille les conditions d’embauche des étrangers en France, les obligations légales des employeurs et les dispositifs récents visant à faciliter l’intégration des travailleurs étrangers.

Sommaire

  1. Quel contrat pour embaucher un étranger en France
  2. Quelles formalités avant de recruter un travailleur étranger en France
  3. Impact du contrat de travail sur le titre de séjour
  4. Sanctions liées à l’emploi de travailleurs sans-papiers
  5. Régularisation des travailleurs étrangers par le travail
  6. Contrôle de l’immigration et intégration des travailleurs étrangers
  7. FAQ

Quel contrat pour embaucher un étranger en France ?

Un employeur en France peut recruter un salarié étranger sous plusieurs types de contrats de travail :

  • Contrat à durée indéterminée (CDI)
  • Contrat à durée déterminée (CDD)
  • Contrat d’apprentissage
  • Contrat de professionnalisation
  • Contrat d’intérim

Toutefois, certaines catégories de travailleurs étrangers, notamment les étudiants étrangers, sont soumises à des régimes spécifiques en fonction de leur pays d’origine.

Quelles formalités avant de recruter un travailleur étranger en France ?

L’autorisation de travail : une obligation pour l’employeur

Avant d’embaucher un salarié étranger, l’employeur doit obtenir une autorisation de travail, sauf si le travailleur est ressortissant d’un pays de l’Union européenne. Cette autorisation est délivrée par la préfecture et peut être limitée à certaines activités professionnelles ou zones géographiques.

L’employeur doit également s’assurer que le salarié est en situation de résidence régulière en France. Seuls les étrangers disposant d’un titre de séjour portant la mention "autorisé à travailler" peuvent exercer une activité salariée.

Un travailleur étranger qui ne possède plus d’autorisation de travail peut être licencié pour cause réelle et sérieuse .

Conditions d’obtention d’une autorisation de travail

Depuis le 1er septembre 2024, de nouvelles exigences s’appliquent à l’employeur et au salarié. Ces conditions incluent :

  • Respect des obligations sociales par l’employeur
  • Respect des conditions d’exercice de l’activité (ex. : diplômes requis)
  • Preuve d’un logement décent pour les travailleurs saisonniers

La liste des documents requis pour obtenir l’autorisation de travail est fixée par arrêté du 3 janvier 2025.

Délai et refus de l’autorisation de travail

Le préfet dispose de 2 mois pour répondre à la demande. L’absence de réponse vaut rejet implicite.

Un refus peut être opposé si :

  • Le recrutement est jugé disproportionné par rapport à l’activité économique de l’entreprise
  • L’employeur a fait l’objet de sanctions administratives ou pénales pour travail dissimulé ou fraude

Impact du contrat de travail sur le titre de séjour

Salarié étranger en CDI

Un salarié étranger en CDI peut obtenir une carte de séjour temporaire "salarié", d’une durée d’un an, renouvelable. Après un an d’emploi stable, il peut demander une carte pluriannuelle de 4 ans.

Si le salarié ne réside pas encore en France, l’autorisation de travail permet de demander un visa long séjour. Une fois en France, l’employeur doit veiller à la validation du visa pour permettre l’obtention du titre de séjour.

Salarié étranger en CDD

Pour un CDD, le travailleur étranger obtient un titre de séjour temporaire "travailleur temporaire", dont la durée correspond à celle du contrat de travail.

À l’expiration du CDD, si l’employeur souhaite prolonger l’embauche, il doit effectuer une nouvelle demande d’autorisation de travail avant l’expiration du titre en cours.

Sanctions liées à l’emploi de travailleurs sans-papiers

Risques pour l’employeur

Le Code du travail interdit l’embauche de travailleurs sans titre de séjour. L’employeur qui ne respecte pas cette obligation s’expose à :

  • Une amende administrative pouvant aller jusqu’à 15 000 € par travailleur irrégulier
  • Des poursuites pénales avec une peine de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende
  • Une fermeture administrative de l’entreprise en cas de récidive

Depuis la réforme du 9 juillet 2024, une solidarité financière est mise en place : si un sous-traitant emploie un sans-papiers, le donneur d’ordre peut être tenu pour responsable.

Régularisation par le travail

Un étranger en situation irrégulière peut demander une admission exceptionnelle au séjour par le travail, sous conditions :

  • Justifier d’une présence en France d’au moins 7 ans (contre 5 ans auparavant)
  • Avoir exercé une activité professionnelle pendant 24 mois consécutifs ou non
  • Travailler dans un métier en tension

L’employeur peut soutenir la demande en fournissant une promesse d’embauche ou un contrat de travail.

Contrôle de l’immigration et intégration des travailleurs étrangers

Accès facilité aux métiers en tension

Depuis la loi Immigration 2024, les travailleurs étrangers peuvent obtenir une carte de séjour "salarié" plus facilement s’ils exercent un métier en tension. Cette carte est valable 1 an renouvelable, sous conditions :

  • Avoir travaillé au moins 12 mois sur les 24 derniers mois dans un secteur en tension
  • Résider depuis au moins 3 ans en France
  • Justifier d’une intégration réussie (ex. : maîtrise du français)

La liste des métiers en tension a été actualisée par arrêté du 1er mars 2024 et inclut désormais les métiers agricoles.

Respect des principes républicains

Tout étranger demandant une carte de séjour doit signer un contrat d’engagement au respect des principes de la République. En cas de refus de ces principes, l’autorisation de séjour peut être refusée, retirée ou non renouvelée.

Accès au travail des demandeurs d’asile

Le projet initial de la loi Immigration 2024 prévoyait un accès immédiat au marché du travail pour les demandeurs d’asile issus de pays à risque, mais cette mesure a été supprimée du texte adopté.

Toutefois, des pôles territoriaux France Asile sont en cours de déploiement pour centraliser les démarches d’asile et accélérer l’instruction des demandes.

Conclusion

L’embauche d’un salarié étranger en France repose sur une procédure rigoureuse impliquant des contrôles de légalité du séjour et du travail. L’employeur doit vérifier la régularité de la situation administrative du travailleur, obtenir une autorisation de travail si nécessaire, et respecter les obligations déclaratives imposées par la législation.

Le non-respect de ces formalités peut entraîner des sanctions lourdes, notamment des amendes, des poursuites pénales et même une fermeture administrative. Toutefois, des mécanismes de régularisation existent, notamment pour les étrangers occupant des métiers en tension ou justifiant d’une activité salariée stable.

Avec l’évolution constante du droit du travail et des règles d’immigration, les employeurs doivent se tenir informés des dernières réformes législatives et adapter leurs pratiques afin de garantir la sécurité juridique de leurs recrutements.

FAQ

1. Quelles sont les conditions pour embaucher un salarié étranger en France ?

L’embauche d’un travailleur étranger en France est soumise à plusieurs conditions légales et administratives. L’employeur doit vérifier que le salarié possède un titre de séjour valide et une autorisation de travail, sauf pour les ressortissants de l’Union européenne. Selon l’Article L5221-5 du Code du travail, seuls les étrangers disposant d’un titre de séjour portant la mention "autorisé à travailler" peuvent exercer une activité salariée.

L’employeur doit également respecter des conditions spécifiques selon la nature du contrat proposé (CDI, CDD, intérim, apprentissage), notamment en matière de déclaration préalable à l’embauche (DPAE) et de paiement des taxes liées à l’emploi de travailleurs étrangers.

2. Quels documents sont nécessaires pour obtenir une autorisation de travail ?

L’autorisation de travail est indispensable pour embaucher un salarié étranger hors UE et doit être demandée auprès de la préfecture ou de la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS). L’employeur doit fournir :

  • Un contrat de travail signé précisant les conditions d’emploi
  • Une justification du respect des obligations sociales et fiscales
  • Un justificatif de logement décent si l’emploi est saisonnier
  • Une attestation prouvant l’absence de condamnations pour infractions liées au travail illégal

Depuis le 1er septembre 2024, de nouvelles exigences s’appliquent : l’employeur doit prouver qu’il respecte ses obligations légales et sociales. L’absence de réponse de l’administration dans un délai de 2 mois vaut rejet tacite de la demande (Article R5221-3 du Code du travail).

3. Quel est l’impact du type de contrat (CDI ou CDD) sur le titre de séjour du salarié étranger ?

Le type de contrat influe directement sur la durée et la nature du titre de séjour accordé au salarié étranger.

  • Contrat à durée indéterminée (CDI) : le salarié peut demander une carte de séjour "salarié", valable un an la première année, puis renouvelable pour quatre ans s’il reste dans le même emploi.
  • Contrat à durée déterminée (CDD) : il peut obtenir une carte de séjour "travailleur temporaire", dont la validité correspond à la durée du contrat. Pour continuer à travailler en France après un CDD, une nouvelle demande d’autorisation de travail est nécessaire avant l’expiration du titre de séjour.

Ces procédures concernent uniquement les étrangers hors Union européenne, les ressortissants de l’UE étant exemptés d’autorisation de travail.

4. Quelles sont les sanctions encourues en cas d’embauche d’un salarié sans-papiers ?

Employer un travailleur étranger sans titre de séjour ou sans autorisation de travail expose l’employeur à des sanctions administratives et pénales lourdes.

  • Amende administrative de 15 000 € par travailleur irrégulier
  • Sanction pénale : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende
  • Responsabilité solidaire : si le travailleur est embauché via un sous-traitant, le donneur d’ordre peut également être tenu responsable
  • Fermeture administrative de l’entreprise en cas de récidive

Depuis le décret du 9 juillet 2024, une amende administrative spécifique remplace la contribution spéciale versée à l’OFII. En outre, l’administration peut refuser ou retirer l’autorisation de travail d’un employeur ayant déjà été sanctionné pour travail dissimulé.

5. Comment régulariser un salarié étranger en situation irrégulière ?

Un travailleur étranger en situation irrégulière peut obtenir un titre de séjour par régularisation, sous certaines conditions. Il doit prouver :

  • Une présence en France d’au moins 7 ans (contre 5 ans auparavant)
  • Une activité salariée régulière d’au moins 24 mois
  • L’exercice d’un métier en tension, facilitant l’obtention d’une carte de séjour "salarié" ou "travailleur temporaire"

Cette admission exceptionnelle au séjour est prévue par l’Article L435-1 du CESEDA. L’employeur peut appuyer la demande en fournissant un contrat de travail ou une promesse d’embauche.

Depuis la loi Immigration 2024, cette procédure est expérimentale jusqu’en 2026 et concerne principalement les secteurs ayant une pénurie de main-d’œuvre.

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