L’embauche de travailleurs étrangers en France est soumise à des règles strictes visant à contrôler l’immigration professionnelle et à garantir le respect des droits des salariés.
Un employeur doit s’assurer que le candidat dispose des autorisations légales nécessaires, notamment une autorisation de travail et un titre de séjour valide. De plus, le type de contrat proposé (CDI, CDD, contrat d’apprentissage, intérim) peut avoir des implications sur la régularité du séjour et les obligations administratives.
Face à une réglementation en constante évolution, il est essentiel pour les employeurs et les salariés étrangers de connaître les démarches à accomplir, les sanctions en cas d’irrégularité, ainsi que les opportunités de régularisation par le travail. *Cet article détaille les
Cet article détaille les conditions d’embauche des étrangers en France, les obligations légales des employeurs et les dispositifs récents visant à faciliter l’intégration des travailleurs étrangers.
Un employeur en France peut recruter un salarié étranger sous plusieurs types de contrats de travail :
Toutefois, certaines catégories de travailleurs étrangers, notamment les étudiants étrangers, sont soumises à des régimes spécifiques en fonction de leur pays d’origine.
Avant d’embaucher un salarié étranger, l’employeur doit obtenir une autorisation de travail, sauf si le travailleur est ressortissant d’un pays de l’Union européenne. Cette autorisation est délivrée par la préfecture et peut être limitée à certaines activités professionnelles ou zones géographiques.
L’employeur doit également s’assurer que le salarié est en situation de résidence régulière en France. Seuls les étrangers disposant d’un titre de séjour portant la mention "autorisé à travailler" peuvent exercer une activité salariée.
Un travailleur étranger qui ne possède plus d’autorisation de travail peut être licencié pour cause réelle et sérieuse .
Depuis le 1er septembre 2024, de nouvelles exigences s’appliquent à l’employeur et au salarié. Ces conditions incluent :
La liste des documents requis pour obtenir l’autorisation de travail est fixée par arrêté du 3 janvier 2025.
Le préfet dispose de 2 mois pour répondre à la demande. L’absence de réponse vaut rejet implicite.
Un refus peut être opposé si :
Un salarié étranger en CDI peut obtenir une carte de séjour temporaire "salarié", d’une durée d’un an, renouvelable. Après un an d’emploi stable, il peut demander une carte pluriannuelle de 4 ans.
Si le salarié ne réside pas encore en France, l’autorisation de travail permet de demander un visa long séjour. Une fois en France, l’employeur doit veiller à la validation du visa pour permettre l’obtention du titre de séjour.
Pour un CDD, le travailleur étranger obtient un titre de séjour temporaire "travailleur temporaire", dont la durée correspond à celle du contrat de travail.
À l’expiration du CDD, si l’employeur souhaite prolonger l’embauche, il doit effectuer une nouvelle demande d’autorisation de travail avant l’expiration du titre en cours.
Le Code du travail interdit l’embauche de travailleurs sans titre de séjour. L’employeur qui ne respecte pas cette obligation s’expose à :
Depuis la réforme du 9 juillet 2024, une solidarité financière est mise en place : si un sous-traitant emploie un sans-papiers, le donneur d’ordre peut être tenu pour responsable.
Un étranger en situation irrégulière peut demander une admission exceptionnelle au séjour par le travail, sous conditions :
L’employeur peut soutenir la demande en fournissant une promesse d’embauche ou un contrat de travail.
Depuis la loi Immigration 2024, les travailleurs étrangers peuvent obtenir une carte de séjour "salarié" plus facilement s’ils exercent un métier en tension. Cette carte est valable 1 an renouvelable, sous conditions :
La liste des métiers en tension a été actualisée par arrêté du 1er mars 2024 et inclut désormais les métiers agricoles.
Tout étranger demandant une carte de séjour doit signer un contrat d’engagement au respect des principes de la République. En cas de refus de ces principes, l’autorisation de séjour peut être refusée, retirée ou non renouvelée.
Le projet initial de la loi Immigration 2024 prévoyait un accès immédiat au marché du travail pour les demandeurs d’asile issus de pays à risque, mais cette mesure a été supprimée du texte adopté.
Toutefois, des pôles territoriaux France Asile sont en cours de déploiement pour centraliser les démarches d’asile et accélérer l’instruction des demandes.
L’embauche d’un salarié étranger en France repose sur une procédure rigoureuse impliquant des contrôles de légalité du séjour et du travail. L’employeur doit vérifier la régularité de la situation administrative du travailleur, obtenir une autorisation de travail si nécessaire, et respecter les obligations déclaratives imposées par la législation.
Le non-respect de ces formalités peut entraîner des sanctions lourdes, notamment des amendes, des poursuites pénales et même une fermeture administrative. Toutefois, des mécanismes de régularisation existent, notamment pour les étrangers occupant des métiers en tension ou justifiant d’une activité salariée stable.
Avec l’évolution constante du droit du travail et des règles d’immigration, les employeurs doivent se tenir informés des dernières réformes législatives et adapter leurs pratiques afin de garantir la sécurité juridique de leurs recrutements.
L’embauche d’un travailleur étranger en France est soumise à plusieurs conditions légales et administratives. L’employeur doit vérifier que le salarié possède un titre de séjour valide et une autorisation de travail, sauf pour les ressortissants de l’Union européenne. Selon l’Article L5221-5 du Code du travail, seuls les étrangers disposant d’un titre de séjour portant la mention "autorisé à travailler" peuvent exercer une activité salariée.
L’employeur doit également respecter des conditions spécifiques selon la nature du contrat proposé (CDI, CDD, intérim, apprentissage), notamment en matière de déclaration préalable à l’embauche (DPAE) et de paiement des taxes liées à l’emploi de travailleurs étrangers.
L’autorisation de travail est indispensable pour embaucher un salarié étranger hors UE et doit être demandée auprès de la préfecture ou de la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS). L’employeur doit fournir :
Depuis le 1er septembre 2024, de nouvelles exigences s’appliquent : l’employeur doit prouver qu’il respecte ses obligations légales et sociales. L’absence de réponse de l’administration dans un délai de 2 mois vaut rejet tacite de la demande (Article R5221-3 du Code du travail).
Le type de contrat influe directement sur la durée et la nature du titre de séjour accordé au salarié étranger.
Ces procédures concernent uniquement les étrangers hors Union européenne, les ressortissants de l’UE étant exemptés d’autorisation de travail.
Employer un travailleur étranger sans titre de séjour ou sans autorisation de travail expose l’employeur à des sanctions administratives et pénales lourdes.
Depuis le décret du 9 juillet 2024, une amende administrative spécifique remplace la contribution spéciale versée à l’OFII. En outre, l’administration peut refuser ou retirer l’autorisation de travail d’un employeur ayant déjà été sanctionné pour travail dissimulé.
Un travailleur étranger en situation irrégulière peut obtenir un titre de séjour par régularisation, sous certaines conditions. Il doit prouver :
Cette admission exceptionnelle au séjour est prévue par l’Article L435-1 du CESEDA. L’employeur peut appuyer la demande en fournissant un contrat de travail ou une promesse d’embauche.
Depuis la loi Immigration 2024, cette procédure est expérimentale jusqu’en 2026 et concerne principalement les secteurs ayant une pénurie de main-d’œuvre.