Lorsqu’un locataire cause des troubles de jouissance en perturbant la tranquillité du voisinage, le bailleur peut-il légitimement demander son expulsion ? En droit français, le droit au logement doit être concilié avec le respect de la jouissance paisible des lieux, tant pour les occupants du bien que pour les tiers.
Tandis que l’article 1719 du Code civil impose au bailleur de garantir un logement paisible à son locataire, ce dernier a également l’obligation d’user des lieux sans nuire aux autres. Dans ce cadre, le bailleur dispose de plusieurs moyens d’action pour faire cesser les troubles, voire obtenir l’expulsion du locataire en faute.
La législation française encadre strictement la question des troubles de jouissance, garantissant à la fois le droit du locataire à un logement paisible et l’obligation de ne pas causer de nuisances aux tiers.
L’article 1719 du Code civil impose au bailleur plusieurs obligations essentielles, dont celle de garantir au locataire une jouissance paisible des lieux loués. Cela signifie que le bailleur doit veiller à ce que le bien ne présente aucun vice ou trouble empêchant le locataire d’en profiter pleinement.
🔹 Exemples d’obligations du bailleur :
En contrepartie, le locataire est lui aussi soumis à des obligations légales. L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 dispose qu’il doit user paisiblement des locaux loués et ne pas causer de troubles aux autres occupants de l’immeuble.
💡 Concrètement, cela signifie que le locataire ne doit pas :
Un manquement à ces obligations peut entraîner la résiliation du bail et l’expulsion du locataire si les troubles sont avérés, répétés et d’une certaine gravité.
Le trouble anormal du voisinage constitue une cause fréquente de résiliation du bail. La jurisprudence constante de la Cour de cassation reconnaît qu’un bailleur peut demander la résiliation du bail lorsqu’un locataire trouble la tranquillité des autres habitants.
➡️ Exemples jurisprudentiels :
Ainsi, lorsqu’un locataire perturbe l’environnement du bien loué par des nuisances sonores, des dégradations ou des actes de violence, le bailleur peut engager des actions en justice pour faire cesser ces troubles, voire obtenir la résiliation du bail avec expulsion du locataire.
Un simple désagrément ne suffit pas à caractériser un trouble de jouissance. La jurisprudence impose que le trouble soit durable, répété et d’une intensité significative.
🔹 Exemples concrets :
Dans une décision du 17 décembre 2020 (Cass. 3e civ.), un bailleur a obtenu la résiliation du bail en raison de violences commises par le locataire en dehors du logement, ce qui démontre que le comportement global du locataire peut être pris en compte.
Une jurisprudence récente a marqué un tournant : le Tribunal judiciaire de Nice, dans un jugement du 13 juillet 2021, a validé l’expulsion d’une mère de famille dont le fils avait été condamné pour trafic de stupéfiants et dégradations d’immeuble.
📌 Ce que cela implique : même si le titulaire du bail n’est pas directement responsable, il peut être expulsé si un membre du foyer cause des troubles graves.
Lorsqu’un locataire cause des nuisances affectant la tranquillité du voisinage, le bailleur ne peut pas procéder à une expulsion arbitraire. Il doit suivre une procédure encadrée par la loi, garantissant le respect des droits du locataire tout en protégeant la jouissance paisible des autres occupants.
Avant toute saisie judiciaire, le bailleur doit tenter de résoudre le litige à l’amiable. Cela permet non seulement d’éviter une procédure longue et coûteuse, mais aussi de démontrer sa bonne foi devant un tribunal en cas d’échec.
🔹 Les étapes essentielles de la phase amiable :
Si, malgré ces démarches, le locataire refuse de se conformer à ses obligations, le bailleur peut alors entamer une procédure judiciaire.
Si les troubles persistent après l’échec des démarches amiables, le bailleur peut saisir le Tribunal judiciaire pour demander la résiliation du bail et l’expulsion du locataire.
🔹 Deux voies sont envisageables :
Si le juge donne raison au bailleur, il pourra prononcer la résiliation du bail et ordonner l’expulsion du locataire.
Dans certains cas, les troubles de jouissance ne sont pas directement causés par le locataire lui-même, mais par des personnes vivant sous son toit. Plusieurs décisions judiciaires récentes ont confirmé que le titulaire du bail peut être tenu responsable des agissements de ses occupants.
🔹 Exemple jurisprudentiel marquant :
Une expulsion ne peut être prononcée qu’après une décision de justice, sous peine d’être considérée comme illégale (expulsion forcée, violation de domicile, etc.). Pour éviter une contestation, le bailleur doit impérativement respecter toutes les étapes légales et fournir des preuves solides justifiant la demande d’expulsion.
Les troubles de jouissance causés par un locataire peuvent justifier une expulsion, à condition que les nuisances soient répétées, graves et dûment constatées. Le bailleur doit respecter une procédure stricte, passant d’abord par une tentative de règlement à l’amiable, avant de saisir la justice en cas d’échec.
Si le juge reconnaît la persistance des troubles, il peut prononcer la résiliation du bail et l’expulsion du locataire.
Toutefois, une jurisprudence récente montre que même un locataire non fautif peut être expulsé si des occupants de son logement causent des troubles significatifs. Le bailleur doit donc agir avec prudence et rassembler des preuves solides avant d’engager toute procédure.
Oui, un bailleur peut engager une procédure d’expulsion si un locataire trouble la jouissance paisible des autres occupants de l’immeuble. Selon l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est tenu d’user paisiblement des locaux loués et de ne pas causer de nuisances.
Cependant, pour que l’expulsion soit envisageable, plusieurs conditions doivent être réunies :
✅ Les troubles doivent être répétés, graves et objectivement constatés.
✅ Le bailleur doit apporter des preuves tangibles (constats d’huissier, témoignages de voisins, plaintes officielles…).
✅ Une tentative de règlement amiable doit être menée avant toute procédure judiciaire (lettre recommandée, conciliation).
Si ces conditions sont réunies, le bailleur peut saisir le Tribunal judiciaire pour demander la résiliation du bail et l’expulsion du locataire.
L’expulsion d’un locataire pour troubles de jouissance suit une procédure strictement encadrée afin de respecter les droits des parties.
📌 Les étapes essentielles :
1️⃣ Mise en demeure et phase amiable
2️⃣ Saisie du Tribunal judiciaire
3️⃣ Exécution de la décision d’expulsion
💡 À noter : Une expulsion forcée sans décision judiciaire est illégale et peut exposer le bailleur à des sanctions.
Oui, la responsabilité du bailleur peut être engagée si un locataire trouble la jouissance des autres habitants et que le propriétaire ne prend pas les mesures nécessaires.
Selon l’article 1719 du Code civil, le bailleur a l’obligation de garantir une jouissance paisible des lieux à ses locataires et ne peut laisser perdurer une situation problématique. Si le bailleur ne réagit pas aux plaintes des voisins ou de la copropriété, il peut être poursuivi pour carence dans son obligation d’assurer la tranquillité des lieux.
Cependant, l’article 1725 du Code civil précise que le bailleur ne peut être tenu responsable des troubles causés par des tiers (autres locataires, voisinage extérieur, nuisances urbaines…). Sa responsabilité se limite donc à l’occupant de son propre bien.
Oui, la jurisprudence récente a confirmé que le titulaire du bail peut être expulsé même si les troubles sont causés par une autre personne vivant sous son toit.
📌 Exemple marquant :
🔹 Tribunal judiciaire de Nice, 13 juillet 2021 : Une mère de famille a été expulsée de son logement social car son fils avait été condamné pour trafic de stupéfiants et dégradations dans l’immeuble. Le juge a estimé que le titulaire du bail est responsable des agissements des occupants du logement, même s’il n’est pas directement à l’origine des troubles.
Ainsi, un locataire qui héberge un tiers perturbateur (conjoint violent, enfant délinquant, colocataire bruyant, etc.) peut voir son bail résilié. Il est donc responsable du comportement des personnes vivant avec lui.
Pour obtenir l’expulsion d’un locataire, le bailleur doit démontrer la réalité et la gravité des troubles devant le tribunal.
✅ Les preuves les plus couramment admises :
🔹 Sans preuves solides, un juge refusera d’ordonner l’expulsion. Il est donc essentiel pour le bailleur de constituer un dossier détaillé avant d’engager une procédure judiciaire.